‹ Leçons de philosophie scolastiqueChapitre 17 sur 90 · ST. MICHAEL'8 \ COLLEGE · texte numérisé non relu

ST. MICHAEL'8 \ COLLEGE

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objet propre^ est certainement vrai, et, Ton ne saurait le dire faux sans dire faux par là-même le critérium de vérité, c'est-à-dire le principe de contradiction. Pour ce qui est de Tobjet commun, il peut certes y avoir cause aerreur, si Ton s'en rapporte au témoignage d*un seul sens, comme, par exemple, si Ton voulait juger de la distance par la vue seule ; mais, si l'on prend le témoignage de tous les sens qui exercent une action commune sur cet objet, ou il n'y aura pas de cause d'erreur, et par là-même il n'y aura pas d'erreur, ou bien s'il y a une cause d'erreur, la raison pourra la découvrir. Un bâton plongé dans l'eau, se présente à la vue comme brisé, et semble dans une de ses parties à une distance différente de celle oii il est réellement; alors, comme il s'agit ici d'un objet commun, il ne faut pas se contenter du témoignage de la vue, il faut encore invoquer celui du toucher. L'œil doit présenter l'objet comme brisé, autrement il ne le présenterait pas comme il doit le présenter, mais la raison doit, dans les objets communs à plusieurs sens, invoquer le témoignage de tous ces sens pour avoir la certitude. Dans les objets des sens per accidens, Terreur peut assurément aussi s'introduire, mais on ne doit pas l'attribuer à l'expérience. Ainsi, par exemple, si je vois à quelque distance un homme vêtu à la manière de mon ami et que je m'écrie : Voici mon ami! quand au contraire c'est un étranger, est-ce parce que mes sens ne m'ont pas rapporté ce qu'ils devaient rapporter? Certainement non. Aussi dans les sciences expérimentales se glissent, à chaque instant, de nombreuses erreurs, soit parce que l'on prend pour le témoignage des sens ce qui ne l'est pas du tout, soit parce que l'on traite de choses qui ne sont objets des sens que per accidens.

Nous signalerons ici un écueil qu'évitent rarement ceux qui cultivent les sciences physiques expérimentales : cet écueil consiste à prendre 'pour cause ce qui ne l'est pas, et à en appeler à l'expérience, c'est-à-dire au témoignage des sens. Or^ les sens nous diront seulement que ce que nous appelons cause [oljet per accidens) ^ n'est autre chose que ce qui a précédé ou accompagné ce que nous nommons effet. Les sens di-

sent : lioc fost hoc ; hoc cum hoc; mais non : hoc ex hoc; or, entre les deux premières formules et la dernière il y a une immense différence. Ce n'est pas ici le lieu de traiter ce point avec tout le soin voulu, et la chose serait trop longue, mais il ne sera pas inutile de rappeler certains principes du célèbre Herschel conformes à la doctrine d'Aristote {Historia animal.;, l. VI. De Animal, motione, i.). Herschel dit donc que nous aurons raison de regarder une chose comme cause d'un fait dans les cas suivants : 1° quand cette chose précède invariablement ce fait; — 2"^ lorsqu'en augmentant ou en diminuant l'action de la chose que Ton croit être cause, on augmente ou l'on diminue proportionnellement le phénomène que l'on juge être l'effet; — 3° il faut examiner à l'aide de la raison si le fait procède de plusieurs causes, ou d'une seule cause : s'il procède de plusieurs causes, il n'y a pas de raison pour dire qu'il est V effet d'une cause plutôt que d'une autre; mais s'il procède d'une seule cause, il est certainement T effet de cette cause.

Ces règles sont fort bonnes, mais il ne faut pas non plus oublier de chercher par le raisonnement, si ce qu'on veut donner comme cause, renferme Veffet de quelque manière, car s'il n'en était ainsi, ce qu'on donne comme cause ne pourrait assurément l'être; et si, par hasard, on ne pouvait trouver cette cause, il faudrait simplement avouer que pour nous cette cause est encore inconnue, plutôt que de s''exposer au danger de se tromper. Certains matérialistes modernes, oubliant ce grand principe, ont confondu les formules : hoc post hoc; hoc cum hoc avec cette autre : hoc ex hoc, comme si elles étaient identiques, et ils ont dit que les choses corporelles n'opéraient qu'en se heurtant réciproquement, en échangeant simplement leur mouvement; et Ils ont donné comme cause des phénomènes de la vie ia disposition organique des parties, et comme cause de la pensée le phosphore du cerveau. Servons-nous donc de l'expérience comme il convient, et nous obtiendrons et la certitude et la vérité, mais qu'on se rappelle toujours ce que nous avons dit,, que la conr^aissance expérimentale peut, il est vrai, servir à la

science, mais que jamais on ne pourra lui donner le nom de science véritable.

Méthode que Von doit suivre dans les connaissances qui sont fondées sur V autorité.

La connaissance des vérités et des faits que Ton acquiert par la foi, est de sa nature moins parfaite que celle que Ton a dans la science et dans l'expérience; cependant elle est d'un immense avantage. La plus grande partie des hommes, soit à cause de la faiblesse de leur intelligence, soit à cause de leurs habitudes et de leurs occupations, ne peuvent acquérir que par le moyen de la foi la connaissance d'une foule de vérités très-importantes,, soit dans Tordre spéculatif , soit dans Tordre pratique; et dans presque toutes les questions de fait nous avons recours à l'autorité des autres et nous croyons. Par la foi nous connaissons l'histoire des siècles qui se sont écoulés avant nous^ et les lieux les plus reculés de l'univers, tandis que Veœpérience n'embrasse que le cercle étroit de temps et de lieu dans lequel nous vivons.

Afin ([ue l'acte de foi soit un acte prudent et que nous ne craignions pas de nous tromper quand la volonté détermine notre intelligence à l'acte de foi, il convient que nous n'ayons aucun doute sur le témoi- (jnage, sur la science, et la véracité de l'auteur du témoignage. C'est un principe fondamental, soit qu'il s'agisse de vérités spéculatives ou, pratiques, soit qu'il s'agisse de faits. Lorsque le témoignage que nous recevons soit immédiatement y soit médiatement, comme dans les traditions, est accompagné de la science et de la véracité de celui qui en est l'auteur, il ne peut y avoir une cause d'erreur. Ceci est évident; car 1 erreur ne peut venir que de l'une de ces trois causes : 1° si ce que nous entendons ou ce que nous lisons n'est pas le vrai témoignage, mais un témoignage corrompu, altéré, mutilé ou falsifié; — 2° si l'auteur du témoignage manque de science et, par conséquent, ne connaît pas la vérité ou le fait; — 3*" s'il manque do véracité, et, par conséquent, fait un mensonge.

Relativement h. Tautorité divine, il suffit de savoir si Dieu a réellement dit ce qu'on prétend qu'il a dit.

Quand, pour des motifs sérieux {motifs de crédibilité), il n'y a pas de doute sur ce point, cela est suffisant, Ipuisqu'il répugne intrinsèquement que Dieu manque de science et de véracité; et alors Terreur est impossible. Et ceci est vrai, soit que le témoignage divin ait pour objet des faits, soit qu'il ait pour objet les vérités spéciclatives on p^atiqiies, dans les limites de la nature comme en dehors de l'ordre naturel. C'est donc à tort que l'on voudrait rejeter l'irréfragable autorité du témoignage divin par rapport à certains faits naturels ou à certaines vérités naturelles, en disant que Dieu ne fait pas de révélation pour nous enseigner la physique ou la philosophie. Lorsqu'on eet sûr que Dieu a réellement parlé, l'homme doit reconnaître avec respect sa parole comme la pure vérité, parce que en Dieu Terreur et le mensonge sont deux choses impossibles. * Quant à V autorité humaine, il ne suffit pas de savoir qu'un témoignage a été fait, et de connaître la personne ou les personnes qui sont les auteurs de ce témoignage; il faut encore que la science et la véracité des témoins soient hors de doute. Par conséquent, lorsqu'il s'agit de Tautorité humaine doctrinale, dans les vérités difficiles à comprendre, il est rare que cette autorité nous donne pleine certitude. Cependant il faut bien se rappeler ce proverbe : Peritis in arte credendum. Il faut aussi tenir compte de l'étendue de la science de ceux qui affirment une vérité. En effet, un mécanicien distingué ne saurait avoir comme tel une grande autorité en médecine; celui qui n'a étudié que la physique expérimentale ou Thistoire ne saurait décider les questions qui concernent la physique philosophique; de même le chimiste n'a pas d'autorité quand il parle de métaphysique, et ainsi de suite.

Avant tout, il faut bien retenir les principes, suivants :

a) L'autorité d'un seul homme en matière doctrinale ne peut, par elle-même, produire la certitude. Nous disons "par elle-même, car cette même autorité peut créer la certitude en vertu des raisons sur lesquelles elle s'appuie, et des adhésions nombreuses qu'elle a reçues de la part des savants. Il va sans dire que mous

exceptons ici ruutorilé du Souverain Ponlife, car, suivant la doctrine catholique, lorsqu'il enseigne le dogme et la morale comme docteur universel de toute TEglise, il est éclairé de la lumière divine qui lui montre la vérité. Aussi, dans ce cas, Tautorité du pape est en dehors des limites de Vautorité humaine.

h) L'autorité de plusieurs savants en matière doctrinale pure peut très-bien produire la certitude. Nous disons en matière doctrinale pure, comme serait une proposition mathématique, une décision de morale, un principe de pure métaphysique. La communauté d'o- ]:)inion entre plusieurs savants sur un même sujet ne saurait être 1 effet du hasard, mais elle vient de ce que la même vérité a brillé également devant leur intelligence. On ne saurait donc trop blâmer la conduite de ceux qui méprisent Tautorité des docteurs scolastiques dans les matières que nous venons d'indiquer et qui, dans la vue lornée de leur intelligence (1), préfèrent leur propre jugement au jugement commun de ces docteurs.

Par rapport à Vautorité humaine, dans les faits, nous ferons les remarques suivantes :

d) Prise en général, l'autorité humaine par rapport aux faits, doit être regardée comme une règle sûre à laquelle nous pouvons nous conformer. En effet, comme nous devons presque toujours nous en rapporter à l'autorité des autres, il convient que la divine providence dispose les choses de telle façon que nous ne soyons pas continuellement entraînés dans l'erreur. S. Augustin dit : Totam liominum vitam naturaliter in fuie fundari {De Uiïlitate credendi, c. xii.), et pour cela il ajoute : Etsi auctoritate decepi miserum sit, longe taruen esse miserius db eadem non comrnoveri (Loc. cit. XVI.). En second lieu, l'expérience n'est-elle pas là pour nous prouver qu'en suivant l'autorité dans les faits, très-souvent nous avons choisi une voie sûre? Du reste, quand il s'agit de faits que l'homme peut arriver à connaître par l'usage ordinaire de ses sens, on ne peut douter de leur témoignage sans révoquer en

0)11 11 vodata co via di una spanna.

doute leur véracité. Or, le mensonge est une exception dans l'homme : l'homme ne ment que lorsqu'il espère tirer profit de son mensonge, et, généralement, il est facile de découvrir si, dans un cas particulier, il y avait un avantage à espérer. Il suit de là que, en général, il est prudent de se fier à l'autorité des autres hommes.

l) Lorsqu'elle a pour objet des faits contemporains, Vautorité humaine peut parfois créer une véritable certitude. En effet, quand la réalité d'un témoignage est hors de doute, et qu'il est évident que les auteurs de ce témoignage ont la science, c'est-à-dire la connaissance des faits, et qu'ils sont véridiques, il est clair qu'il n'y a pas de cause de fourberie ni d'erreur; et, par conséquent, ces effets ne sauraient exister. Or, la science des témoins ressort de ce qu'ils ont des sens capables de percevoir le fait, et qu'il est impossible qu'un grand nombre d'hommes tornbent à la fois dans la même illusion. De plus, on pourra souvent connaître leur véracité dans le fait qu'ils rapportent, s'il est impossible qu'ils aient conspiré ensemble pour le même mensonge, et si ce mensonge ne leur devait être d'aucune utilité. A plus forte raison, il en sera ainsi si les témoins sont des hommes graves, probes et nombreux, et s'ils diffèrent d'opinions, de tendances ou de condition, tellement que le mensonge qui conviendrait à l'un, ne convienne pas à l'autre.

Il résulte de là que dans beaucoup de cas Vautorité humaine peut produire la certitude, car, quoique les témoins puissent (abstractivement parlant) se tromper ou mentir, cette erreur ou ce mensonge seront certainement manifestes.

&j L'autorité humaine peut souvent créer la certitude par rapport aux faits du temps passé. Nous aurons toujours cette certitude quand nous serons assurés qu'il ne peut y avoir une cause d'erreur, car, la cause disparaissant, Veffet ne saurait exister. Ainsi, quand il s^agit d'un fait célèbre, et que ce fait est, sinon dans les détails de moindre importance, du moins dans sa ^partie substantielle, rapporté par une succession de témoignages uniformes et respectables, nous pourrons, sans crainte de nous tromper; suivre la ira-

dition, surtout si ces témoignages sont corrobores j^ar des inscriptions lapidaires, des monuments, etc. Bien plus, rimportance du fait peut être telle qu'il est permis de faire le raisonnement suivant : La généro.tlon actuelle admet ce fait; donc, ce fait a eu lieu; en effet, si la génération croit ce fait, c'est qu'elle a puisé sa croyance, non pas dans le doute de la génération antérieure, mais dans la croyance intime de celle-ci à la vérité du fait; nous pouvons faire le même raisonnement pour les autres générations (et ces générations ne commencent ni ne cessent d'un seul trait, mais elles s'entremêlent), et ainsi nous arriverons à l'époque du fait même, et aux témoins oculaires, ainsi appelés parce qu'ils furent présents quand ce fait est arrivé. Si l'on désirait voir un exemple de cet argument, on pourrait lire la première des trois conférences que nous avons faites à Rome contre les protestants sur la venue de S. Pierre à Rome.

Si Ton tenait compte de ces règles, tous ces écrivains et ces historiens de mauvaise foi qui mentent, on sait trop bien pourquoi, n'abuseraient pas si facilement de la confiance de leurs lecteurs, et l'on ne se laisserait pas tromper par leurs écrits. Surtout, il ne faut pas se laisser séduire par l'éloquence des orateurs ou par la grâce du style, ni confondre, comme on le fait SI souvent, l'élégance et l'éloquence avec la vérité. Dans la recherche de la vérité par la science, par l'expérience, et, surtout, par l'autorité, il faut, avant toute autre chose, mettre la volonté à l'abri de toutes les passions, de peur que, sous leur influence, elle ne détermine l'intelligence à admettre ce que celle-ci n'eût autrement jamais admis. Car, bien que l'erreur, qui est la négation de la vérité, se trouve là où est la vérité elle-même, c'est-à-dire dans Vintelligence , il n'en est pas moins vrai que la cause principale de l'erreur, c'est la volonté. Aussi un grand docteur, a-t-il dit avec raison (Suarez^ Meta'ph., disp. IX.) : « L'intelligence peut être entraînée à la vérité par nécessité, mais jamais à l'erreur, dans le sens rigoureux et absolu du mot. En effet, si on la considère dans son exercice, c'est-à-dire quand elle se met en acte, l'intel-

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ligence ne peut être déterminée à un jugement faux que par Vimpulsion libre de la volonté, puisque, en dehors de la nécessité, l'intelligence, n'étant pas libre, ne peut être déterminée que par la volonté à porter un jugement. La raison de cette différence, c'est que l'intelligence ne peut être nécessitée à faire un jugement que par Vévidence de la chose connue, comme l'indiquent l'expérience et la raison, puisque sans l'évidence, l'objet n'est point assez parfaitement présent à la faculté, pour qu'il puisse l'attirer nécessairement à lui et la déterminer. Mais Vévidence ne peut être la cause d'un jugement faux, puisqu'elle est fondée sur la chose elle-même connue telle qu'elle est en réalité, ou qu'elle se déduit de certains principes manifestes et connus par eux-mêmes. Il suit de là que la vérité est beaucoup plus immuable que l'erreur; le jugement faux est, en effet, essentiellement variable, ou plutôt l'intelligence, chaque fois qu'elle énonce un jugement faux, est exposée à changer d'opinion et à énoncer le jugement vrai opposé. Mais le jugement vrai, s''il est parfait, est, pour ainsi dire, immuable, même dans les créatures, car, bien qu'il puisse subir une variation en cessant d'exister, cependant, pris en lui-même, il ne peut être changé en jugement faux à cause de Vévidence. C'est de ce jugement que nous parlons ici, car si le jugement est libre, qu'il soit aussi vrai qu'on peut se l'imaginer, Tintelligence peut néanmoins varier et proférer un jugement faux opposé sous l'influence de la volonté. » Puisque la volonté est la cause principale de nos erreurs, c'est donc avec beaucoup de raison que Dante nous donnait ce grave conseil {Par., XIII.) : « Qu'il y ait toujours comme un plomb à tes pieds pour te faire marcher lentement, ainsi qu'un homme fatigué^ vers le oui et le non que tu ne vois pas; car il est bien insensé, celui qui affirme ou qui nie indistinctement dans l'un et l'autre cas : C'est pour cela que souvent l'opinion courante fait fausse route et que la passion entraîne l'intelligence. C'est plus qu'en vain que l'on quitte le rivage, car il ne revient pas tel qu'il est parti celui qui s'^élance à la rechercne de la vérité sans en connaître l'art. Nous en

avons d'éclatants exemples en Parménide, Mélissus, Brissus et tant d'autres qui allaient en avant, mais sans savoir où ils allaient (1). »

C'est par ces réflexions que nous terminons la logique. Nous avons, à dessein, laissé de côté plusieurs questions épineuses qui sont traitées par les philosophes modernes, mais qui rendent l'étude de la philosophie trop ennuyeuse aux commençants. Nous le répétons, nous n'avons voulu leur servir que le lait de la philosophie. Nous traiterons les questions ardues en temps et lieu, lorsque Tesprit de l'élève sera capable de les comprendre sans grande difficulté et qu'il en pourra tirer profit. ''

(1) E queslo li sia scnipre jjionibo ai piedi Per farti muover lento com' uom lasso.

E al sî e al no che tu non vedi :

Chè quegli è fra gli stolti bene abbasso, Che senza distinzion alferma o niega, Cosl neir un corne nelT altro passo;

Perch' egli incontra che più voile piega L'opinion corrente in falsa parte, E poi r affetto lo intelletto lega.

Vie più che indarno da riva si parte, . Perché non torna tal quale ci si niuove, Chi pesca per lo vero, e non ha 1' arte.

E di ciô sono al mondo aperte prove Parménide, Melisso e Brisso e molli, Li quali andavan e non sapean dove.

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