‹ Leçons de philosophie scolastiqueChapitre 56 sur 90 · CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON

Des sens internes : — De Timagination et de Testimative.

De r imafjination {Phantasia).

' L'imagination est une puissance organique dans laquelle se conservent les espèces sensibles, c'est-àdire les images des choses perçues par les sens externes; comme elle n'a pas d'autres fonctions que de s'occuper des images, cette faculté a reçu le nom d'imagi- Qiation où imaginative.

Conclusion 1'°. — L'imagination est une des facultés de V animal.

L'animal parfait a) fait plus que de saisir par les sens les objets matériels qui s'unissent à ces mêmes sens médiatement ou immédiatement; l)) il fait plus que de recevoir dans le sens commun, les impressions actuelles qui y sont produites par les sensations dos sens internes; c) il conserve les images des choses senties par le moyen des sens externes. C'est un fait trèscertain, qui a'iieu chez les animaux parfaits. Ainsi, les

brutes conservent les images de leur maître, de l'endroit où elles habitent, de leur nourriture, de leur boisson ; elles se servent de ces images comme de formes pour déterminer leurs opérations : elles tendent aux objets représentés par les images, même lorsqu'ils sont loin d'elles, ou n'existent plus. C'est ce qui prouve la vérité de la conclusion. Mais il faut faire ici quelques observations par rapport à cette puissance cognoscitive, la plus élevée de toutes les puissance sensitives.

Est-elle différente du sens commun ? Oui, sous ce seul rapport que le sens commun reçoit les images des sensations, au moment même oii elles sont faites, et que l'imagination les conserve après qu'elles ont été faites. Il y a entre le sens commun et l'imagination la même différence qu'entre le passager et le permanent, entre le successif et le simultané. Voici ce que dit S. Thomas à ce propos : « Le sens propre, et le sens commun sont ordonnés pour recevoir les formes des choses : Vimagination, pour les conserver, et c'est comme un trésor où sont gardées les formes reçues par le moyen des sens. {Summ. 1, 78, 4). »

Pour bien comprendre cette doctrine, prenons, si vous le voulez bien, l'exemple de la photographie. Gomme il répond bien à notre but, nous tâcherons de l'exposer bien exactement. 1° Voici un objet, soit un homme ; c'est ce qui sera saisi par Tanimal, et qui sera le portrait photographique. 2° La première appréhension de l'homme se fait dans l'animal par la pupille de l'œil, où a lieu la sensation externe, et dans la photographie la premère appréhension de l'homme se fait par la lentille dans la chamhre obscure, à laquelle rhomme s'unit par le moyen de la lumière. S*" L'image de l'homme passe par la lentille, et va sur un verre préparé exprès avec du collodion, et là il se forme une impression correspondante à l'action de la lumière partie de l'homme et modifiée par son passage à travers la lentille. De même, la sensation externe de la pupille, par le moyen du système nerveux, va faire une impression sur le sens commun, aussi correspondante à l'action de la lumière, avec laquelle l'homme s'unit à

PHYSIQUE PARTICULIÈRE. UJ7

la pupille en tant que coloré, action modifiée par Tor- ^^aiie de la vue, lorsqu'il l'envoie au sens commun. 4° Lorsqu'on soustrait le verre à l'action exercée par l'objet au moyen de la lentille, il conserve néanmoins une disposition, une trace insensible de l'objet même, mais rin;iage distincte ne paraît point encore : pour la faire paraître, il faut verser sur la feuille de verre une solution d'acide (jaJlique ou pyrogallique : alors l'image sera parfaitement visible. Semblablement, quand riiomme n'est plus présent, la sensation de la vue n'existe plus : mais l'impression reçue dans le sens commun existe encore, et c'est l'image de l'homme. Elle reste, non pas toutefois claire et distincte, mais à l'état de disposition haUtuelle, ou de trace. Pour qu'elle devienne nette, il faut qu'une cause quelconque, soit extérieure, comme il arrive généralement dans l'état de veille, et quelquefois pendant le sommeil^ soit intérieure, comme il arrive quelquefois dans l'état de veille et généralement pendant le sommeil, ravive cette disposition habituelle, ou cette trace, et l'élève à l'état d'image, comme lorsqu'elle était sous l'impression actuelle du sens externe. Et cette cause sera quelquefois si énergique que l'image dans l'imagination sera semblable à celle qui existait quand l'objet était présent et, parfois, la ressemblance peut être assez grande pour qu'on les confonde. Ainsi en cscil dans certaines hallucinations et certains songes que l'on prend pour la réalité. Or, cette disposition habituelle ou cette trace peut s'appeler l'image, fantôme (]ohantas7na) rudimentaire ou incomplet ; l'image distmcte est le fantôme parfait : 5" Bien que l'acide ait rendu distincte l'image de l'homme, toutefois, elle n'y resterait pas longtemps, si on ne \^ fixait, suivant le terme employé, en plongeant le verre dans un bain d'hyposulfite de soude. Non-seulement l'image disparaîtrait, mais encore cette disposition habituelle ou cette trace s'effacerait aussi, si cette fixation n'avait pas lieu. Il en est de même pour l'imagination : si la cause qui , comme nous l'avons dit, fait passer le fantôme de l'état rudimentaire à l'état parfait et distinct, n'exerce pas son influence à plusieurs reprises, il

s'évanouit. L'animal le ravive souvent par son action :. les fous le maintiennent toujours vif et net, et en font la forme habituelle de leur connaissance sensible.

En outre, il arrive quelquefois que le fantôme à l'état rudimentaire ne peut devenir net et distinct ; et si l'organe est mal disposé pour retenir longtemps cette trace habituelle, c'est-à-dire le fantôme à l'état rudimentaire, il ne reste aucune impression des sensations qu'il a reçues : et c'est à cela qu'on doit attribuer cet ouUi, si fréquent même dans l'ordre des connaissances sensibles.

Conclusion IP — L'imagination conserve les fantômes de toutes les choses sensiUes, mais d'elles seulement.

En effet, on appelle sensibles les choses qui se joir gnent médiatement ou immédiatement avec nos cinq sens externes. Mais toutes ces choses, et elles seules, produisent des fantômes, puisque ces derniers résultent des impressions qui viennent dans le sens commun de tous les sens externes, et des sens externes seuls ; donc, etc.

Par conséquent, il n'y a pas seulement dans l'imagination l'image de ce qui se présente à la vue, mais encore les images du plaisir et de la douleur sensible, du son, de l'odeur, de ce qui est doux ou dur au toucher. Les brutes, nous le voyons bien, ont la connaissance de toutes ces choses, même quand leurs objets sont éloignés ou passés. Mais, le beau, l'ordre, la vertu, et tout ce qui est immatériel ne peut se présenter aux sens comme doux au goût, comme coloré, comme odorant, comme sonore, comme doux au .toucher : par conséquent, ces choses immatérielles ne peuvent avoir de fantômes qui les représentent. On ne dit pas pour cela que les symloles de ces choses ne puissent avoir de fantômes, par exemple, une statue qui représente la vertu, ou bien un acte de vertu, comme celui d'un homme, qui se jetterait à Feau pour sauver quelqu'un; car ces faits tombent sous les sens, non pas en tant qu'ils expriment la vertu, ou qu'ils l'actuent dans un fait, mais en tant qu'ils sont colorés, figurés, ou se présentent aux sens sous un autre côté sensible ou matériel.

Voilà pourquoi S. Thomas dit : « Arislote montre ensuite raffinité qu'il y a entre Timagination et le sens, car, rimagination ne j)eut pas actuer sans le sens, et se .trouve seulement dans les êtres qui ont des sens, ■c'est-à-dire, dans les animaux (ainsi un aveugle-né n'aura jamais le fantôme de la lumière); et l'imagination ne s'exerce que sur les choses qui sont perçues par les sens. Les choses intelligibles ne sont pas l'objet de l'imagination. Puis, Aristote montre comment, de l'actuation du sens (la sensation), naît un certain mouvement. Et cela est manifeste d'après ce que nous avons dit, c'est-à-dire qu'une chose qui est en mouvement, en met une autre en mouvement. Le sens est actué parce qu'il est mû par les choses sensibles : aussi, du sens en acte procède un certain mouvement. Et, d'après cela, comme ce mouvement procède du sens en acte, il est également nécessaire qu'il ait de la ressemblance avec ce même sens, puisque celui qui opère tend toujours à faire quelque chose de semblable à lui. Voilà pourquoi ce qui meut, par cela qu'il est en mouvement (in quantum movetiir), cause un mouvement semblable à celui qui l'anime lui-même. Et Aristote concluait de là que l'imagination est un certain mouvement causé par le sens en acte, et, par conséquent, ne peut exister sans les scns(i>e Anima, III, lect.. G). » Une faut pas se tromper non plus sur l'usage que font Aristote et S. Thomas du mot mouvement. On a déjà vu par les leçons précédentes que chez eux, mouvement signifie toute espèce de changement, et que toutes les puissances sensitives, étant organiques et matérielles, ne peuvent être impressionnées et agir sans un vrai mouvement local.

En outre, il n'y a point de difficulté à ce que Ton admette dans l'organe de l'imagination d'innombrables fantômes à Tétat rudimentaire et même à V état par fait, pour la plupart, sans qu'ils se confondent et se détruisent les uns les autres. C'est un fait, et, al) esse ad posse valet illatio. Que l'on remarque, du reste, que cent mille hommes peuvent voir en même temps le même objet; et, s'ils étaient bien rangés sur d'amples collines en am[)hithédtre autour d'une vallée, ils pourraient.

410 PHILOSOPHIE SCOL ASTIQUE.

avec des instruments puissants, entendre tous une harmonie compliquée. L'esprit a peine à penser quelles trames in finies doivent former les rayons lumineux pour porter l'objet tout entier à chacune des deux cent mille pupilles, et aussi quelles trames infimes doivent faire les ondes sonores pour porter distinctement l'harmonie à deux cent mille oreilles. Et cependant il en serait ainsi. Il ne faut donc pas s'étonner qu'un nombre infini de fantômes à l'état rudimentaire, puissent rester ensemble dans l'imagination, sans se détruire et se confondre. Cette confusion arrivera bien quelqufois, et, dans ce cas, le fantôme parfait que l'on voudra former, ne sera qu'une image confuse de plusieurs objets sensibles, comme les songes du malade dont parle Horace.

Conclusion IIP. — L'ordre dans la disposition des fantômes est Veffet d'une cause intelligente.

Il est certain que tout effet doit avoir une cause qui lui soit proportionnée : et, en tant qu'effet, l'ordre qu'on remarque souvent dans la disposition des fantômes, doit en avoir une aussi. Si l'on parle de l'homme en tant qu'animal^ on peut le considérer à l'état de veille ou pendant le sommeil. Dans l'état de veille, les causes de la disposition ordonnée des fantômes sont : 1° la raison humaine à laquelle^ en la manière que nous dirons plus loin, l'imagination est soumise dans ses actuations successives ; 2" la disposition ordonnée des objets extérieurs, naturels ou artificiels, qui excitent les fantômes par l'intermédiaire des sens. Pendant le sommeil, l'ordre qui s'établit quelquefois dans les fantômes peut procéder en partie de l'opération de l'intelligence qui ne cesse pas complètement, et de ce que les fantômes se forment à l'état parfait, dans la disposition qu'ils avaient coutume de prendre pendant l'état de veille. Et il faut noter ici que, de même qu'une corde tendue à l'unisson avec une autre^ la fait vibrer sans produire de vibrations dans les cordes intermédiaires, de même, quand une cause fait passer un fantôme de l'état rudimentaire à l'état parfait, elle en fait autant pour les fantômes connexes, qui sont souvent très-bien liés les uns aux autres. Et, si le temps le permettait^ nous voudrions appliquer ces principes

PHYSIQUE PARTICULIÈRE. /ill

aux songes en général, et, en particulier, au soinnilO' quisme et au somnawMUisme ; mais celui ([ui voudrait en savoir davantage a déjà en main tout ce qu'il lui faut pour raisonner par lui-même sur un de ces phénomènes.

Si l'homme parle de Vammal sans raison, on ne peut pas révoquer en doute la disposition ordonnée, et môme très-ordonnée, qui règne souvent dans ses fantômes, et qui se manifeste à nous par ses opérations. C'est une conséquence du principe souverain : Omnem formam sequitur aligna inclinatio; et cela veut dire, qu'à tout fantôme, qui est comme la forme ou le modèle de l'opération, correspond une inclination; et de celleci, si elle est forte, et si les organes sont prêts à agir, viennent les opérations, comme il arrive pour l'homme dans l'état de veille. Aussi, Tordre admirable qui règne fréquemment dans les opérations de la brute, doit nous faire comprendre qu'il y a un ordre non moins admirable dans ses fantômes.

Quant aux causes de la disposition ordonnée des fantômes chez la brute, elles sont : 1" l'éducation que l'homme donne à l'animal, et le force à se servir de fantômes ordonnés , comme sont ordonnées ellesmêmes les opérations de l'homme par rapport à l'animal ; 2^" souvent aussi, le spectacle très-ordonné de la nature, et l'ordre même dans lequel se présentent les causes provocatrices de ses fantômes; 3'' enfin il y a une autre cause mystérieuse et étonnante qui dépasse la portée de notre intelligence. Pour la connaître, observons, en passant, que la forme immédiate de l'opération matérielle de l'homme, est le fantôme. Ainsi, quand j'écris ces mots, mon intelligence en a d'abord les concepts et l'ordre qu'ils ont entre eux : ensuite l'imagination produit les fantômes des symboles de ces concepts, c'est-à-dire des paroles prononcées ou écrites avec les caractères qui les représentent : elle produit encore le fantôme de toutes les opérations que je dois faire pour les tracer sur le papier, et ma force motrice, informée par ces fantômes, détermine l'écriture. Ceci posé, comment peut-on expliquer Tordre des fantômes qui informent Tanimal, quand il produit naturellement

412 PHILOSOPHIE SCOLASTIQUe!

des œuvres où reluit une science merveilleuse? Gomment l'araignée, sans qu'elle ait jamais vu travailler les autres, fait-elle si parfaitement sa toile? Comment l'abeille, qui n'a jamais appris la géométrie, construit-elle géométriquement ses cellules, et l'oiseau son nid où il couve ses œufs, sans jamais se lasser? Gomment la brebis fuit-elle le loup, et la poule a-t-elle peur du vautour qu'elle aperçoit au loin, quand l'une et l'autre, jusque-là, n'ont rien souffert de ces animaux, leurs adversaires naturels ? A cela nous répondrons par la conclusion suivante :

ConcUision IV®. — Il faut admettre dans la Irute une faculté sj^éciale que Von appelle estimative.

Qu'est-ce que c'est que cette estimative, et pourquoi faut-il Tadmettre? Si Ton découvre dans la brute des opérations qui ne peuvent en aucune manière procéder, ni des sens externes, ni du sens interne, ni de l'imagination, on doit y admettre une faculté spéciale qui en soit le principe. Et, parce que ces opérations existent, les anciens admirent cette faculté, et l'appelèrent : estimative (ab sestimando). Généralement, les modernes ne l'ont point admise : peut-être n'y ont-ils point pensé comme ils n'ont point pensé à beaucoup d'autres mystères de la nature. Voici ce que S. Thomas dit de cette faculté :

« Il faut bien considérer que, si l'animal devait seulement se mouvoir pour ce qui lui plaît ou lui déplaît quant aux sens, il n'y aurait pas besoin d'admettre en lui autre chose que l'appréhension de ces formes que perçoit le sens, et qui lui plaisent ou lui déplaisent. Mais il faut que Tanimal recherche certaines choses et en fuie d'autres, non-seulement parce qu'elles conviennent ou ne conviennent pas aux sens, mais pour d'autres fins : ainsi, la brebis fuit à la vue du loup qui vient au devant d'elle, non pas parce qu'il a une couleur désagréable, ou une figure repoussante, mais parce que c'est son ennemi ; de même encore l'oiseau recueille des pailles, non pas parce qu'elles plaisent à ses sens, mais parce qu'elles lui sont utiles pour la construction de son nid. Il faut donc que,ranimal perçoive certaines intentions que ne peut percevoir le

sens externe, et l'on doit admettre un principe pour cette perception, car, la perception des formes sensibles s'obtient par une mutation sensible; mais il n'en est pas ainsi de la perception des intentions dont nous parlons. Aussi, pour la perception des intentions que ne peut recevoir le sens, les animaux ont la force estimative (vis a3stimativa), et pour les conserver la force mémorative (vis memorativa), qui est comme le trésor où ces intentions se conservent (Sîimrn., 1, 78, 4). »

Si l'on n'admet pas cela, que devrons-nous dire? Que Dieu peut-être produit immédiatement dans l'imagination les formes des opérations ordonnées de la brute ? Gela n'est guère philosophique, et souffre de graves inconvénients, que ce n^est pas ici le lieu d'énumérer. Voilà pourquoi nous dirons que cette force estimative a sa cause dans les sensations externes, et dans les dispositions organiques internes de l'animal. Elles offrent à l'imagination des choses singulières et matérielles ; mais la faculté appréhensive delà brute a dû être disposée par le Créateur, de telle sorte que, devant tels objets sensibles, et dans telles circonstances, de froid, de chaleur, de douleur et autres, il se forme non-seulement le fantôme des objets sensibles singuliers, mais encore le fantôme d'objets sensibles ordonnés , sans que néanmoins il perçoive la raison de cet ordre, ce qui est le propre de l'intelligence. Ainsi, l'oiseau, dans ces circonstances, n'aura pas seulement le fantôme de la paille, mais celui de la paille tressée, tissée et placée en un certain lieu et d'une certaine manière, c'est-àdire le fantôme de son propre nid : et ce fantôme, forme de son opération, sera accompagné d'une inclination pour l'exécuter, et s'il n'en est point empêché, il l'exécutera.

Cette explication ne sera pas à dédaigner, si l'on considère qu'elle est la seule philosophique que l'on puisse proposer, et si l'on réfléchit à la vérité de ce principe : Quidquid recipitur, per moditm récipient is recipitnr. La chaleur qui fait durcir les œufs, ramollit la cire; une mélodie qui nous ravit, épouvante certains animaux, est apprise par d'autres, comme les serins,

et devient la forme de leur chant. Le Créateur a donné aux animaux une disposition naturelle, qui, en tant que cela leur est nécessaire ou utile, supplée au défaut de laraison : et c'est pourquoi, il les a faits de telle sorte qu'en telle où telle circonstance, ils se forment en eux des fantômes, qui deviennent les formes très-bien ordonnées de leurs opérations. Et quand le philosophe voit que la sagesse infinie a posé une borne à ses spéculations, il se tait et il adore.

Page 1