‹ Leçons de philosophie scolastiqueChapitre 57 sur 90 · CINQUANTE-SIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

CINQUANTE-SIXIÈME LEÇON

De l'appétit dans les animaux et de leur instincts.

Be V appétit.

L^appétit est une puissance qui incline l'individu vers le bien. Il est bon de considérer ici l'admirable disposition de la providence, qui a ordonné toutes les choses créées, de façon à ce que, par leur nature, elles tendent au bien général et à leur bien propre, et qui a si bien arrangé ces tendances, que tendre à leur bien propre, est en même temps tendre au bien général. Et par bien, nous entendons ici ce qm a rapport à la conservation et à la perfection de l'individu, à la multiplication de l'espèce, au développement de l'ordre du monde et à la manifestation des attributs divins. Mais, dans cette tendance universelle des êtres créés, on observe une différence essentielle entre les vivants et les non vivants, car ces derniers concourent au bien général par leurs opérations transitives, en agissant sur les autres et non sur eux-mêmes, et ils ne tendent en aucune manière à leur bien propre; au contraire, les vivants, en opérant sur eux-mêmes par leurs opérations immanentes, tendent à leur bien propre, en tendant au bien commun. Parmi eux, il se rencontre encore une nouvelle différence : les uns, comme les plantes, tendent à un bien qu'ils ne connaissent pas; les autres, comme les brutes, tendent à un bien qu'elles connaissent, la vérité, mais non pas comme tel; enfin, les êtres raisonnables tendent à un bien qu'ils connaissent comme tel. Si nous n'étions pas pressés par

rabondance et Timportance des matières qui nous restent à traiter, nous aimerions à donner des exemples de ces principes; mais l'homme studieux pourra s(î livrer lui-môme à ces nobles spéculations.

Conclusion F^ — Il y a dans la hrute six facultés afpétitives.

Comme il est évident, et comme nous Tavons dit ailleurs, la perfection des êtres créés est ainsi disposée, que depuis la plus infime nature élémentaire on monte degré par degré, de manière à ce que le suivant coutienne la perfection du précédent et quelque chose de plus! Voilà pourquoi Tanimal contient la perfection des minéraux, des plantes, et y ajoute la sienne propre. Ce progrès ne se fait pas par agrégation, mais par Taccroissement en perfections, en vertu des formes supérieures, qui dans leur unité contiennent virtuellement toute la perfection des formes inférieures. Autrement, il devrait résulter physiquement de cette nouvelle perfection un nouvel être, ce qui est impossible.

Le grand principe de la nature est celui-ci, que nous venons de citer avec S. Thomas : Quamlïbet formam seqidtiir aliqva inclinatio.

A toute forme correspond une inclination ou un ap- ])étit. Considérant donc l'âme de la brute, qui est sa forme substantielle, nous trouverons qu'elle contient virtuellement : 1*" la forme des minéraux; 2" la forme de la plante : et, en tant qu'animal, elle contient fortellement ; 3"* les formes des sens externes, qui sont les ^ sensations actuelles des objets extérieurs matériels ; ^ ^'^ les formes imprimées par les mutations des sens ■ externes dans le sens cemmun; !>" les formes qui restent dans l'imagination, même lors(jue les objets f dont elles sont sorties sont éloignés ou absents; 0" les .^ formes de cette faculté supérieure que nous avons appelée estimative. Donc, il y a six diiférentes tendances ou sortes d'appétits, qui poussent l'animal à opérer, suivant h^s ditférentes formes dont il est doué.

Les failsconlirment ce que le raisonnement découvre. 1'' L'animal, ni })lus ni moins que les autres corps, gravite vers les autres corps, eu vertu d'allraclions, soit

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générales, soit particulières : les parties vivantes elles-mêmes de l'animal tendent vers les substances voisines inorganiques, et se combinent avec elles : souvent même, l'organisme en est attaqué, et la mort s'ensuit, comme il arrive avec tant de poisons. Toutes €es inclinations sont comprises sous l'appellation commune aux inclinations des êtres inorganiques, appetitus naturalis. 2"" L'animal tend, comme la plante, par nne inclination propre aux êtres vivants, à la nutrition, à l'augmentation, à la génération. 3'^ Il tend aux objets extérieurs perçus par les sens externes, avec cet appétit, qui ne lui est pas commun avec la plante, dépourvue de sens. Pour cette tendance, il suffit souvent de la sensation externe : elle existe même chez les animaux qui n'auraient qu'un seul sens externe, quand ii n'y aurait pas de signe de l'existence du sens commun et de l'imagination. 4^^ L'animal a des tendances déterminées par les formes imprimées dans son sens commun : par exemple, la perception de la douleur dans ses membres, perception qui se fait avec le sens commun, le pousse à agir. S'* L'animal est déterminé continuellement à agir par ses fantômes, qui sont les formes de l'imagination par lesquelles il tend aux objets qui iîe tombent plus sous les sens : tel est le chien qui cherche son maître perdu. G"* Enfin, il est porté à ces œuvres très-bien ordonnées, par exemple, à bâtir sa propre demeure, à amasser des vivres pour l'hiver, à construire son nid, à faire du miel, de la soie, et tant d'autres choses. Elles ont pour principe les formes qui résident dans son estmative.

Bien que tous ces appétits se trouvent dans l'animal, on ne comprend cependant sous le nom cVappétit animal que les tendances qui lui appartiennent en tant qu'animal, c'est-à-dire les quatre dernières de notre énumération.

Les formes décrites ci-dessus sont Je 'principe quo, stvec lequel l'animal tend et opère : aussi ses opérations ne peuvent dépasser les limites qui sont indiquées par ces mêmes formes. Et comme l'animal n'est pas ïibre^ en travaillant avec ces formes comme principe qtco, il tendra à leur expression totale, et il réus-

sira toujours bien, à moins qu'une cause extérieure ne lui crée des obstacles. Le principe fi%io d'un peintre, est la forme de son esprit, l'idée de ce qu'il peint : mais parce qiCïl est libre, il exprime son idée en tout ou en partie, indépendammmit encore des obstacles extrinsèques : car il en trouvera beaucoup venant de l'imperfection de la forme, et de la matière qui reste sourde aux volontés de V artiste (1), comme dit Dante. Au contraire, une presse mécanique imprime sur le papier toute l'image qu'elle porte gravée, suivant la détermination qu'elle reçoit de la force qui la meut. De là vient cette uniformité constante dans les opérations de la brute : les araignées fabriquent leur toile la première fois aussi bien qu'après des siècles et des siècles : l'oiseau construit toujours son nid arec la même perfection. Ils tiennent cViin autre la forme de leur opération : aussi elle est toujours la môme; l'homme agit de lui-même : elle varie continuellement.

Conclusion IP. — L'appétit animal est une puissance organique.

Si elle ne l'était pas, ce serait une puissance qui résiderait dans l'àme seule de l'animal comme en son sujet propre. Mais cela est absurde : parce que l'àme de. l'animal étant une forme substantielle matérielle, il est impossible qu'elle ait des facultés propres, et, par conséquent, des actes propres. Il faut donc que l'appétit animal réside comme en son sujet propre^ en même temps dans l'âme et dans la matière : c'est donc une puissance organique, ou une puissance du composé {conjuncti).

En outre, on arrivera à la môme conclusion, si l'on considère l'objet de cette puissance, car l'objet indique la nature de l'acte, comme l'acte indique la nature de la puissance. Cet objet est matériel et singulier dans sa matérialité, et, comme tel, il oneut à la manière d'un actif, moteur de l'appétit qui est passif. Si tel est le moteur, le mobile doit lui ôtre proportionné : car la matière ne peut en aucune sorte mouvoir directement une puissance immatérielle. C'est en quoi diffère l'ap-

(1) Sorda a visponJcrc alla intciuionc delf arto. Cohn. Pu il. Scol. — 27

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petit animal de l'appétit rationnel, mû par l'immatériel et l'universel, et jamais directement par le singulier matériel. Aussi S. Thomas les plaçait dans deux espèces diverses et disait : « L'appétit intelleclif {la volonté) diffère du sensitif {appétit animal). En effet, la puissance appétitive est une puissance passive^ ordonnée à être mue par ce qui aura été saisi par les puissances appréhensives : aussi l'objet appétible connu est le moteur non mobile, et l'appétit est le moteur mobile, comme dit Aristote in III. de Anima. Or, ce qui est passif et mobile se distingue suivant la distinction de ce qui est actif et moteur : il faut donc que le moteur soit proportionné au mobile et l'actif au passif : et la puissance passive est déterminée dans son essence suivant le rapport qu'elle a avec le principe actif qui la meut. Puis donc que l'objet de l'intelligence et l'objet des sens sont de genres différents, l'appétit intellectif diffère du sensitif (/^^^mm.^ 1, 80, 2).

Conclusion IIP. — L'animal n'est pas lilre.

Cet agent seul est libre, qui peut se déterminer à luimême la forme de sa propre opération. En cela consiste l'essence de la liberté. De là vient que l'être libre peut se déterminer à une opération aussi bien qu'à une autre, suivant son désir. Si un architecte n'avait et ne pouvait avoir qu'une seule forme pour bâtir un palais, serait-il jamais libre de choisir?

Il suit de ce principe général : i"" que les actions transitives des êtres inorganiques ne peuvent pas être libres, mais sont complètement nécessaires. Mis dans des circonstances propres à son opération, l'être inorganique ne pourra pas faire une autre opération que celle qu'il fait. La raison en est, qu'il n^'y a en lui qu'une seule forme, avec laquelle il fait son opération transitive : cette forme, il ne l'a point acquise par luimême, elle lui a été donnée par celui dont dépend son être.

2° La plante, bien qu'elle ait des opérations immanentes, ne possède aucune forme qu'elle ait acquise par elle-même : donc, elle n'est point libre, parce que, (îimnd elle opère, elle n'a qu'une forme singulière. c'est-à-dire une forme qui a rapport à une seule opéra-

tion déterminée, et celle forme n'est pas en son pouvoir pour deux raisons. Premièrement, parce qu'elle est déterminée par sa nature, à acquérir, suivant les circonstances et les opérations des agents extérieurs sur elle, les seules formes singulières des objets matériels. Secondement, parce qu'elle ne peut rejeter cette forme par laquelle elle opère; car il n'y en a point qui lui plaise davantage, et il ne se présente pas à elle d'image d'un plus grand bien. L'homme est libre parce que, comme nous le verrons, il contemple une forme de bien universel qui seule pourrait épuiser la tendance de sa volonté, et qu'il peut rejeter toute forme de son opération qui lui présente un bien particulier.

Parfois on voit l' animal agir d'une manière si variée, si prudente et si sage, qu'il semble faire preuve de libre élection. C'est vrai : il y a dans l'animal un semblant de libre opération : mais la liberté est essentiellement opposée à sa nature. Ce semblant de liberté a souvent pour cause l'éducation qu'il reçoit de l'homme, éducation qui est l'expression de la prudence et de la sagesse humaine. L'animal paraît libre encore, parce que tout d'un coup il change d'opération, et va de l'une h l'autre. Gela dépend de la manière suivant laçiuelle vont et viennent en lui les formes qui sont le principe guo de ses appétitions. La forme qui est le principe quo de l'appétit naturel dans les êtres inorganiques et dans les plantes, est stohle et fiernicmente dans le sv/irpût où elle se trouve. Mais les formes qui sont le principe ciuo des opérations de l'animal en tant que sensitif, sont très- instables, et parce qu'elles sont déterminées par la présence des objets extérieurs, au moindre changement dans les choses qui entourent l'animal, ces formes changent. De là vient que quelquefois l'animal semble ne pas obéir à ses plus fortes inclinations, comme il devrait le faire, puisqu'il n'est ])oint libre. En effet, si une cause ou une autre chasse de son imaujnation le fantôme qui le poussait fortement à agir, et en fait naîlre un autre; ou bien si l'olôjet qui l'attirait fort ornent disparaît à ses yeux, et qu'il s'en présente un autre qui l'entraîne moins vivement, il ne pourra pas tendre à la chose exi)rimée par le premier fantôme,

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OU au premier objet, parce qu'il n'a pas la forme de ces opérations : mais il tendra à l'autre chose dont il aie nouveau fantôme, ou à l'autre objet qui lui est présent. Aussi ceux qui veulent dresser les animaux, s'efforcent avant tout de trouver la manière de déterminer dans leur imagination certains fantômes, qui sont les formes de leur opération. Ainsi, par exemple, celui qui frappe un chien avec un bâton, produit dans son imagination un fantôme composé dont les. éléments sont l'image du bâton, de la main qui le tient et le lève, de la sensation douloureuse du toucher causée par le coup; et c'est pourquoi la seule action de lever le bâton, réveillera suivant la manière que nous avons dit, dans son imagination, tout le fantôme composé; et par lui, comme forme de son opération, l'animal sera déterminé à la fuite ou à autre chose.

Mais ce en quoi l'animal montre qu'il possède quelque chose de semblable au libre arbitre humain, c'est dans un mode tout spécial d'opérations, auxquelles le pousse Vinstinct. Vinstinct est l'appétit de ranimai en tant qu'il suit les formes acquises par l'estimative. Dans ces circonstances il opère avec tant de sagesse et tant de prudence, que si l'on n'était certain par ailleurs que ce n'est pas son œuvre propre (pas plus que pour la planche, la gravure qu'elle représente et qu'elle exprime dans son effet, c'est-à-dire sur le papier), on devrait dire, en certains cas, que la sagesse et la prudence de l'animal s'élèvent beaucoup au-dessus de celle de l'homme. En un sens ce serait vrai, puisque c'est une sagesse qui vient du Créateur, tandis que celle de l'homme est acquise par l'homme lui-même. Quant à ce qui regarde les opérations que les animaux font par instinct, il n'y a rien de mieux à faire que de se rappeler ce que nous avons dit sur Vestimative, et de méditer sur ce beau passage de S. Thomas. •

« Comme il a été dit par Aristote, in III. Physicorum . Le mouvement est Vacte du mobile venant du moteur; la force du moteur doit se montrer dans le mouvement du mobile : et pour cela, dans toutes les choses qui se meuvent par la raison, on voit Tordre venant de la raison, bien que les choses qui sont' mues par la

raison ne la possèdent point en elles-mêmes. Ainsi la flèche tend directement au but par l'impulsion de celui qui la lance, comme si elle avait la raison pour se diriger. La môme chose se trouve dans les mouvements des horloges (in modbus horologiorum) et dans toutes les machines, produits de Fart des hommes. Or, il y a le même rapport entre les produits de Fart et l'art humain, qu'entre les œuvres de la nature et l'art divin. C'est la raison pour laquelle l'ordre est si manifeste dans les opérations de ceux qui se meuvent suivant la nature, comme il est manifeste dans les choses mues par l'art, ainsi que dit Aristote in IL Physlcoriim. De là vient la prudence de certains animaux dans leurs opérations. Ils opèrent ainsi, parce qu'ils ont une inclination naturelle {c'est Vmstinct) à une suite d'opérations très-bien ordonnées, parce qu'elles sont concluites par l'art divin. C'est pour cette raison que certains animaux sont dits prudents et sages, et non parce qu'ils ont en eux-mêmes la raison et l'élection : ce qui est prouvé encore par cela que la nature les pousse à agir toujours d'une manière déterminée {Summ., 1, 2,13, 2 «^ 3.)

Conclusion IV^ — La force ou la imissance de se mouvoir cVun lieu dans un autre est, chez la hrute, une fonction de Vappétit sensitif

Lorsque l'animal tend par son appétit à l'objet de son inclination, il est clair que, s'il est à une certaine distance de lui, il ne pourra s'y unir sans aller vers cet objet. L'être naturel inorganique, homogène dans ses parties, se transportera avec tout son être là où il est attiré par un autre qui en a la force (trente-troisième leçon); mais l'être vivant, qui a une opération immanente, se mettra en mouvement lui-même, et conséquemment son mouvement commencera par une de ses parties, qui mettra les autres en mouvement. Et ce mouvement continuera jusqu'à ce que la forme, qui "! Best le principe de l'opération soit complètement expri- J^wnée. Gela a lieu dune manière restreinte, et très- ^ "imparfaite encore dans les plantes. Mais l'être vivant sensitif, qui reçoit de nouvelles formes par les sens '>xternes, par le sens commun, et rimagination, peut

se mouvoir et passer avec lui-même tout entier d'un lieu dans un autre pour atteindre les objets qui répondent à ces formes. Il est poussé à ces mouvements vers les objets par l'appétit sensitif, et celui-ci est guidé par l'instinct.

Condusmi V^ — La distinction de Va'ppétit sensitif en api^étit conciipiscibïe et en ap]pétit irascible est trèsfondée en raison.

L'acte et l'objet de l'appétit concupiscible diffèrent de l'acte et de l'objet de l'appétit irascible : donc, les appétits diffèrent. En effet, Fappétit concupiscible est celui par lequel l'animal tend au bien que lui montrent ses facultés cognoscitives : tandis que l'appétit irascible est celui par lequel l'animal éloigne de lui-même, c'est-à-dire fait cesser tout ce qui nuit à son bien. Et que l'on ne dise pas qu'en agissant de cette seconde manière, il cède à une tendance vers le bien qu'on lui dispute, puisque dans V acte, qui éloigne de lui l'obstacle, on ne trouvera jamais cette tendance; car il ne peut être informé et mû dans le même instant par aeux formes : et comme il est sous l'empire de la forme qui le porte à repousser l'obstacle, il ne peut avoir l'autre forme de la tendance au bien que l'oii. attaque.

Voici ce que dit à ce propos S. Thomas : « Les choses naturelles corruptibles ont besoin non-seulement d'um inclination pour tendre vers ce qui leur convient, ei fuir ce qui peut leur nuire, il leur faut encore résister " ce qui menace de les détruire, ou qui les empêche d'at-j teindre ce qui leur convient, ou qui leur fait du mal.. C'est pourquoi, puisque l'appétit sensitif est une incli-^ nation qui suit l'appréhension sensitive, comme l'ap-^ petit naturel est l'inclination qui suit la forme naturelle, il doit y avoir dans la partie sensitive deux puissances appétitives. L'une, par laquelle l'âme est simplement inclinée à tendre vers les choses qui lui,' conviennent quant aux sens, et à fuir ce qui peut lui nuire : c'est l'appétit concupiscible; l'autre par laquelle l'animal résiste, à ce qui lui est centraire, à ce qui i'empêche d'atteindre ce qui lui convient, et veut lui faire du mal : cette force s'appelle l'appétit irascible ;

son objet est Vardii^ parce qu'il doit surmonter les oLstaclcs {Summ,, 1, 81, 2). »

A l'un et à l'autre de ces appétits appartiennent ce que l'on appelle les missions, qui ne sont autre chose que les tendances de l'appétit animal élevées à un degré d'énergie ou d'intensité, qui enlève à l'animal la disposition de son être convenable à sa propre perfection. Et, quoique la passion se rapporte proprement à l'acte, on la prend ordinairement par rapport à VhoMtude, comme une disposition continuelle de l'animal à tendre de la manière indiquée plus haut. Mais il faut noter que l'animal, régi par ses instincts naturels, n'est point sujet, à proprement parler^ aux passions ; car ses tendances ne sont pas contraires à sa perfection.

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