QUATRIÈME PARTIE. De Vhomme
Cinquante -SEPTIÈME Leçon — Définition descriptive et essentielle
de l'homme 42i
Coup d'œil sur le chemin parcouru jusqu'ici. La méthode synthétique nous permet de ne considérer en l'homme que ce qui lui est propre. Problème sur sa grandeur et sa misère. Abjecte solution des matérialistes; solution noble mais fausse de Platon. Aristote, par son animal rationale, a dit la vérité sous ce double rapport. Doctrine de S. Thomas sur la gradation des formes; l'homme lien des deux mondes, est dans le degré le plus parfait des choses corporelles, et le plus imparfait des êtres immatériels. Importance de ce sujet. Sens scientifique d'' animal rationale.
Cinquante-huitième Leçon. -•'De l'immatérialité de l'âme intellec-
tive V31
Définition de la vie intellective; elle est indépendante de toute forme singulière dans sa connaissance et son appétit ; c'est un fait d'expérience. Conclusion I'«. Il y a dans Vhomme un principe de vie intellective. — II«. Le principe de la vie intellectuelle ne peut être une puissance organique. — Ce qui le prouve par rapporta la faculté intellective, c'est que, 1° son acte est immatériel; 2" il n'est pas soumis aux conditions de l'être organique; 3° ni au mouvement local; 4° il corrige l'acte du sens; 5° il va au-delà des qualités corporelles; 6^11 se réfléchit sur lui-même; 7° il est perfectionné et non détérioré par la perfection de son objet. — Ce qui le prouve encore par rapport à la faculté appétitive, c'est que son acte, 8° tent aux objets immatériels; 9° est supérieur au hic et nunc ; 10° est indépendant des choses singulières; 11° doit être de même nature que l'acte de l'intelligence. — Corollaire I. Ce principe ne peut être un corps. — II. 11 doit être subsistant.
Cinquante -NEUVIÈME Leçon. — L'âme intellective est la forme substantielle du corps humain V4O
Conclusion !»<=. L''dme intellective est la forme substantielle du corps humain. Elle est la même que l'àme végétative et l'àrae sensitive. Cette identité demande sept conditions et se prouve ; l" par notre propre conscience; 2° par les empêchements mutuels que se causent les diverses opérations entre elles (S. Thomas et Dante); 3° de la nécessité du sommeil. Elle est substantielle, elle est ce quo aliquid est pour trois raisons. Elle ne peut être une forme accidentelle^ ni assistante; celle-ci en effet ne constitue pas une nature une, ni un principe unique d'opération. Difficulté de comprendre bien l'homme, chef-d'œuvre de Dieu parmi les créatures sensibles.
Pages.
Soixantième Leçon. — Doctrines qui sont les conséquences de
l'unité substantielle de l'homme U9
Conclusion I". V union de L'' âme humaine et du corps humainne peut li'appe- Icr seulement wneMnioniiYPOSTATlQUE. — 11°. 6'e</e union est immédiate, — III". Si le corps humain était un agrégat d^atomes, demeurant tels çu'î/s étaient et que l'âme en les compénétratit, les ordonnât et les mût, on n''aurait pas l^uiion de nature que nous venons de démontrer. Graves erreurs qu'on réfute au moyen de celte proposition. — IV». Vâme humaine est toute dans tout le corps, et toute dans chacune de ses parties. Vaines recherches à ce sujet. Elle est le corollaire de la précédente proposition. La nouvelle matière nutritive n'enlève pas l'identité personnelle. L'àme est tout entière dans chaque partie. Pourquoi elle n'opère pas également dans chacune d'elles. — Y", Cette union ne ressemble nullement à celle des éléments dans le corps composé.
Appendice a la soixantième Leçon. — Synthèse des doctrines exposées ci-dessus, dans un seul texte de S. Thomas. — Doctrine catholique. —Analyse des rapports entre l'homme et toutes les substances terrestres 4ij7
L'être est ce qu'il y a de plus intime dans les choses; la forme, qui le leur donne, les constitue on différentes espèces; les formes sont comme les nombres; c'est la première qui donne l'être substantiel; la plus parfaite constitue l'espèce ; la précédente est comme une matière par rapport au degré supérieur. Ainsi, il est vrai que Vhomme est composé de deux substances, en quel sens; le degré supérieur suppose l'inférieur; et ainsi le degré de l'opération. — Pourquoi on parle de doctrine catholique. Définition du concile de Vienne et de celui de Latran, Pie IX condamne l'opinion de Gûnthcr et de Baltzer. Luther et Suarez sont d'accord pour dire qu'il s'agissait de la forme substantielle. — analyse des rapports établis par cette doctrine. S'il y a une forme substantielle dans l'homme, il y en aura (Corollaires) aussi : l" dans la brute; 2» dans la plante; 3° dans tous les corps.
Soixante -et-unième Leçon. — De l'origine de l'âme humaine 472
Conclusion I«. Vàme humaine ne peul commencer à exister par le changement de la matière, comme les âmes des brutes, des plantes et les formes des êtres inorganiques. — Corollaire, Donc elle ne commence pas par la puissance générative, — il" Vâme ne peut être une parcelle de iWme des parents. — IIl". Ni une parcelle séparée de la substance divine. — IV<= Ni la substance divine elle-même, — V<= Elle ne devient pas iniellcctive parce que Vêtre idéal se présente à elle. — VI=. Elle ne peut commencer que par un acte créateur de Dieu. — VII° Chaque homme reçoit une âme qui lui est propre. ^ VIII«. Vhomme ne peut pas tirer son origine des brutes. Abjecte erreur de certains matérialistes modernes; elle est absurde à deux points de vue. Le passage d'une espèce à une autre est impossible.
Soixante-deuxikme Leçon. — De l'instant où l'âme humaine s'unit
au corps 4Si
Conclusio7i 1". Vâme humaine est créée par Dieu au moment où elle s^unit au corps. L'union est naturelle; la préexistence ne l'est pas. Erreur des Platoniciens. Autre erreur au sujet de la subsistance de Tàme. — 11" L'dme intellective est créée et mise dans le corps à la fin de la génération. Développement graduel des formes moins parfaites dans l'embryon. L'organisme humain complète les conditions nécessaires pour recevoir l'àmc. Passage de Dante.
Soixante-troisième Leçon. — De l'incorruptibilité et de l'immortalisé de l'âme humaine 487
Différences entre ces deux choses; concept de la mort; esi-elle applicable
Pages, àPàme. Conclusion I'^. — L'âme humaine ne peut être sujette à aucune corruption propre ni substantielle, ni accidentelle. — 11^. Ni à la corruption improprement dite. — Corollaire I. Elle survit à la corruption du composé. — 11. Une autre forme arriv:^ dans la matière. — 1I1«. Vâme humaine est intrinsèquement immortelle. Coroll. Elle est mortelle en tant que végétative et sensitive. — IV^. Elle est immortelle ab extutn- SECO relativement à la puissance des créatures. — V^. Elle n''est pas immortelle relativement à la puissance absolue de Dieu, — Vl^. Elle est immortelle extrinsèquement, relativement à la puissance ordonnée de Dieu. L'annihilation serait contre sa nature, à cause de son inclination naturelle à une existence illimitée et au bonheur. Passage de Cicéron.
Appendice a la soixante-troisième Leçon. — La résurrection des
corps 496
Pourquoi nous en traitons. Trois arguments de S. Thomas pour la prouver, par la seule philosophie naturelle. 1° Etat non naturel de l'àme séparée. 2° Félicité incomplète. Pour les Bienheureux la félicité n'est incomplète qu'accidentellement. Dante a exprimé daus deux endroits cette doctrine touchant le double état des âmes survivantes. 3° De la providence et de la justice de Dieu dans les récompenses et les châtiments.
Soixante- QUATRIÈME Leçon.— Des puissances intellectives : de l'intellect possible : delà connaissance concrète et abstraite 500
Division des puissances en puissances végétatives, sensitives et rationnelles. Pourquoi nous ne traitons ici que de ces dernières. Conclusion \^^. Vessence de Vâme humaine n''est pas sa puissance. L'acte et la puissance sont du même genre; on confirme cette doctrine pour ce qui a rapport à l'âme. — Corollaire l. Les puissances sont dans l'àme comme dans leur sujet. — 11. Elles sont des êtres accidentels. ■— Ib. Vintellect humain doit être appelé intellect possible. — 111*. La connaissance intellectuelle concrète et la connaissance intellectuelle abstraite sont différentes entre elles. — IV«. L'' intellect possible a besoin des espèces intelligibles pour produire les verbes des choses connues.
Soixante -cinquième Leçon. — L'intellect agent ou la lumière de la
raison 507
Incroyable confusion des philosophes modernes, pour rendre les sensations immatérielles. Explication de la véritable doctrine par l'exemple de la lumière. Le fantôme intelligible en acte, intelligible en puissance. L'intellect l'illumine de sa propre lumière. Explications tirées de S. Thomas et de S. Bonaventure. Conclusion. Il est nécessaire d'admettre Vintellect agent. Pour expliquer lé fait certain, on n'a que huit hypothèses : l» L'opération de l'intelligence par son essence; 1° le Cartésianisme; 3° le Platonisme; 4° l'erreur d'Avicenne; 5° l'ontologisme ; 6° le sensisme; 7o une puissance placée en nous pour produire les espèces indépendamment des fantômes; 8° notre conclusion. On réfute les sept premières hypothèses ; la notre, demeure comme la thèse la plus ancienne, la plus respectée et la seule vraie.
Appendice A la soiXANTE-ciNQciÈME Leçon. — S. Augustin, S. Bonaventure, S. Thomas et l'ontologisme 525
L'ontologisme ressuscite une erreur ancienne, qui a voulu en vain s'étayer de la doctrine de S. Augustin et de S. Bonaventure. Leurs témoignages sont très-clairs. Ils sont interprétés par S. Thomas. Il explique comment on peut dire, avec les deux saint docteurs, que l'intellect voit les choses en Dieu et dans son idée archétype.
TABLK ANALYTIQUE. 089
Pages.
SorxANTE-sixiKME Leçon. — De la manière dont se développe la
connaissance de l'homme par rapport à son objet adéquat et aux êtres matériels 531
Pourquoi nous ne parlons pas de la raison et de la mémoire. Conclusion l"=, V objet arléquat de V intelligence humaine est Vêlre. — H". V intellect connaît les choses matérielles d'une manière abstraite. — I1I<-" La connaissance intellectuelle n^i pas pour objet direct le singulier matériel. C'est un i)oint Ircs-imporlant. Le niatciiel dans le hic et nunc n'est connu de Dieu que par un acte créateur. Ainsi, l'arliste connaît son œuvre dans le hic et nunc par ce qu'il a fait. 11 en est ainsi dans l'ordre spéculatif et dans l'ordre pratique. — IV^ La connaissance intellectuelle a son principe dans ce qui est le plus universel. — Coroll. 1° Ce qu'il y a de vrai dans la phrénologie . 2° Le singulier immatériel ])('ut s'unir à l'intellect. 3° Embarras sur ce point des philosophes modernes.
Soixante-septième Leçon. — De la manière dont se développe la
connaissance humaine par rapport aux actes et aux objets immatériels 543
Conclusion \". Vespèce intelligible nest pas le principe quod, mais le principe Quo dans la génération du verbe mental. — Coroll. C'est la chose, non l'espèce, qui est comprise. 2° On ne peut connaître plusieurs choses
• au même instant. 3° Le verbe résulte de l'intellect et de l'espèce, 4o non l)ar une connaissance réfléchie. 5° Comprendre c'est dire. L'être créé s'appelle plutôt voix que verbe. 6" Le verbe est image; mais c'est à tort qu'on le confond avec exemplaire ou modèle. — II«. L^ntellect jiossible a besoin de verbes complexes et de verbes incomplexes pour connaître. — Coroll. l'ossibilité de l'erreur. - 111°. i\otre intelligence peut d\ine certaine manière connaître les futurs. — iVc. L''âme ne se connaît pas dans son essence. — V". Vintelligence connaît son acte propre. — VI«. Et celui de la volonté. — VU". Elle ne peut avoir une connaissance propre des esprits. — VllI". Ni de Dieu. Ce qui n'exclut pas le symbolisme; passage de Dante, de S. Thomas sur les créatures, qui sont des similitudes du Créateur.
Soix.vNTE-iiL'iTiÈME Leçon. — Do la volonté et de son objet 554
Conclusion I'". Il y a dans l'homme un appétit rationnel, c''est-d-dire la volonté. — II". La volonté est une puissance organique. — 111'=. Différente de l'intelligence. — IV=. A divers points de vue elles sont des puissances plus ou moins nobles l\ine que Vautre. — V«. Uobjet adéquat de la volonté est le bien. Anoloi;ie entre les deux tendances à leurs objets inadéquats. Si et comment la volonté peut vouloir le mal.
Soixante-neuvième Leçon. — Division des actes de la volonté.
Sa liberté 5Gi
Acte volontaire, voulu; élicite et i/)i/K'Ve; tendant à l'objet adéquat et à l'objet inadéquat: cclui-li'i, lin, colui-ci,minon; celui-là toujours cherché dans celui-ci; môme quand il y u erreur Doctrine de S. Thomas. Liberté pour les biens défectueux. Passage de Danle. Liberté morale cl physique, Co7iclusi07i 1". Pour l'essence de la liberté, il suffit de ^indifférence objective ou formelle ; ^indifférence morale, ni celles de CONTRADICTION' ET DE SPÉCIFICATION réunies, ne so7\t pas îiécessaires. — U". La volonté est libre dans ses actes élicites, elle a l'élection par rapport à ses objets inadéquats. On le prouve a posteriori: \° par la conscience; 2'* par le consentement universel ; 3° par les promesses que l'on fait ; 4° par le principe de causalité ; 5° par l'imputabilité a priori; 1" par l'harmonie de Tordre cosmique; 2»iu\r l'analogie avec rintelligenco; 3'' parce
CoiiN. V»'L. ScoL. — 4-i
Pages.
que, sans elle, l'acte de la volonté est impossible; 4° par l'universalité de la forme comprise. — Corollaire I. La volonté s'établit à elle-même la forme de son opération, — 11. Double cùié des objets inadéquats. Doctrine do S. Thomas. Dante défendu.