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iobérente à sa nature ; die est un principe d*action , une force innée; et, en faisant un nouvel emprunt k la langue latine, mens est vis sut motriXy Tâme est une force qui se meut, e'est-a-dire qui se modiOe ellemême.
L'âme ne peut donc pas sentir et rester dans Tinertie ; car le sentiment , par la manière agréable ou pénible dont il Vaffecte , provoque nécessairement son action. Elle ne peut pas recevoir indifféremment des modifications qui font son bien ou son mal : elle est intéressée a les étudier, a les connaître, à se soustraire aux unes, à se livrer atn aalras; ci^ léni de le dire avec plus d'énergie, Tactivité de Tâme pénètre dans la passivité de l'âme, pour porter le mouvement au sein du repos, Tordre au sein de la confusion , la lumière au sein des ténèbres.
Or, l'activité se concentrant d'abord tout entière dans l'attention , il ne se peut pas qu'elle ne concentre en m<}me temps la sensibilité. Alors, du milieu des sensations, dont l'assemblage désordonné présentait l'image du chaos, s'élève une sensation qui domine sur toutes les autres. L'âme la remarque, elle l'étudié, elle apprend à la connaître et à la reconnaître. Ce n'est plus une simple sensation qui l'affecte, c'est une idée qui l'éclairé. Un second acte d'attention va faire naître une seconde idée; un troisième, une autre encore; et l'intelligence , ou plutôt cette portion de l'intelligence qui tient aux sensations, ira toujours croissant, tant que la source des sensations ne sera pas tarie , tant que les forces de Tesprit ne seront pas épuisées.
Ajoutons quelques développemenSy disons comment , dans le principe, Vâme exerce son activité.
Inattention , pour obtenir tous ses effets , a besoin aujourd'hui d'un profond recueillement , du silence des sens, quelquefois même de Tabsence des objets dont elle s'occupe. Mais, dans les commencemens de la vie où aucun souvenir n'existe, l'attebtion ne peut agir que sur des sensations acluelles , et , par la direction des organes, sur les objets qui les occasionent.
Parmi les objets dont l'enfant reçoit des sensations ; parmi les couleurs qu'il voit, il y en a qui appellent, en quelque sorte, le regard, qui l'attirent, et sur lesquelles les yeux se trouvent dirigés fortuitement. L'enfant se sent regardant, avant d'avoir eu l'intention de regarder. Il ne tardera pas à sentir qu'il peut regarder volontairement : il sentira aussi la différence du regard a la simple vue; car, l'enfant qui veut voir sa mère, ne la voit pas si elle est absente : au lieu que, lorsqu'elle est devant ses yeux , il la regarde, s'il veut la regarder. L'enfant dispose de lui-môme pour regarder ; il ne dispose pas de l'objet pour voir. Sans doute , il ne fait pas explicitement, entre regarder et voir, ces distinctions qui ont échappé à tant de philosophes ; mais il est impossible qu'il ne sente pas confusément qu'il n'a que la simple capacité de voir, et qu'il a le pouvoir de regarder, puisque l'expérience ne cesse dé le lui dire*
Dès que l'enfant se sent un tel pouvoir, il donne ou il peut donner son attention a tous les objets qui sont à sa portée. 11 donne son attention par l'organe de la vue, et les. couleurs se séparent, non-seulement des
sensations qui hii viennent par les autres sens ; elles se séparent entre elles. 11 donne son attention par Torgane de l'ouïe; et il apprend a distinguer un bruit d'un autre bruit, a démêler plusieurs sons dans un son qui d'abord paraissait unique. Il donne son attention par le toucher ; et il se fait des idées des formes, des figures, du poli, du raboteux, du froid, du chaud, etc.
C'est ainsi qu'après axoir d'abord appliqué ses organes a son insu, et sans les diriger lui-même, il les dirige et les applique volontairement sur toutes les qualités des corps. C'est ainsi qu'il parvient a éprouver des sensations distinctes, et qu'il acquiert des idées sensibles.
« Les idées sensibles ont leur origine dans le sentiment-sensation, et leur cause dans l'attention* qui s'exerce par le moyen des organes. »
2*' Mais les idées sensibles ne sont pas nos seules idées. La sensation n'est pas l'unique source d'où dérive Tintelligence.
En vertu de la seule manière de sentir occasionée par Taction des objets extérieurs , ou par les mouvemens opérés dans les parties intérieures de notre corps, pourrions-nous avoir idée d'autre chose que de ces
4. Qaelquefdis la comparaison et le raisonnement sont nécessaires pour olitenir une idée sensiltle, comme, par exemple , si l'on voulait se former l'idée de la figure qui sous un contour donné , renferme la plus grande surface. Mais 11 s'agit ici des idées sensibles qui sont communes à tout le genre humain Et d'ailleurs il ne faut point oublier qu'il est rare que tontes les facultés n'agissent pas à la fois '. Celle qui domine donne son nom à l'acte presque toujours multiple de l'esprit.