Part. II, leç. XII
QUATRIÈMB LBÇOlf. 73
La philosophie suppose reipérienoe ; elle est fondée sur rexpérience : mais ïi'oublioas pas qu'il ne feut jamais la confondre avec l'expérience. Il y a une physique expérimentale, une médecine expérimentale; il y a, si Ton veut, une psychologie expérimentale; il n'y a pas de philosophie expérimentale , de raisonnement expérimental. G* est fausser la langue que d'associer des choses aussi disparates : le raisonnement par£ de Tobservation ; il n'est pas l'observation.
Malgré tout ce que je viens de dire et tout ce que j'ai dit à la dernière séance, j'ai bien peur qu'on ne se refuse a reconnaître entre nos divers sentimens une aussi grande différence que celle que nous avons marquée. Mais non, Messieurs; et j'ai tort de manifester des craintes , quand j'ai le désir secret de rencontrer des oppositions. Résistez donc : prenez l'offensive, si vous ju^ez qu'elle puisse vous donner de l'avantage ; soyez victorieux ; je ne devrai pas me plaindre, car vous me redresserez en me renversant. Je ne fais pas un jeu de mots , et je dois m'expliquer.
La perfection d'un système consiste dans l'homogénéité de ses parties : il faut qu'en allant du principe aux conséquences, même aux conséquences les plus éloignées, on retrouve toujours ce principe, modifié sans doute, mais jamais altéré dans sa nature; car alors le système aurait perdu son unité.
Le système des facultés de l'âme est un et homogène ^ Dans chacune des facultés dérivées, la faculté