Part. II,leç. it
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nous De répondrons ni k Tun ni k l'autre, puisque leurs argumens ne s'Adressent pas 'k nous. Les Platoniciens attaquent les Péripatéticiens ; nous ne sommés pas Péripatéticiens. Les Péripatéticiens attaquent les Platoniciens; nous ne somnbes pas Platoniciens. Au«> cune dtô innombrables difficultés que depuis des siè<^ clés se font réciproquement les philosophes qui ont traité de Torigine des idées, ne nous regarde. NoUs ne dis(His pas : Les idées viennent des sens. Nous ne disons pas : Les idées sont innées. Nous disons que ces deux propositions sont fausses : la première, povr n'être qu'en partie d'accord avec l'expérience ; la seconde, pour être t<Hit-k-fait contraire a l'expérience.
Je pourrais me borner a ce peu de mots. Us sufllsent pour nous donner le droit de négliger des systèmes qui ne nous intéressent en rien. Mais (nous l'avons déjà dit ) nos leçons doivent chercher a faire nattre et a développer cet esprit de discernement, qui, dans les ouvrages des philosophes, sépare, avec sûreté, le vrai du faux , soit dans les idées , soit dans les expressions : j'examinerai donc quelquesmns de ces raisonnemens qu'on donne et qu'on re^it comme des preuves irrésistibles ; je m'arrêterai un moment sur quelques-uns de ces énoncés, dont la prévention croit voir s'échapper la plus vive lumière.
Commençons par le passage tant de fois reproduit de Êa Lo§ique de Part'-Royal. L'auteur de celte logique, appuyé sitt* DtfeseartJes, veut prouva, contre Gassendi et contre Hobbes , que toutes ks idées ae vioHieirt jpis des sens. Il cite en exemple Pidée de l'être et eeHe de
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la pensée ; et il prétend que l'âme fonne ces idées par sa propre énergie» indépendamment du concours des organes. Voici le passage.
« Je demande par quel sens les idées de Tôtre et de la pensée sont entrées dans Tesprit. Sont-^lles lumineuses ou colorées, pour être entrées par la vue? d'un son grave ou aigu , pour être entrées par Touîe ? d'une bonne ou mauvaise odeur , pour être entrées par To- . dorât? d'un bon ou mauvais goût» pour être entrées par le goût? froides ou chaudes» dures ou molles» pour être entrées par l'attouchement? que si Ton dit qu'elles ont été formées d'autres images sensibles, qu'on nous dise quelles sont ces autres images sensibles dont on prétend que les idées de l'être et de la pensée ont été formées» et comment elles ont été formées; ou par composition» ou par ampliation, ou par diminution» ou par proportion : que si l'on ne peut rien répondre a tout cela qui ne soit déraisonnable» il faut avouer que les idées de l'être et de la pensée ne tirent» en au* cune sorte » leur origine des sens» mais que notre âme a la faculté de les former de soi-même » quoiqu'il arrive souvent qu'elle est excitée a le faire par quelque chose qui frappe les sens ; comme un peintre peut être porté à faire un tableau pour l'argent qu'on lui promet » sans qu'on puisse dire, pour cela» que le tableau a tiré son origine de l'argent. »
Suivant Descartes et suivant Port-Royal» les idées de l'être et de la pensée ne sauraient donc nous venir des sens. On les examine tous l'un après l'autre : aucun ne fournit immédiatement ces idées^^ A l'opération des
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sens, on ajoute les opérations de Tesprit qui modifient rimage sensible : les idées de Têtre et de la pensée ne se montrent pas encore. L'image sensible, considérée soit avant la modification qu'elle a reçue de Fesprit , soit après cette modification , n'est et ne peut ôtre qu'une image sensible. Et rien, ajoute-t-on, n'est plus déraisonnable que de prétendre qu'elle changera de nature, pour devenir l'idée de l'être ou l'idée de la pensée. Ces deux idées étant essentiellement différentes des images sensibles, ne sauraient, comme les images sensibles, avoir leur origine dans les sens. 11 faut donc que l'âme les forme elle-même, qu'elle les tire de sa propre substance.
L'opinion de Port-Royal et l'opinion qu'il attaque sont également célèbres par le nombre et par l'autorité de ceux qui les professent. Elles ne peuvent pas en même temps être vraies l'une et l'autre , puisqu'elles sont opposées ; mais elles peuvent être erronées toutes deux. Vous allez juger si ce n'est pas entre elles que se trouve la vérité. Ma critique ne portera dans ce moment que sur l'origine de l'idée de la pensée. Ce que je me propose de dire sur l'origine de l'idée de l'être, sera mieux placé à l'article des idées générales * ; car, ridée de l'être est une idée générale, et même la plus générale de toutes.
Je ne balance pas un instant a me prononcer avec Port-Royal contre l'opinion qu'il attaque lui-même. L'idée de la pensée est l'idée de l'action de l'âme. Et