Ptrt. U,leç. II
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les sens et la réflexion de Tesprit sur ses propres opérations ; non pas qu'elles ont leur origine dans les sens ou dans les sensations; mais lorsque, rectiGant à la fois des opinions fausses et des énoncés vicieux, nous dirons :
L'intelligence de l'bomme ne renferme aucune idée qui n'ait son origine dans quelque sentiment; les idées sensibles ont leur origine dans le sentiment sensation ; les idées Uitelleetuelles, dans le sentiment de Faction de Tâme et dans le sentiment des rapports ; les idées morales , dans le sentiment moral ;
Ou, pour nous exprimer en moins de mots : toute idée a son origine dans le sentiment; ou, pour le dire plus brièvement encore, toute idée a été sentiment.
On pourra contester la vérité de ces propositions , mais du moins on saura ce que Ton conteste.
J'ai reçu, en effet, des objections présentées avec une grande clarté ; je ne vous les communiquerai pas aujourd'hui. Je consacrerai une séance particulière, et très-prochaine, à l'examen des raisons qu'on oppose, non-seulement a notre théorie des idées , mais encore k la place que nous lui avons assignée dans la distribution de nos leçons.
Concluons cependant que l'homme, s'il était privé de toute sensibilité , serait en même temps privé d'intelligence. Il n'aurait idée ni de l'univers , ni de fauteur de l'univers, ni de lui-môme, ni des rapports qui naissent de ces idées. N'étant pas averti de son existence propre, comment pourrait-il soupçonner d'autres existences?
43S DBUXlkMB PARTIB.
Mais la nature a voulu qu'il fût émineminêiit sensible; elie a youlu qu'il le fût au*dessus et comme en dehors de tous les êtres sensibles. S'il leur ressemble un moment par les sensations y il eu diffère bientôt par d'autres manières de sentir ; et il s'en sépare à jamais par le sentiment du juste et de Thonnête, qui sera éternellement étranger aux attributs de l'animal.
, Le sentiment est donc la première condition de l'intelligence; comme Taclion de Tâme, dont nous allons parler dans la leçon suivante, en est la seconde.
Où manque y où finit le sentiment, là manquent, là unissent les idées.
Il n'y a rien , absolument rien pour l'intelligence de l'homme, non pas même l'idée de Dieu, autant qu'il nous est donné d'en concevoir la nature, qui ne soit fondé sur le sentiment * ; il n'y a rien en deçà ni au delà du sentiment ; il n*y a rien hors du sentiment:
Je ne dis pas : hors du sentiment il n'y a rien pour la certitude ; je ne dis pas : il n'y a rien pour, la croyance.
Je dis que nos idées ne peuvent dépasser les bornes de notre sentiment.
Je dis qu'une philosophie qui se vanterait d'avoir franchi les bornes du sentiment, de s'être élevée audessus du sentiment , se vanterait d'avoir franchi les bornes de notre nature, les bornes de notre raison et les bornes de l'âme humaine ; se vanterait d'être une philosophie sans idées.
Et, néanmoins, il s'est trouvé des esprits qui se sont