‹ Leçons de philosophie sur les principes de l'intelligence, ou sur les causes et sur les origines des idées (volume 2)Chapitre 4 sur 117 · Part. I . l«ç. iT, Tiii et ut · texte numérisé non relu

Part. I . l«ç. iT, Tiii et ut

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pennis a quiconque est en état de suivre le Ûl d*une démonstration, de mettre en doute la simplicité ou l'unité du principe qui pense ; et, si les preuves de l'existence d'un Dieu créateur et modérateur de Tunivers ne pouvaient pas acquérir un nouveau degré de certitude , on est , du moins , parvenu a les dégager de plusieurs considérations qui dépassent les intelligences ordinaires, et a leur imprimer ainsi le caractère d'une évidence plus frappante, plus générale.

De tels objets ont une grandeur, une dignité qu'on ne saurait méconnaître. Ils élèvent la raison, ils l'ennoblissent ; et celui qui voudrait les dédaigner, trahirait le secret d'une âme pauvre et commune, qui ne trouve des jouissances qu'en les cherchant hors d'elle-même.

Mais, si rien n'a droit de nous intéresser autant que l'étude de la philosophie ; si l'on ne peut se défendre d'un sentiment de joie par l'espérance de connaître enGn ce qui nous touche de si près ; il faut bien se dire que , dans l'état d'imperfection où se trouve la langue des philosophes, rien aussi n'exigé plus de recueillement . dans la pensée, plus de persévérance dans la méditation, plus de bonne foi avec soi-même, et plus, en même temps, de cet esprit simple, naturel et na!f, qui n'ôte rien, n'ajoute rien, voit les choses comme elles sont, les énonce comme il les voit. L'imagination serait ici le plus grand des obstacles. En s'interposant entre nous et la nature, elle nous en déroberait la vue, et nous serions éblouis par des fantômes.

Cependant nous arrêterons quelquefois nos regards sur ces fantômes, afin d'apprendre k ne pas les con-

fondre avec la réalité. Nous serons plus assurés de nous bien connaître, lorsque nous nous serons étudiés, et en nous-mêmes, et dans les opinions des philosophes.

Nul esprit ne peut sufGre à ce double travail de critique et de méditation , si l'analyse n'en dispose les parties de telle sorte, que l'intelligence des premières facilite l'intelligence de celles qui suivent. Un lien commun doit les unir; et ce lien, on le trouve dans l'ordre même où se développe le système, objet de nos recherches.

Ce système se partage en deux systèmes principaux qui, a leur tour, se distribuent en autant de systèmes particuliers que la philosophie présente de questions a résoudre; il repose sur deux bases, l'activité et la sensibilité.

Le sophisme avait cherché a ébranler la première de ces bases. Nous avons mis nos soins les plus attentifs a la consolider, et dorénavant elle est inébranlable. L'âme de l'homme n'est pas une substance inerte ; elle est une puissance , une force pleine d'énergie ; elle a des facultés qu'elle ne cesse d'exercer, et qui peuvent la ' rendre tous les jours plus éclairée, tous les jours plus libre.

La philosophie, trompée par de fausses apparences, avait cru voir les facultés de l'âme dans les sensations ou dans les idées. Nous les avons séparées des unes et des autres. L'être qui sent agira sans doute; mais sentir n'est pas agir L'être qui agit produira un effet; mais cet effet n'est pas l'action.

Ce n'était point assez d'avoir marqué les facultés par

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le caractère qui les distingue de ce qui n'est pas elles. 11 était indispensable de saisir le caractère qui les distingue les unes des autres , quoique toutes, dans leur principe, ne soient qu'une seule et môme chose. Nous nous sommes assures de ce qu'elles ont d'identique et de ce qu'elles ont de divers, en les voyant sortir d'une même source, non pas a la fois, ou successivement et comme au hasard, mais successivement et dans un ordre nécessaire ; en sorte que celles qui sont composées n'auraient pu se produire, si les plus simples ne s'étaient montrées d'abord.

Alors le système des facultés de l'âme s'est laisse voir dans toute sa simplicité. 11 comprend, il est vrai, deux systèmes particuliers : d'un côté, c'est l'attention qui se concentre sur une seule idée, ou se partage entre deux, ou se porte sur quatre, en saisissant deux rapports k la fois; de l'autre, c'est le désir qui tend de toutes ses forces vers un seul objet, ou qui se modère pour faire un choix entre plusieurs , ou qui se suspend et s'éclaire pour mieux choisir encore, lorsqu'il aura tout examiné, tout pesé , tout balancé.

Ainsi nous avons un entendement qui s'exerce par l'attention, par la comparaison et parle raisonnement. Celui qui nous donna l'être nous a rendus capables , en nous donnant ces facultés , de discerner le vrai ; conmie aussi, il nous a rencl.;s capables d'aimer le bien, en • nous donnant une volonté qui se manifeste par le désir, par la préférence et par la liberté.

Mais ces deux systèmes ne sont pas isolés; une étroite dépendance lie le second au premier, la volonté est

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subordonnée a rentendemeût, et l'unité n'est pas altérée.

Les facultés de l'entendement une fois connues , la méthode se montre aussitôt dans leur emploi régulier ; et si elle est ignorée , c'est que les facultés sont ellesmêmes ignorées.

Des êtres dont Tentendement aurait une faculté de moins, ou comprendrait une faculté de plus, seraient assujettis a une méthode différente : ils concevraient les choses autrement que nous.

Privés du raisonnement, conduiraient-ils leur esprit conmie nous conduisons le nôtre? Y aurait-il pour eux des principes et des conséquences?

Enrichis d*une faculté nouvelle, qu a la vérité nous ne saurions imaginer, mais qu'il nous est permis de supposer, n'est-il pas certain qu ils feraient subir à leurs idées et à toutes leurs connaissances , des combinaisons auxquelles nos forces ne peuvent atteindre , et que leur intelligence s'élèverait au-dessus de Tinlelligence de l'homme, autant que celle de l'honame s'élève au-dessus de celle des animaux ?

La méthode que nous devons suivre n'est donc pas arbitraire ; elle est fondée sur les lois de notre existence. Recueillir des idées exactes par l'attention , les rapprocher par la comparaison, les enchaîner par le raisonnement : voila tout ce que nous pouvons faire , et ce que nous sonmies obligés de faire, sciemment ou à . notre insu , toutes les fois que nous voulons acquérir la connaissance d'un objet.

Enûn , de l'analyse des facultés de l'âme et des règles

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sur la métbode , on a vu sortir des réflexions propres a nous aider de plus en plus dans nos études ; et peutêtre n'aurez-vous pas trouvé tout k fait inutiles celles qui ont pour objet les dé6nitions , leur usage , et surtout leur abus.

Telles sont les questions principales qui, tour a tour, nous ont occupes jusqu'à ce moment.

11 serait moins aisé de faire une exposition aussi rapide y et en misne temps intelligible , des autres parties de la philosopMe.

Vous connaissiez les facultés de l'âme. Vous les aviex observées dans leur origine et dans leur génération '. Vous aviez été frappés du rapport qui existe entre ces facultés et la méthode qui peut le mieux soulager notre faiblesse. Il a donc sufO de quelques mots pour vous rappeler ce que vous saviez déjk. Mais ici , vous êtes censés ignorer ce qui ne doit être exposé que dans la suite de nos discours. Puis-je me flatter que des énoncés sommaires , des énoncés qui résument , vous donneront des idées que vous n'avez pas , comme ils ont réveillé des idées qui vous étaient devenues familières?

Je ne vous présenterai donc pas à l'avance une table des matières, propre, si Ton veut, k réfléchir une lumière empruntée, mais incapable d* éclairer par ellemême. J'indiquerai seulement les principales divisions ; et je dirai ce que je me suis proposé d'offrir à votre étude, ou de livrer k votre examen.

L'âme unie au corps éprouve des affections qui se

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