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Il faut donc ajouter une considération , et la plus importante des considérations , a cette vérité démontrée , que toutes les idées sont le produit de l'action de nos facultés : agir, ne suttit pas; Tintelligence n'arrivera jamais au point où elle peut s'élever, si des règles ne dirigent et ne soutiennent l'nclion. C'est parce que le génie a trouvé le moyen de faire le meilleur emploi de ses forces, qu'il a inventé les sciences et les arts, il doit tout ou presque tout à sa méthode ; et si nous savions nous approprier cette méthode , les choses qui nous paraissent aujourd'hui les plus compliquées , nous étonneraient al.ors par leur extrême simplicité.
Mais je résiste au désir que j'aurais de vous parler de la méthode : l'occasion de reprendre cet utile sujet se présentera de nouveau , et plus d'une fois. Je préfère terminer la séance par l'application de notre théorie des idées a des questions qui ont beaucoup occupé et qui occupent encore beaucoup les philosophes. Si vous ne trouvez pas une grande difficulté a les résoudre au moyen des principes que nous avons établis, vous aurez un motif de plus pour adopter ces principes avec confiance.
« Les idées sontrclles antérieures aux sensations? » Veut-on parler des idées intellectuelles et des idées morales? Nous savons qu'elles ne se montrent qu'après les idées sensibles. Veut-on parler des idées sensibles ? 11 est évident qu'elles supposent des sensations antérieurement éprouvées.
« Les idées sont-elles indépendantes des sensations?» Les idées sensibles ne sont pas indépendantes des
sensations, puisqu'elles ont leur origine dans les sensations. Quant aux idées intellectuelles et aux idées morales , comme elles n'ont pas leur origine dans les sensations, on ne peut dire qu'elles en dépendent, à moins que par cette expression l'on ne se home a entendre que ( dans notre constitution actuelle) elles ne . se montrent qu'après les idées sensibles * .
« Y a-t-il des idées innées ? » C'est demander s'il y a des idées antérieures aux sensations , indépendantes des sensations ^.
« Les idées difTcrent-elles des sensations ? »
Les idées ne diffèrent pas seulement des sensations, des senlimens sensations, elles diffèrent de toute espèce de sentiment. Sentir des rapports de distinction et sentir simplement ne sont pas une môme chose.
« A-t-on idée de tout ce qu'on sent? »
€'est demander si la connaissance suit tous les degrés et toutes les nuances du sentiment ; si l'intelligence se confond avec la sensibilité ; s'il sufQt de sentir pour démêler tout ce qui se passe au dedans de nous ; si tous les hommes qui se ressemblent par le sentiment, se ressemblent par les lumières. C'est demander si l'on peut être instruit, sans avoir rien fait pour s'instruire.
« Toute idée est-elle perception? »
Avoir une idée, ou discerner ce qu'on a senti confusément ^ ou apercevoir, ou percevoir, c'est la même chose.
« L'idée est-elle la première opération de l'entendement? »
4, Part. H , leç. m.