Ptrt II , leç. IX
L*idée n'est ni la première, ni aucune des opérations de l'entendement. L'idée est le produit d'une opération de l'entendement, le produit de Tevercice de quelqu'une des facultés de l'entendement ; elle n'est ni une faculté, ni une opération.
Il ne fallait donc pas confondre l'idée avec les opérations de l'âme, avec ses facultés ;
Ni en faire un être réel , interposé entre Tesprit et les objets, puisqu'elle n'est qu'une moditication de l'esprit ;
Ni lui supposer une nature qui tiendrait tout à la fois de Têtre et du mode, comme l'indique le nom d'entité modale , que lui ont donné certains métaphysiciens : parce qu'une pareille opinion est tout-a-fuit inintelligible ;
Ni dire, avec Malebranche, que « les idées sont l'essence même de la Divinité qui se manifeste à nos âmes, » et que, nos âmes voyant tout par les idées ou dans les idées, nous voyons tout dans l'essence divine, « nous voyons tout en Dieu : » car entre l'essence divine et ce qui résulte de l'action de nos facultés sur nos sentimens, il n'y a rien de semblable ;
Ni prétendre avec les péripatéticiens, que les idées sont des espèces envoyées par les objets, d'abord aux sens, et ensuite à l'imagination, pour représenter ces objets dont elles sont les copies, les empreintes, parce que ces empreintes, ces copies, n'ont jamais existé que dans rimagination des péripatéticiens *.