Part. H,leç. f
soDt ane saiie et même chose. Les deux propositions peurent donc se traduire de la manière suivante : Le jugement est une sensation ; Le jugement n*est pas une sensation ; et il est manifeste que c'est la première proposition qui, maintenant, est la fausse.
Mais pour qui est elle fausse? J'ose répondre que c*est pour nous, et uniquement pour nous; pour nous qui avons remarque dans Tâme plusieurs manières de sentir; pour nous qui ne confondons pas les sentimens de rapport avec les sensations.
Si , dans la sensibilité , vous ne voyez que des sensations ; si vous ne mettez aucune différence entre sentir et éprouver des sensations, vous n'avez pas le droit de nier que le jugement soit une sensation. Que sera-t-il s'il n'est pas une sensation ? C'est une perception de rapport, dites- vous; c'est une afGrmation : sans doute; mais afflrmer un rapport, c'est le sentir ; percevoir un rapport, c'est le sentir. Si donc le sentiment ne diffère pas de la sensation; si vous ne reconnaissez qu'une seule manière de sentir, la sensation , vous êtes forcés d'avouer que le jugement est une sensation ; et vous dites la même chose que vos adversaires.
Nous ne disons pas la même chose, réplique vivement Rousseau : car juger, c'est comparer; et comment peut-on confondre la sensation avec la comparaison? « Par la sensation , les objets s'offrent a moi st'parés, isolés, tels qu'ils sont dans la nature. Par la comparaison, je les remue, je les transporte pour ainsi dire, je les pose les uns sur les autres *. »