Emile
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u Juger, c'est comparer ! » Je sais qu'un usage trop facile permet quelquefois d'employer un de ces mots à la place de l'autre. Mais il s'en faut bien qu'il y ait identité entre le jugement et la comparaison.
La comparaison est un des modes de l'activité de l'âme, une deses manières d'agir. Le jugement, conmie sentiment de rapport, est un des modes de la sensibilité ; comme perception de rapport, il est un des modes de rmtelligence. La comparaison appartient au système des fiicultés ; le jugement, à celui des sentimens ou à celui des idées.
Mais peut-être Rousseau voulait-il moins établir une identité parfaite entre le jugement et la comparaison, que montrer la nécessité d'avoir comparé avant de juger : ce qui suffît pour distinguer le jugement de la sensation, laquelle ne suppose aucun acte antérieur de l'esprit.
J'adopte l'interprétation ; elle ne résout pas la difficulté : elle la laisse dans toute sa force ; car alors ce n'est plus le jugement qui remue les objets , qui les transporte, qui les pose les uns sur les autres, qui réunit, en un mot, tous les caractères opposés à la sensation. Le jugement ne vient aussi qu'après la comparaison , dans le système des facultés que nous a donné Condillac ; et pourtant Condillac assure que le jugement n'est que sensation *.
Tels sont les inextricables embarras oii l'on se trouve engagé , pour avoir confondu les facultés de l'âme avec