‹ Leçons de philosophie sur les principes de l'intelligence, ou sur les causes et sur les origines des idées (volume 2)Chapitre 63 sur 117 · Part I , leç. ix · texte numérisé non relu

Part I , leç. ix

220 DEUXIÈME PABTIB,

Si doDC le mot entendemeDt n'avait jamais eu qu*une acception ; si toujours on Tavait fait servir à designer l*âme exclusivement y la maxime sur laquelle on a tant disputé, sur laquelle on dispute tant encore, n'aurait pas divisé les esprits ou les aurait certainement moins divisés.

Car alors, au lieu de dire : Aucune chose n'est dans rame avant d*avoir été dans le sens, on eût dit aucune idée ; et cette substitution du mot idée au mot chose aurait fait disparaître Téquivoque du mot rien, nihil, qui peut signilier ou les seules idées, ou les idées et les facultés.

Mais supposé que tous les philosophes se fussent accordés sur la maxime, «aucune idée n'est dans l'entendement, c'est-a-dire, dans l'esprit ou dans l'âme avant d'avoir été dans le sens, » je dis qu'ils se seraient accordés sur une erreur, eu énonçant matériellement une vérité; parce qu ils traduisaient cette maxime par cette autre, « toutes les idées viennent des sens ou du sens, » et que le sens, pour eux, n'était que la sensation.

Assurément, aucune idée n'est antérieure à la sensation : toutes la présupposent, mais toutes n'en viennent pas ; nous savons que les seules idées sensibles dérivent de cette source*.

« Toutes les idées ont leur origine dans le sentiment , comme toutes ont leur cause dans l'action des facultés de Tentendement. § 11 n'y a là ni équivoque, ni obscurité, et cette proposition, bien établie, renverse à la

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