‹ Leçons de philosophie sur les principes de l'intelligence, ou sur les causes et sur les origines des idées (volume 2)Chapitre 65 sur 117 · Part. I, leç. x · texte numérisé non relu

Part. I, leç. x

%^t DEUXIÈME PAUTIE,

Les idées spirituelles ! Est-ee qu'il y aurait des idées corporelles ? Tauteur lui-même de la logique de Port- Royal semblerait supposer qu'il y eu a quelques-unes ; car il accuse Gassendi de les faire toutes corporelles, i Selon la pensée de ce philosophe, dit-il, quoique toutes nos idées ne fussent pas semblables à quelque corps particulier, elles seraient néanmoins toutes corporelles *. »

Gardons-nous de jamais laisser échapper cette expression, idées spirituelles, comme si toutes n'étaient pas des modifications de Tesprit. Gardons-nous aussi d'imiter ceux qui parlent des idées les plus spirituelles, d'idées très-spirituelles, comme s41 y avait plusieurs degrés dans la spiritualité ; et continuons à distinguer nos idées en idées sensibles, intellectuelles et morales^.

On a été induit a ce langage d'idées spirituelles , de quelques idées spirituelles , parce qu'on a cru qu'il y avait des idées corporelles; et on l'a cru ainsi, parce qu'on a confondu les idées sensibles avec les sensations , après avoir confondu les sensations avec les impressions faites sur les organes.

On se contente donc de vanter Descartes sans le lire ; car, en le lisant, on eût appris de ce philosophe que la sensation appartient a Tâme , aussi bien que la pensée .

Si la sensation est un mouvement excité dans quelque partie du corps, la sensation est une modification du corps, tandis que la perception et la pensée sont des modifications de l'âme. Ce n'est donc plus un

i. Logique.

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