Part. I, leç. ix
et l'idée que nous obtenons par l'exercice de la foculté de penser : or, ce n'est pas l'idée qui est Tesseuce de l'âme. L'idée n'est pas la première chose que l'on conçoit dans rftme, puisque l'idée présuppose le sentiment et l'action. Ce sera donc la faculté de penser qui sera l'essence de l'âme ? Mais n'avons-nous pas démontré que l'âme, par sa nature, est douée de deux attributs également essentiels, l'activité et la sensibilité*, et, par conséquent, que l'activité seule, ou, ce qui est la même chose, la faculté de penser seule, ne constitue pas son essence ?
Ni l'idée, ni la faculté de penser, ne sont donc l'essence de l'âme. Mais la faculté de penser fût-elle celte essence, que pourrait-on en conclure en faveur des idées innées?
On en conclurait que la faculté de penser est innée.
Voila donc le résultat de tant de disputes et de tant de volumes : la faculté de penser est innée 1 Est-ce bien sérieusement qu'on parle? 11 s'agissait de savoir si les idées, si les connaissances humaines sont dues k l'expérience , au travail , a la méditation , ou si elles ont été originairement gravées dans nos âmes, si elles sont innées. On déplace la question ; on change d'objet et l'on, substitue les facultés aux idées. Mais qui jamais a pu nier que les facultés fussent innées ? Et quand on vient nous dire qu'il y a des penchans innés, des dispositions innées, des instincts innés, des virtualités innées, des facultés innées, des lois môme innées, des