‹ Leçons de philosophie sur les principes de l'intelligence, ou sur les causes et sur les origines des idées (volume 2)Chapitre 68 sur 117 · Part. I,lef. if · texte numérisé non relu

Part. I,lef. if

formes, des moules, des catégories , et je ne sais com- I bien d'autres ciioses innées, ou indépendantes des sens / et de toute expérience, ou, si l'on veut encore, qui 1 sont dans Tâme à priori, que croit-en nous ap- I prendre? Qui ne sait que dans tous les êtres, il y a né- / cessairement autant de facultés ou de puissances qu'ils/ peuvent produire d'actes; autant de capacités qu'ils peuvent recevoir de modifications; autant de disposi-l tions qu^ils peuvent produire d'actes et recevoir de moA difications? Qui ne sait que le serpent tient de sa nature \ un penchant a ramper ; que le taureau naît avec un \ instinct qui le porte a frapper de la corne ; Toiseau et le poisson avec des dispositions pour voler et pour nager ; l'homme avec la faculté de parler, de peuser et de raisonner ? Mais est-il permis de confondre la faculté de parler avec la parole, la faculté de penser avec la pensée, la faculté de raisonner avec le raisonnement, la faculté de produire une idée avec une idée, le simple pouvoir, en un mot, avec la réalité de l'acte? En vé- 1 rite y pour dire ces choses, il faut y être obligé ; et j'espère que ce sera mon excuse.

N'allez pas croire cependant qu'il soit nécessaire de reconnaître et de noter autant de facultés ou de capacités, qu'on peut remarquer d'actes ou de modifications dans l'esprit humain. Au lieu d'enrichir la science, ce serait l'anéantir \ Que penserait-on d'un anatomiste qui, admettant, avec Bonnet, que la fibre de l'œil qui prçduit le rouge, n'est pas la fibre qui produit le bleu,

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