‹ Leçons de philosophie sur les principes de l'intelligence, ou sur les causes et sur les origines des idées (volume 2)Chapitre 70 sur 117 · II · texte numérisé non relu

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â30 DEUXIÈME PAllTIE,

premières. Nous nous arrêterons sur les dernières; particulièrement sur les idées abstraites et sur les idées / générales : car ces deux espèces d'idées forment surtout / / Tintelligence de Thomme.

' Néanmoins , nous sommes loin de partager l'opinion de ceux qui rejettent comme inutiles , ou comme mal fondées, la plupart des divisions que nous venons d'indiquer.

Toute idée considérée en elle-même, disent-Ils , est claire, distincte ; elle est complète, réelle; elle est encore vraie , si toutefois la vérité n'appartient pas aux seuls jugemens.

Ces assertions ne sont pas aussi décisives qu'on se l'est imaginé.

Sans doute, rien n'est moins judicieux que de multiplier les classes au delà de l'utilité. C'était le grand vice de la méthode des scolastiques , parmi lesquels je citerais Raimond Lulle . s'il restait le moindre souvenir de ses catégories. C'est aussi le vice de quelques modernes, dont les écrits semblent vouloir faire revivre la barbarie du moyen âge. On veut éclairer les objets , et l'on disperse les rayons de lumière. On veut soulager l'esprit , on le surcharge , on l'accable.

11 Y aurait ici moins d'inconvéniens h pécher par défaut que par excès. En divisant trop peu » nous ne voyons pas tout , il est vrai ; mais du moins ce que nous avons sous les yeux, nous le voyons. En divisant trop, au contraire, tout échappe au regard , tout se perd dans la confusion ; Confusum est quidquid in pulverem sectum est y dit Sénèque.

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(In petit nombre de divisions commodes , sinon indispensables, et qu'il suflit d'avoir énoncées une fois pour ne jamais les oublier, ne méritent pas le reproche de morceler ainsi leur objet, de l'anéantir en quelque sorte.

Ceux qui blâment ces divisions supposent que les idées sont toujours considérées en*elles-mêmes, indépendamment de leur objet. Ce n*est pas ce que pensaient les philosophes qui, les premiers, ont parlé d'idées claires, distinctes, complètes, réelles. Ils ont voulu dire que de telles idées représentent des objets réels, qu'elles les représentent d'une manière claire et distincte, qu elles les montrent dans leur intégrité.

Et, sans avoir égard aux rapports qu'une idée peut avoir avec, son objet , est-il bien certain qu'en ellemême elle ne renferme jamais rien d'obscur, rien de confus, qu'on saisisse toutes les idées élémentaires dont elle se compose, qu'on la distingue infailliblement de toutes les idées qui peuvent avoir avec elle quelque ressemblance, quelque analogie? Est-il certain qu'elle soit toujours réelle , qu'elle ne se détruise pas quelquefois elle-même, comme l'idée de ce médiateur, mélange d'esprit et de matière, dont j'ai besoin que vous m'excusiez de vous avoir entretenus a la dernière séance?

Quant àja vérité des idées , on a tort de la confondre avec la vérité des jugemens. Celle-ci consiste dans l'affirmation du rapport entre un sujet et son attribut, tandis que la vérité des idées n'est qu'une simple conformité avec leur objet*. Copernic et Galilée avaient

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