‹ Leçons de philosophie sur les principes de l'intelligence, ou sur les causes et sur les origines des idées (volume 2)Chapitre 71 sur 117 · Part. n,leç. t · texte numérisé non relu

Part. n,leç. t

une idée vraie du système du monde ; ils se le représentaient par une image fidèle. Bacon et Tiebo-Brabc en avaient une idée fausse ; ils s'en formaient une image sans ressemblance.

N'appauvrissons pas la langue en lui ôtant des mots qui servent a marquer les nuances de nos sentimens et de nos opinions, .letonviens que si vous avez d'un objet une idée très-vraie , très-juste , il sera superflu d'ajouter que cette idée n'est ni obscure, ni confuse , ni incomplète ; mais il est rare qu'il y ait tant de perfection dans nos idées ; et, d'ordinaire, nous avons besoin , pour dire ce qui est , d'expressions qui modifieut ce que d'autres expressions ont de trop absolu.

Vous apprendrez à cboisir entre ces expressions celle qui saisit le caractère fugitif de l'idée, celle qui peint le mieux ce caractère , en lisant les grands écrivains, en les comparant à ces auteurs qui n'ont que de la réputation. Vous l'apprendrez, en vous interrogeant vous-mômes , lorsque votre esprit se porte* et s'arrôte tout entier sur un objet , ou lorsqu'il se laisse aller d'un objet a un autre ; lorsqu'il pense avec vigueur ou avec nonchalance.

Avant tout, il faut prendre garde à ce qu'il y a de distinct ou de confus dans nos idées. Le caractère propre et essentiel de l'idée est la distinction ; et si nous voulions nous énoncer avec une rigueur géométrique, nous refuserions le nom d'idée a l'idée confuse; et nous verrions en elle un simple sentiment, comme dans le sentiment distinct nous avons vu l'idée ellemême*.

Page 1