Part. I , leç. xiii
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traites et des idées générales, qui en exigent davantage.
Une idée simple est une idée unique : on ne saurait la décomposer en plusieurs idées. L'idée composée est un agrégat d'idées, une réunion d'idées.
i ® Sont simples , ou approchant de la simplicité :
Les idées que nous acquérons par l'action des sens isolés y les idées des couleurs , des sons, des saveurs ^ des odeurs, et de plusieurs qualités tactiles, comme le froid , le diaud , le rude, le poli , etc.
De chacun de nos sens, il est vrai, nous viennent des sensations qui peuvent séparément donner lieu à plus d'une idée. Une odeur est souvent la réunion de plusieurs odeurs, un son la réunion de plusieurs sons. Alors, si l'on décompose la sensation qu'on éprouve, chacune des sensations partielles fera naître une idée simple.
L'idée est encore simple , lors mi^me que la sensation qui la donne est composée , si Ton ne décompose pas cette sensation. L'idée du blanc est pour nous une idée simple , quoique provenant d'une sensation divisible en une multitude de sensations distinctes. Peut-être y a-t-il des êtres sensibles tellement organisés , que , pour eux, il n'existe pas de couleur blanche, et qui voient les couleurs variées du prisme, où nous ne voyons qu'une seule couleur, couleur simple par rapport à nous , mais composée en elle-même.
2° Ne sont pas simples les idées des facultés de l'âme , moins une. La liberté, la préférence et le désir, sont des facultés qui eu C4)mprennent d'autres ; le raisonne-
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ment n'a Heu qu*au moyen des comparaisons ; la comparaison résulte de deux actes simultanés d'attention. A plus forte raison, les idées de Tentenderaent et de la volonté sont-elles des idées composées. L*idée de la seule attention est simple ; elle ne se compose pas des idées de plusieurs facultés.
5** Sont simples les idées morales qui sortent immédiatement de divers sentimens moraux. Comment décomposer les idées de Tamitié, de la tendresse? Comment décomposer Tidée de Tamour maternel ?
4° Sont simples les idées de rapport, lorsque, de deux idées comparées, il ne sort qu'un seul rapport, ou lorsque l'esprit n'en considère qu'un seul. Telles sont les idées d'égalité, de supériorité, d'antériorité, de commencement, etc. , et leurs contraires.
Sont composées les idées de rapport, lorsque les termes de la comparaison donnent lieu à un certain nombre de rapports, et que l'esprit veut les saisir tous, ou plusieurs à la fois; comme si, d'une seule vue, on voulait enibrasser tout ce qu'ont de semblable ou de différent la constitution politique de la France et celle de l'Angleterre.
Remarquons ici que , pour obtenir l'idée d'un rapport déterminé , nous n'avons pas besoin de deux objets déterminés. L'idée d'égalité peut nous venir de la comparaison de deux Ggures de géométrie , de celle de deux nombres : elle peut nous venir de la comparaison de deux objets physiques, ou de celle de deux actes de vertu. De même, nous pouvons obtenir l'idée de supériorité en comparant la hauteur d'un chêne k celle
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d'un roseau , en comparant le génie de Virgile k celui de Lucain.
L*idée de rapport n'est donc pas de même nature que ridée de chacun des deux termes de la comparaison. Les termes de la comparaison peuvent changer mille fois, l'idée du rapport restant toujours la même. Kt ceci confirme ce que je vous ai fait observer dans une de nos leçons précédentes ; que l'idée de rapport , quoique résultant de la présence simultanée de deux idées, diffère de ces deux idées essentiellement*.
5<> Nous classerons parmi les idées simples certaines idées, qui d'abord semblent composées; les idées d'étendue, de temps, de mouvement, et plusieurs autres qui ne sont que la répétition d'une même idée. Qu'on divise une ligne en deux parties, qu'on la divise en quatre, qu'on la divise a l'infini, on ne trouvera jamais que des longueurs dans des longueurs. J'en dis autant des solides, des surfaces , des angles, du temps , du mouvement , etc.
Si Ton objecte que le solide se compose de trois dimensions, la surface de deux ; que le temps se compose du passé, du présent et du futur; que l'idée du mouvement renferme celle du temps et celle de l'espace ; je réponds qu'un solide se compose de solides, ou plutôt qu'il est un assemblage de solides ; qu'on ne peut le concevoir que comme un assemblage de solides ; qu'eu divisant le temps en passé, présent et futur, on le divise en trois temps; et que l'idée du mouvement,