Part. I,leç. xt
L*idée abstraite odeur, d'une rose , d'un œillet , de Tambre.
L'idée abstraite dureté, de l'ivoire, du marbre, du fer.
L'idée abstraile attention , du travail de l'esprit , lorsqu'il se porte tout entier sur un objet sensible, sur une question de métaphysique ou de morale, sur un problème de mathématiques.
L*idée abstraite faculté de Tâme , de l'attention , du désir, de la liberté.
L'idée abstraite rapport, de la similitude, de la grandeur, de la supériorité.
En un mot, une idée abstraite, quelle qu'elle soit, nous vient, ou peut nous venir, de tous les objets dans lesquels se trouve une môme qualité , un même point de vue, une même chose.
Or, les mêmes qualités, les mêmes points de vue, sont répétés a l'inGiû dans les différens objets de la nature : le vert est répété dans toutes les feuilles d'arbre, dans tous les brins d'herbe; la saveur, dans tous les alimens; la forme de chaque animal, dans tous les individus de son espèce ; l'étendue, dans tous les corps ; le sentiment , dans toutes les âmes ; la succession , l'existence, sont en même temps et dans tous les corps et dans toutes les âmes.
Les idées abstraites, objet habituel de notre pensée, ne représentent donc pas uniquement et exclusivement des qualités individuelles déterminées.
L'idée abstraite douleur ne représente pas exclusivement ce qu'on éprouve quand on est tourmenté de la goutte; elle représente ce qu'on éprouve, ou du moins
quelque chose de ce qu'on éprouve par un mal de dents, par un mal de tôte, etc.; elle représente ce qu'on éprouve soi-même et ce qu'éprouvent les autres. Mais vous voyez bien que je parle des idées abstraites, telles que nous les concevons aujourd'hui. Il a été un temps où nous n'avions pas observé qu'une même qualité se trouve dans plusieurs objets : alors chacune de nos idées abstraites représentait une qualité individuelle. L'idée que se fait de la douleur un enfant, aux premiers jours de sa vie, n'est d'abord que l'idée d'une certaine douleur. Cette idée ne restera pas longtemps individuelle : bientôt la douleur sera dans le pied , dans la main , dans toutes les parties du corps ; comme la couleur dans tous les objets colorés , la saveur dans tous les alimens , etc.
Les idées abstraites ont donc commencé par être individuelles ; et elles ont cessé de l'être parce que la nature nous a montré les mômes qualités dans plusieurs objets, quelquefois dans tous les objets : mais il y a ici trois choses a remarquer.
Si vous considérez une idée abstraite au moment de sa première apparition, au moment où un premier objet nous donne la sensation de laquelle dérive cette idée, elle représente une qualité existant dans un seul objet, et elle est individuelle.
Si vous la considérez dans un temps où elle a déjk été produite et reproduite par un grand nombre d'objets , elle représente une qualité qui existe dans plusieurs objets , et elle est commune ou générale.
Cette idée, d'abord individuelle, ensuite générale,
redeviendra individuelle toutes les fois qu'un des objets qui nous Tonl donnée, ou qui peuvent nous la donner, sera présent aux sens ou a la pensée.
L'idée abstraite blancheur, primitivement individuelle parce qu'elle nous sera venue du lait, ensuite générale parce qu'elle nous sera venue, et du lait, et de la neige , et de plusieurs autres corps , redeviendra individuelle en présence du lait, parce qu'en présence du lait, ce sera la blancheur du lait qui sera dans notre esprit , et non pas la blancheur de tout autre corps blanc.
Ainsi les idées abstraites ont d*abord été indivi- / duelles : bientôt elles se sont trouvées générales, pour redevenir individuelles toutes les fois que nous voyons ou que nous imaginons quelqu'un des objets individuels qui nous les ont données, ou qui peuvent nous les donner.
Cette observation s'applique aux idées intellectuelles et aux idées morales , comme aux idées sensibles.
L'idée intellectuelle opération de Tâme a été d'abord l'idée d'un acte déterminé d'attention , d Une attention donnée par les yeux , je le suppose. Jusque-là elle a été individuelle. Cette môme idée n'a pas tardé a nous venir d'un acte d'attention donné par l'ouïe , par le goût, ou même d'un acte d'attention indépendaiU des organes, et alors elle a été générale. Mais cette idée générale s'individualisera toutes les fois que nous penserons à un tel acte .d'attention , à une telle comparaison , à un tel acte de la volonté.
L'idée intellectuelle rapport a d'abord été l'idée d'un
rapport détermiaé, de l'égalité , par exemple, entre ^ les deux mains; puis, de l'égalité entre deux pièces de monnaie, entre deux toises, etc.; enûn, cette idée d*égalité, après être devenue d'individuelle générale, redeviendra de générale individuelle, en présence de deux objets égaux, ou par le souvenir dé deux objets égaux.
L'idée morale justice nous est venue primitivement du sentiment produit en nous par une certaine action déterminée d'un agent libre ; ensuite du sefitiment produit par un grand nombre d'actions de même nature. Cette idée, d'abord individuelle, puis générale, sera de nouveau individuelle, si nous nous trouvons les témoins d'une action juste, si nous faisons nousmême une action juste, ou si nous pensons à une action individuelle qui soit juste.
Aux. idées individuelles et aux idées générales , correspondent les noms individuels ou propres, et les noms généraux ou communs.
> Le nom propre ne se donne , ne s'applique qu'à un individu déterminé. Le nom de Louis XH s'applique à un seul roi de France, a celui qui fut surnommé le Père du peuple.
Le nom général s'applique à tous les individus dans lesquels nous retrouvons une même qualité , ou que nous considérons sous un même point de vue. Le nom de roi de France s'applique k tous les chefs de la nation française indistinctement, quand on les considère sous cet unique point de vue, qu'ils ont été chefs de la nation française.
Et Ton voit que les idées générales doÎTent être plus ou moins générales, comme les noms généraux doivent être plus on moins généraux. L'idée d*homme est plus générale que celle de roi ; Tidée de roi est plus générale que celle de roi de France : il en est de môme des noms de ces idées comparés entre eux.
Or, on a donné aux idées générales et aux noms généraux le nom de classes.
L'idée générale, le nom général, la classe histoire, ont plus de généralité que l'idée, le nom, la classe histoire de la philosophie. Histoire de la philosophie a plus de généralité que l'idée, le nom, la classe histoire de la philosophie ancienne.
De même, la classe corps est plus générale que la
' classe végétal ; celle de végétal plus générale que celle
d*arbre ; celle d'arbre plus générale que celle de chêne.
Enfin, pour terminer cette nomenclature, chaque classe prend le nom d'espèce, quand on la compare à une classe plus générale dans laquelle elle est comprise, et le nom de genre , quand on la compare a une classe moins générale qu'elle comprend. La classe arbre est espèce par rapport à la classe végétal ; elle est genre par rapport k la classe chêne.
L'idée générale est donc une idée qui nous fait connaître une qualité, une propriété, une faculté, une action , un rapport, un point de vue enfin , qu'on retrouve dans plusieui^ objets. Elle nous fait connaître une qualité commune, un point de vue commun a plusieurs objets Elle est une idée de ressemblance : voilk pourquoi les noms ou les termes généraux , signes
d'idées générales , ont été appelés termes de ressemblance, term'mi simili tudinis.
Aucune question n'a divisé les philosopiies plus que la question des idées générales, qui, eu divers temps, ont été appelées simplement idées, ou formes, ou essences, ou natures universelles, ou universaux ; elle les a divisés chez les Grecs, elle les a divisés dans le moyen âge , et elle les divise encore.
Il n'est pas facile d'exposer clairement la philosophie des Grecs sur les idées générales. Voici, autant du moins que j'ai pu les saisir, les opinions de trois de leurs philosophes les plus célèbres.
Platon observe que toujours l'homme, dans ses ouvrages, imile ou cherche a imiter un modèle. 11 n'importe que ce modèle existe réellement ou qu'il soit un • produit de l'imagination. Le Jupiter Olympien a son modèle dans l'imagination de Phidias. Apelles, en peignant Alexandre, a son modèle dans la personne d'Alexandre. L'historien raconte, d'après des modèles qui existent ou qui ont existé. Homère décrit la cein- *ture de Vénus, d'après un modèle de sa création.
La nature, dit Platon, pe procède pas autrement. Les pierres et toutes leurs espèces, les plantes et toutes leurs espèces, les animaux et toutes leurs espèces; l'homme, son corps, son âme; le soleil, les astres; tous les êtres, en un mot, portent l'empreinte d'autant de modèles que nous voyons de variétés dans l'univers.
Or, Platon donne a ces modèles le nom d'idées. Les idées existent avant les choses créées , elles sont éternelles, incorruptibles, impérissables. Renfermées dans
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le sein môme de la Divinité , elles ne participent à aucune des imperfections des êtres créés. L'humanité, qui est le modèle d'après lequel sont formés tous les liommes, subsiste éternellement. Les hommes souffrent et meurent, l'humanité reste inaltérable, l'idée est toujours la môme.
Aristote rejette ces idées éternelles ; il place l'humanité dans les hommes, Tanimalité dans les animaux. Suivant ce philosophe, les êtres sont composés de matière et de forme. La matière est la même dans tous , la forme seule varie ; non quil existe dans la nature autant de formes que d'individus, mais seulement autant que d'espèces.
Les minéraux, les arbres, les animaux, sont faits tous et chacun d'une môme matière; mais ils n'ont, ni tous une même forme, ni chacun une forme particulière. Ils n'ont pas tous une même forme , car les êtres que nous appelons arbres ont une forme différente de ceux que nous appelons animaux. Ils n'ont pas chacun individuellement une forme particulière ; car tous les individus appelés hommes ont une même forme, l'humanité ; tous les individus appelés lions ont la même forme , lion ; tous les individus appelés éléphans ont la même forme, éléphant, etc.
Ainsi les formes sont inhérentes aux choses; elles sont partie intégrante des choses, et elles constituent les différentes espèces que jious voyons dans le monde. Aristote donne à ces formes le nom d'eidos , c'est-àdire d'images.
Zenon ne fut guère plus content des eidos d'Aristote
que des idées de Platon. L'humanité , disait-il, est un point de vue sous lequel nous considérons tous les indi* vidus appelés hommes ; l'animalité , un point de vue sous lequel nous considérons tous les individus appelés animaux. Un point de vue de notre esprit n'existe pas de toute éternité ; il n'existe pas non plus dans les ôtres qui sont hors de nous.
Les formes d'Àristote prévalurent. Tous les cires eurent leurs formes, leurs formes substantielles, leurs natures universelles, leurs universaux enûn.
La science en était là, et les universaux dans les choses, ou, comme on 's'exprimait en mauvais latin, les universaux à parie rei, étaient en possession de toutes les chaires de philosophie, ils régnaient paisiblement, lorsque, sur la lin du onzième siècle, un chanoine de Gompicgne, nommé Roscelin , ayant connu l'opinion de Zenon, l'embrassa avec ardeur; et, au grand scandale de tous les savans , il enseigna que les universaux n'étaient pas à parte rei, qu'ils n'étaienl que à parte mentis, c' est-a-dire qu'il n'avaient d'existence que dans notre esprit. Il alla plus loin, il osa avancer que les universaux n'étaient que des mots, des noms , des dénominations.
Cette opinion , que les docteurs du temps jugèrent tout à fait nouvelle , produisit une agitation extraordinaire, et un mouvement qui se jjj^muniqua des écoles aux gens du monde et jusqu'à la cour des princes : partout elle eut des partisans fanatiques et des ennemis plus fanatiques encore ; les uns furent les nominaux, les autres les réalistes; leurs querelles, quel-
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quefois ensanglantées, ont duré plus de trois siècles.
Les réalistes avaient trouvé le moyen de dire de six manières différentes que les universaux sont dans les choses, et cela Gt six écoles sous autant de chefs. Il serait assez difficile de marquer les six nuances qui les séparaient, et je vous fais grâce de ces inintelligibles subtilités.
Quant aux nominaux , il y avait entre eux une différence qui se comprend fort bien. Les uns prétendaient que les idées générales ne sont que des noms , de purs noms ; c'étaient les vrais nominaux. Les autres voulaient que les noms des idées générales fussent accompagnés d'une perception ou d'une conception de Tesprit. On les appelait coneeptualistes.
A la renaissance de la philosophie , les réalistes et les nominaux étaient tombés dans l'oubli; mais la question qui les avait tant divisés fut agitée de nouveau , et elle l'est encore.
Bacon, Descartes, Malebranche, se sont peu occupés du rapport des mots aux idées. Hobbes s*en est occupé beaucoup, et il s'est montré extrêmement nominal, plus nominal que les nominaux , suivant l'expression de Leibnitz. Il ne suffit pas à Hobbes de ne voir que des noms dans les idées générales ; il affirme que toute vérité est nominale, qu'elle n'est que dans les noms, que dans la « réunion., de deux noms différens donnés à une même chose ; » paradoxe bien extraordinaire de la part d*un homme qui , dans ses Dialogues contre les mathématiciens , ipréiend, pour rabaisser l'algèbre,
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que l'esprit doit nécessairement opérer sur les idées.
Après Hobbes , et plusieurs autres philosophes , parmi lesquels on compte Locke , Berkeley et Leibuitz , Condillac a traité des idées générales , et il a répandu sur (fette question une grande lumière. Il a vu , il nous a fait voir, infiniment mieux qu'on ne l'avait fait avant lui, combien le raisonnement dépend du langage; et il est arrivé a ce résultat , l'un des plus heureux et des plus féconds de la philosophie, que « les langues sont autant de méthodes analytiques ; » méthodes pauvres et grossières chez les peuples barbares ; riches , mais souvent d'une fausse richesse , chez les peuples polis ; moyens de cla'rté, d'élégance et de raison, quand on sait les manier avec habileté ; instrumens de désordre et d'erreur, quand elles sont employées par la maladresse, par riguorance ou par la mauvaise foi ; obstacles pour les esprits gâtés par les leçons d'une fausse philosophie, ou par les leçons d'un faux goût; secours admirables pour les Pascal et pour les Racine.
Telles sont les principales opinions des philosophes anciens et modernes , au sujet des idées générales.
Nous accorderons sans doute à Platon que Dieu, avant de créer, connaît toutes les parties de son ouvrage, et qu*il les crée conformément a la connaissance qu'il en a de toute éternité : rien ne nous empêchera dédire avec lui que cette connaissance est le type, l'archétype, le modèle, l'idée de tout ce qui existe, et de tout ce qui peut exister. Mais quel rapport des / idées éternelles , immuables, impérissables, ont-elles
avec les idées qui sont dans noire esprit? Il s'agissait
de rendre raison de rintelljgence de Tbomme, et Platon
nous parle de T intelligence divine.
Nous n'accorderons pas à Aristote qu'il existe des formes, comme il l'entend; qu'il y en ait autant, ni plus ni moins ) qu'on peut distinguer d'espèces; car, alors, chaque forme serait une forme commune à tous les individus d'une même espèce ; une forme qui se communiquerait à tous les individus d'une même espèce.
Une forme commune n'est rien de réel : tout ce qui existe est singulier et déterminé; une forme qui se communiquerait à tous les individus d'une môme espèce, ne serait pas propre à chaque individu; elle ne serait pas dans les choses; et, si vous dites que cette forme appartient à chaque individu , alors il y a plus de formes que d'espèces ; enfin , quand on aurait prouvé que toutes ces formes, soit spécifiques, soit individuelles, ont hors de notre esprit une existence réelle, en serions-nous plus instruits sur la nature de nos idées?
Il y a dans les êtres des qualités qui nous affectent semblablement , et des qualités qui nous affectent différemment : sous le premier point de vue, nous disons que les êtres sont semblables ou de la môme espèce : sous le second , nous disons qu'ils sont différens , ou d'une espèce différente.
Les similitudes, les classes, les genres, les espèces, les formes communes , les natures universelles , les universaux , ne sont que des points de vue de notre es-
prit ; et Zenon voyait les choses mieux que Platon et qu'Aristote.
Les partisans des idées en Dieu étaient donc hors de ]a question , et les réalistes ne pouvaient que s'égarer dans leurs subtilités.
Est-ce a dire que nous consentirons a ne voir dans les idées générales que des mots, de purs mots, des mots sans idées, absolument sans idées? Non, certes; et je doute qu'aucun philosophe Tait pensé , que Hobbes même ait pu le penser: véritablement, il semble le dire ; mais , ou il ne le dit pas en effet , ou il se contredit, comme Descartes le lui prouve fort bien.
a Le raisonnement, dit Hobbes, n'est peut-être rien autre chose qu'un assemblage et un enchaînement de noms ou appellations, par le mot est. D'où il s'ensuivrait que, par le raisonneinent, nous ne concluons rien du tout, touchant la nature des choses, mais seulement touchant leurs appellations; c'est-à-dire que, par le raisonnement, nous voyons simplement si nous assemblons bien ou mal les noms des choses selon les conventions que nous avons faites à notre fantaisie, touchant leurs significations. »
DescartQs lui répond : « L'assemblage qui se fait dans le raisonnement n'est pas celui des noms ; mais bien celui des choses signifiées par les noms; et je m'étonne que le contraire puisse venir dans l'esprit de personne Ce philosophe ne se condamne-t-il pas luimême, lorsqu'il parle des conventions que nous avons faites, a notre fantaisie, touchant la signification des mots? car, s'il admet que quelque chose est signifié par
ces mots y pourquoi ne veut-il pas que nos discours et nos raisonnemens soient plutôt de la chose qui est signifiée, que des paroles seules \ »
Descartes a évidemment raison contre Hobbes ; mais ni Tun ni l'autre de ces philosophes n'a marqué le juste rapport des mots aux idées. Hobbes sentait que, dans ses raisonnemens , son esprit se portait rarement jusqu'aux idées ; et rien n'est plus vrai. 11 en conduit que nous ne raisonnons pas sur les idées , et rien n'est plus faux. Descartes y profitant de l'aveu de Hobbes, que les mots signifient d'après les conventions, en induit que le raisonnement , d'après Hobbes lui-même , doit porter sur les choses signifiées, ou sur leurs idées , et ceci est incontestable ; mais il semble croire que le raisonnement porte toujours immédiatement sur les idées , ce qui est une erreur.
Hobbes se trompe en pensant que l'esprit ne raisonne pas sûr les idées, parce que l'esprit raisonne sur des mots qui ne sont pas signes immédiats d'idées. Descartes se trompe en pensant que l'esprit raisonne immédiatement sur des idées, parce que Tesprit raisonne sur des mots signes d'idées. Nous avons fait voir* que les mots, toujours signes d'idées, ou devant toujours être signes d'idées, n'en sont pas toujours des signes immédiats; qu'au contraire, ils en sont le plus souvent des signes éloignés.
Condillac accorde prodigieusement aux mots, aux