‹ Leçons de philosophie sur les principes de l'intelligence, ou sur les causes et sur les origines des idées (volume 2)Chapitre 89 sur 117 · SB · texte numérisé non relu

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est subordonné k l'autre auquel il emprunte ses principes.

L% solution de celui-ci , le premier qui ait dû appeler et Qier notre attention , nous a fait connaître la nature, les sources, les causes des idées , et toutes les variétés de leurs espèces. Elle a pour objet « la manière dont se forme rintelligence. »

Pour résoudre le second , il est nécessaire d'entrer dans le détail des idées , d'assigner k chacune son origine spéciale, sa cause propre, la place qui lui convient, et de leur donner ainsi à toutes les titres qui leur serviront de garantie. Ici, Fobjet, c'est « la formation, la réalisation de Tintelligence. •

Si vous transposez ces deux problèmes, vous ne les résoudrez jamais. Comment formerez-vous l'intelligence, si vous ignorez la mauicre dont elle se forme?

Presque tous les mélapiiysiciens ont fait ce renversement d'ordre, presque tous commencent, sans s'être pénétrés de l'importance de bien commencer, souvent même sans s*être rendu compte de la juste signification du mot commencement. Ils entrent en matière par des questions prises a l'aventure. Manquant de principes, rien ne les éclaire, rien ne les dirige, rien ne les soutient : ils marchent au hasard et dans les ténèbres, sans appui , sans secours , sans se douter même qu'ils en aient besoin. Leurs systèmes ont fait mépriser le nom de système; comme leur métaphysique, le nom de métaphysique.

Avant tout, il fallait donc avoir reconnu les vérités suivantes :

^» Notre âme, au sortir des mains du Créateur, est, à la fois, sensible et active.

2" A peine est-elle unie au corps, que, de sensible qu'elle était, elle devient sentante ; et, dès quelle a senti, d'activé qu'elle était, elle devient agissante.

»• Nous ne comprenons, ni comment un mouvement du corps est suivi d'un sentiment de Tâme, ni comment un sentiment de Tâme est suivi d'une action de Tâme, Mais nous avons la certitude que le mouvement, de quelque manière que Timagination se le représente , ne saurait se transformer en sentiment, ni le sentiment en action. Nous devons ici nous en tenir à la seule expérience.

4° SMl est indispensable de bien séparer l'activité de la sensibilité , pour avoir dans ces deux attributs primitifs les fondemens de Fintelligence, if ne Test pas moins, pour concevoir les développemens de l'intelligence, de remarquer, dans l'activité , toutes les manières dont elle s'exerce, et dans la sensibilité, toutes les manières dont elle est affectée.

S® L'activité, dans son exercice, et considérée seulement dans ses rapports avec l'intelligence, est, ou attention , ou comparaison , ou raisonnement. Ces trois facultés, si distinctes dans leur action, se confondent et s'identifient dans un seul et même principe; elles ne sont que l'attention.

6"^ La sensibilité, dans ses divers modes, est, ou sensation, ou sentiment de l'action de l'esprit, ou sentiment de rapport, ou sentiment moral. Il n'en est pas des manières de sentir, comme des manières d'agir,

qui ne sont au fond qu'une seule manière d*agir. Les quatre manières de sentir ne dérivent pas les unes des autres; elles ne peuvent se confondre et s'identifier avec la sensation , comme dans un seul principe.

7** L*âme agit de trois manières différentes sur chacune de ses quatre différentes madières de sentir. De cette action qui se multiplie , appliquée au sentiment qui se diversifie » sortiront des idées sensibles, des idées intellectuelles et des idées morales : idées qui seront absolues et immédiates , si elles sont produites par la seule attention ; relatives et immédiates , si elles sont produites par la comparaison ; médiates ou déduites, si elles sont Touvrage du raisonnement '.

Quand on aura vu toutes ces idées se former successivement, quand on les aura comptées, pour ainsi dire, alors on aura assisté k la formation de Tintelligence, et le second problème sera résolu. Mais il ne peut rôtre, si Ton n'a d'abord résolu le premier; si Ton ignore les vérités que nous venons d'énoncer, si l'on ne connaît pas la manière dont se forme l'intelltgence *.

Nous avons essayé de répandre quelque lumière sur cette question fondamentale. Elle doit à son tour éclairer les questions particulières de la métaphysique.

Ici, afin de n'être pas exposés a nous perdre au milieu d'une foule de difficultés qui viennent de nous, plus que des choses elles-mêmes, il faudra, surtout, ne rien précipiter. Les idées seront prises une h une :

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