‹ Leçons de philosophie sur les principes de l'intelligence, ou sur les causes et sur les origines des idées (volume 2)Chapitre 90 sur 117 · Part'. I , leç. xit. Part, if , leç. i et tiii · texte numérisé non relu

Part'. I , leç. xit. Part, if , leç. i et tiii

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on se demandera si elles sont primilives ou dérivées , simples ou composées, abstraites ou concrètes, de choses ou de mots, réelles ou chimériques ; en un mot, on vérifiera soigneusement les titres de chaque idée , pour la bien apprécier, pour en fixer la valeur.

Je voudrais indiquer, dès aujourd'hui , la méthode qui me paraît devoir être suivie dans ces recherches. Mais il est nécessaire de nous rendre compte d'où nous venons, où nous sommes, où nous allons.

Vous apercevez, ce me semble, très-distinctement, le point où nous sommes placés sur la ligne que nous parcourons. Votre œil mesure le chemin que nous avons fait sur cette ligne , la distance qui nous sépare du point où elle commence.

Aprr's la question des facultés de Tâme, objet de la première partie, la question qui s'est présentée a nous, au moment où nous sommes entrés dans la seconde , c'est la question de la nature des idées. Nous avons fait quelques pas; nous avons trouvé leurs sources, et presque en même temps leurs causes. Nous nous sommes arrêtés devant ces causes qui nous étaient déjà connues, puisqu'elles sont les facultés mômes de l'entendement. Quels rapports y a-t-il entre leurs effets ? quels rapports y a-t-il entre elles •? La curiosité nous a retenus devant ces sources. Viennent-elles toutes d'une seule et même source, ou seraient-elles sans

I. l^s effets produits par l'action des facultés de l'entendement , ce sont les idées sensibles, les idées intellectnelles et les idée» morales. Il y a, entre ces idées, des rapports de différence spécifique, au lieu qu'entre les facultés il y a. un rapport d'identité.

communication? Voilà ce que nous avons cherché à découvrir. Nous avons tout observé , tout examiné avec un graud soin ; plusieurs fois nous sommes revenus sur ce que nous avions vu, pour le mieux voir; enfln, après un travail qui peut-être n*a pas été sans quelque profit, ni peut-être aussi sans quelque agrément, loin de désirer le repos, nous avons senti le besoin d'avancer encore, et de faire Tétude des différentes classes auxquelles peuvent se rapporter nos connaissances.

Nous savons donc en quoi consiste la nature des idées. Nous savons oîi elles son t engagées , et comment on peut les dégager. Nous savons que nous les retrouverons facilement toutes les fois que nous voudrons nous en occuper, si nous les disposons avec ordre.

Mais, pour ordonner des idées, il faut les avoir : et on ne les a qu'autant qu'on les a faites. 11 s'agit donc de faire nos idées ^ de réaliser rintclligence. Jusqu'ici, vide et déserte, elle existe à peine : elle ne sera que lorsque nous l'aurons peuplée d'idées, d'images, de souvenirs; que lorsque nous l'aurons enrichie, et comme remplie des trésors de la connaissance et de la vérité. Les sources et les causes de rintelligence nous assurent qu'elle est possible. Les dérivations de ces sources, les effets de ces causes , lui donnent l'existence. Elle fera la gloire de celui qui la cultive, si, de bonne heure, il lui a confié les semences du beau et du bon; la honte de celui qui la néglige ou la déprave.

La philosophie a été donnée a l'esprit humain pour le défendre du mensonge et des préjugés , pour ne permettre ou ne conserver l'accès qu'aux idées vraies, aux

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notions éprouvées . A-t-elIe toujours été fidèle ^ cette mission? n'a-t-elle jamais été complice de Terreur? Ne confondons pas la philosophie avec les philosophes : disons plutôt comment il nous semble que ceux-ci devraient s'y prendre lorsqu'ils veulent faire, ou refaire, ou vérifier les idées. Je me bornerai \ un petit nombre de ces idées y et aux indications les plus sommaires.

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