Part I, leç. tiii
que nous remarquons en nous, et la condition, Je ne dis pas le principe * , de toutes celles que nous y remarquerons.
Placé au milieu de la nature, environne d'objets qui le frappent dans tout son ôtre , Thomme reçoit k chaque instant, par son corps, une infinité d'impressions , et, par son âme, une infinité de sensations.
Que résullera-t il de ces avertissemens qui ne cessent de Tinviter, qui semblent inôme vouloir le forcer a prendre connaissance de tant d'affections diverses , et des causes qui les produisent? que résultera-t-il de cette première manière de sentir?
Rien , si l'âme de l'iiomme est passive ; nos premières idées si elle est active, et, k leur suite, nos autres manières de sentir, nos autres idées ; en un mot , tous les trésors de l'intelligence.
Semblable aux corps inanimés, dont la première loi est de persévérer a jamais dans leur état actuel , a moins qu'une force étrangère ne vienne le changer, une âme purement passive conserverait invariables, et pendant toute la durée de son existence, les modifications qu'elle aurait une fois reçues. Et , puisqu il est vrai que le moment présent , celui qui fuit et celui qui va suivre nous trouvent toujours différens de nousmêmes, il faut qu'il existe une force dont l'énergie surmonte l'inertie des sensations. Mais, au lieu que la force qui fait passer les corps du mouvement au repos, ou du repos au mouvement, leur vient du