Part. I , leç, st
verrez encore dans ces idées qni nous représentent le passé, le présent, et môme Favenir, l'étonnante propriété par laquelle nous apercevons notre existence passée dans notre existence actuelle ; et vous chercherez à vous rendre raison de la mémoire.
Vous saisirez cette occasion pour restituer a Descartes une découverte que , mal a propos , on attribue à Locke : savoir, que nous ne connaissons le temps , ou la durée successive des êtres, que par la succession de nos idées et de nos pensées. Voici, en effet, ce que tout le monde peut lire dans Descartes.
Prius et poster i us durationis cvjuscumque mihi innotescit , per prius et posterius durationis successirœ quam in cof/itatione wed deprehendo.
« L'avant et l'après de toute durée m'est connu , par Tavaut et Faprès de la durée successive que je découvre en ma pensée*. »
Quand l'infini sera l'objet de vos méditations, vous prononcerez, sans balancer, que son idée doit avoir été précédée par celle du fini, puisqu'il suffit de, comparer entre eux deux objets inégaux , pour avoir l'idée de plus et de moins, l'idée de bornes, et par conséquent ridée du fini. Alors il faudra tâcher de vous expliquer comment Topinion contraire s'honore des noms les plus illustres; comment, pour obtenir l'idée du (ini, celle de Tinfini a paru indispensable a des esprits aussi éminens que Descartes, Malebrauche, Bossu'et, Fénelon, et a plusieurs autres grands philosophes.