I . Part. 1 , leq. xit
tion vive, mais instantanée, des yérités que nous avons établies. Sans doute, il n'ignorait pas, il ne pouvait pas ignorer les différentes sources de connaissauces qu'il recelait dans les trésors de sa sensibilité ; mais pour les constater explicitement , pour les compter, pour s* en assurer, il aurait eu besoin de Fanalyse : il lui a suffi qu'elles ne manquassent jamais a l'inspiration de son génie ^
Gondillac nous fournit un exemple non moins remarquable. La sensation , principe unique des idées et des facultés, et fondement inébranlable, selon lui, de sa pbilosopbie, remplit toutes ses pages. Chaque nouvel écrit atteste une coilviction plus grande; le passage même que je vais transcrire est donné comme une preuve.
« Lorsque Thémistoclc arrive aux jeux , le spectacle qui s'offre a lui n'est d'abord qu'un plaisir de sensation ; mais lorsqu'il remarque tous les regards qui se tournent sur lui , Salamine alors se présente à sa mémoire. Il voit l'amour des Grecs, la considération de l'étranger, son nom porté aux deux bouts de la terre et transmis à la postérité la plus reculée ; il semble que les sentimens de toute cette multitude qui l'environne, viennent se réunir en lui avec la promptitude du coup d'œil qui les exprime. Ce plaisir de réflexion est sans doute le plus délicieux , et c'est uniquement parce qu'il remue l'âme tout entière, au lieu que l'autre ne fait que l'effleurer '. »