‹ Leçons de philosophie sur les principes de l'intelligence, ou sur les causes et sur les origines des idéesChapitre 26 sur 93 · Part. I, leç · texte numérisé non relu

Part. I, leç

renferme ne mériterait pas le nom de système. Ce serait un assemblage d'élémens isolés dont les définitions et les explications ne pourraient être qu'arbitraires. Rien ne serait défini, rien ne serait expliqué ; le défaut de liaison ne permettrait pas à l'esprit de passer d'une idée à une autre idée ; et la mémoire se verrait obligée à des efforts continuels et souvent inutiles. On aurait une nomenclature ; on n'aurait pas un système.

Ce n’est pas assez, pour embrasser un système, d'avoir reconnu l'origine immédiate de chacune de ses parties. Si vous n'avez pas remarqué l’origine commune à toutes; si le lien qui unit un certain nombre de faits, ou d’idées, ou de méthodes, ne rattache pas tout à un fait primitif, à une idée première, à une méthode: fondamentale, à un principe enfin, le système manque de base, et ne peut se soutenir.

Toute science repose sur un principe‘. Celle qui, par une multitude innombrable de rapports, accablait notre faiblesse, va se simplifiant à mesure: que l'esprit en pénètre les différentes parties. Bientôt tout s’attire, tout se rapproche, tout s’unit, tout s’identifie; et la pluralité se perd dans l'unité.

Avec des principes, et le besoin de mettre quelque ordre dans nos idées, les connaissances dont l'acquisition effrayait le plus notre paresse n'offrent, dans leurs développemens successifs, qu’une suite de plaisirs.

Les premicrs principes, les vrais commencemens des sciences, sont dans les notions les plus communes. Les

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