Part. 11, leç. vins
sés ; celui dans lequel elle éprouve la sensation, et celui dans lequel elle agit ou réagit sur la sensation. C’est ce second état, et non le premier, qui constitue l'atten— tion ‘. |
(C) (page 62) La comparaison n’est donc qu'une double attention ; elle consiste dans deux sensations qu’on éprouve comme si on les éprouvait seules, et qui excluent toutes les autres.
Il est évident que si l'attention est autre chose qu’une sensation, la comparaison, c’est-à-dire la double attention, est autre chose qu’une double sensation.
(D) ( page 62.) « Nous ne pouvons comparer deux objets, ou éprouver, comme l’une à côté de l’autre, les deux sensations qu'ils font exclusivement sur nous, qu'aussitôt nous n’apercevions qu'ils se ressemblent ou qu'ils diffèrent. Or, apercevoir des ressemblances ou des différences, c'est juger. Le jugement n’est donc encore que sensalion. »
Cette conclusion a de quoi surprendre. De ce qu'on ne peut éprouver deux sensations sans apercevoir entre elles quelque ressemblance ou quelque différence, vous voulez que la perception de ce rapport, ou le jugement, soit sensation, ne soit que sensation? Il y a certainc— ment ici quelque idée mal démèlée.
je conviens qu’on dit sentir un rapport, et même qu'on sent en effet un rapport, qu’on sent des rapports ;
l. Part. 1, leç. iv.
mais , la manière dont on sent lorsqu'on aperçoit un rapport, n’est pas la manière dont on sent lorsqu'on éprouve une sensation.
Et d’abord, la sensation nous vient d’un objet extérieur qui la produit, ou plutôt qui l’occasione, et auquel elle correspond, Le sentiment de rapport ne correspond spécialement à aucun objet extérieur. Quand j'ai en même temps la sensation d’un arbre et celle d’une maison, à la sensation de l'arbre répond hors de moi un arbre, à la sensation de la maison répond hors de moi une maison; au sentiment de la différence qui se trouve entre l'arbre et la maison, ne répond hors de moi aucun objet individuel *.
Remarquez de plus que la sensation peut être un plaisir très-vif ou une très-forte douleur, supposés hors de l'âme; au lieu que le sentiment de rapport ne présente jamais ce caractère ?.
Le sentiment de rapport, la perception de rapport, la perception de ressemblance ou de différence, le jugement en un mot, n'est donc pas sensation,
Ce qui trompe, c’est que le mot sentir s’applique à deux phénomènes d’un ordre différent, aux sensations et aux rapports; mais en s'appliquant ainsi à deux phénomènes qui diffèrent de nature, il faut nécessairement qu’il prenne deux acceptions différentes. |
Le mot séntir prend encore d’autres acceptions que
- vous connaissez peut-être, mais que vous croyez ignorer.
Qu'il me soit permis ici de dire par anticipation, ef