Part. 11, leç. 111, 1v et sui
Il y a done ici lacune, et solution de continuité. En allant du malaise à l'inquiétude, on ne va pas du même au même, comme nous venons de voir qu’on ne va pas du même au même en allant de deux sensations à la perception de rapport, ou au jugement, et comme encore on ne va pas du même au même en allant de la sensation à l'attention.
Le principe d'où part Condillac dans son analyse des facultés de l’âme n’est donc pas un principe de facultés : et la chaîne de son analyse ou de son raisonnement paraît rompue trois fois.
À ces remarques sur la Logique de Condillac, j'ajouterai l'examen d’un passage de son Traité des Sensations. Comme ce passage est très-court, et qu'il ren— ferme toute la difficulté, vous découvrirez plus facilement l'erreur si elle existe, ou les vices du langage, si l’auteur s’est mal exprimé, ou enfin le peu de fondement de ma critique si elle porte à faux. Voici le passage : |
« À la première odeur, la capacité de sentir de notre statue est tout entière à l'impression qui se fait sur son organe : voilà ce que j'appelle attention". »
Vous appelez attention la modification prodyite dans âme par l'impression d’un corps odoriférant sur l’odorat! on est libre dans ses appellations ; mais donner à une impression reçue, à un phénomène passif, un nom qui réveille nécessairement l'idée d'action, n'est-ce pas renoncer à vouloir être compris ?