De la nature hinnaine
tant d’actes de cette faculté, et dont il fait une longue énumération.
Hobbes a substitué, d’après les philosophes grecs antérieurs à Aristote, la faculté de connaitre et celle de se mouvoir, à ce que, depuis, on a appelé entendement et volonté.
Mais, 1° la volonté, et la faculté de se mouvoir, qui, suivant Hobbes, est la puissance qu’a l’âme de mouvoir le corps, ne sont pas une même chose : l’âme, en supposant qu’elle ait la puissance de mouvoir les parties du corps, peut les mouvoir volontairement ou involontairement ; 2° la sensibilité n’est pas une faculté ; 3° la mémoire n’est pas une faculté; 4° l’énumération des vices et des vertus, que Hobbes rapporte à la faculté de se mouvoir, n’est pas une énumération d'autant de facultés.
Locke sera-t-il plus heureux? Écoutons ce qu’il nous dit dans son Essai sur l’Entendement.
« Il y a deux grandes et principales actions de notre âme, dont on parle le plus ordinairement. Ces deux actions sont la perception, ou la puissance de penser, et la volonté, ou la puissance de vouloir; ou, comme on les appelle ordinairement, l’entendement et la vo lonté. Ces deux puissances, ou dispositions, s'appellent du nom de facultés. J'aurai occasion de parler, dans la suite, de quelques-uns des modes de ces idées simples, comme se ressouvenir des idées, les discerner ou distinguer, raisonner, juger, connaître, etc. »
Il est surprenant qu'un aussi bon esprit que Locke n'ait vu dans l'entendement et dans la volonté, que
deux idées simples; ou, pour le dire avec plus d’exactitude, qu’il ait cru pouvoir se représenter l’entendement et la volonté, par deux idées simples :
4° L'idée de l’entendement se compose de trois idées : celle de l'attention, celle de la comparaison et celle : du raisonnement, puisqu’en effet nous acquérons des connaissañces et que nous les entendons, si on peut le dire, par ces trois moyens. L’idée de la volonté se compose également de (rois idées : celle du désir, celle de la préférence et celle de la liberté ;
2° Locke se propose de parler des différens modes de ces idées : donc elles ne sont pas simples ;
3° Se ressouvenir, discerner, juger, connaître, ne sont pas des facultés, mais le résultat de l’action des facultés.
On dira peut-être que l’idée de puissance est une idée simple; et que, par conséquent, Locke était fondé à regarder comme simples aussi les idées de l’entendement et de la volonté.
Je réponds que l’idée de l’entendement et celle de la volonté ne sont pas seulement l’idée de puissance, mais, chacune, l’idée de puissance s’exerçant ou pouvant s’exercer de trois manières différentes.
Charles Bonnet a écrit un ouvrage sous le titre d’Essai analytique sur les facultés de l’âme. Voici les facultés qu’il reconnaît, et l’ordre dans lequel il les dispose :
Entendement, volonté, liberté ';
Sentiment, pensée, volonté, action * ;
{. Préface, pag. 16.