Œuvres de Diderot
Le motif qui a fait considérer le jugement comme une faculté parallèle à Pentendement et à la volonté, c’est qu’il a paru tenir de la nature de ces deux facultés. L’emmbarras de le rapporter à lune plutôt qu’à l’autre, l’a fait classer à part; et on a eu trois facultés principales, l’entendement, la volonté, le jugement ; on-en à eu quatre, quand on y a joint la sensibilité ; cinq, quand on y a joint encore l’imagination.
Il n’y avait là aucune difticulté réelle, aucune incertitude. Le jugement, n'étant pas une faculté, ne doit pas être classé parmi les facultés.
Mais est-il bien vrai, comme nous le supposons toujours, que le jugement et la mémoire ne soient.pas des facultés? N’entre-t-il donc aucune action dans le jüugement? et n’éprouvons-nous pas un sentiment d'effort quand nous cherchons à rappeler ou à retrouver une idée ?
J'ai déjà répondu à ces questions !; j’ajouterai ici qu'il est iñcontestable, sans doute, que pour juger nous sommes toujours actifs ; mais cette activité n’appartient pas au jugement : elle appartient, ou à la comparaison qui amène le jugement, ou à la volonté qui le sollicite, ou à l'affirmation qui le prononce. Le jugement, la perception de rapport, suppose une action antérieure de l'esprit; mais il n’est pas cette action, il en est le résultat. |
Quant à la contention et à l'espèce d’eflort que nous faisons pour retrouver une idée perdue, ce travail ap-