XL
pas, si l’on pouvait. définir tous les mots d’une définition, et encore tous ceux qui serviraient à définir chacun de ces premiers mots, et toujours de même sans jamais s'arrêter.
Il y a donc nécessairement des mots qu’on ne peut plus délinir, des mots qu’on ne peut pas représenter par un assemblage d’autres mots.
Or, ces mots primitifs ne pouvant pas être définis, comment en expliquer la signification ? le moyen est très-simple. 11 faut montrer l’objet dont ils sont le nom, lorsque cet objet peut être montré ; et lorsque cet objet ne tombe pas sous les sens, lorsqu'il s’agit d’une simple affection de l’âme, il faut placer les autres dans les mêmes circonstances où nous avons éprouvé celte af— fection. L'objet étant ainsi connu, le nom sera parfaitement déterminé, sans qu'il soit besoin d’une explication verbale ultérieure,
. C’est une chose inévitable que, dans les langues, il y
ait des mots qui se refusent à toute définition. Mais ce n’est pas là un inconvénient ; au contraire : si l’on pouvait toujours définir, rien ne serait réellement délini, puisque toutes les définitions en supposeraient d’antérieures et manqueraient, par conséquent, de base. -
Il semble donc qu’il y a quelque chose à reprendre au passage suivant de Pascal : « En poussant les re— cherches de plus en plus, on arrive nécessairement à des mots qu’on ne peut plus définir, et à des principes si clairs qu’on n’en trouve plus qui le soient davantage : d'où il paraît que les hommes sont dans une impuissance naturelle et immuable de traiter quelque