XIV: Leçon. Des opinions des pRHlosophes sur les s faculles
de l'âme.
A quoi se réduit tout ce que nous avons appris jusqu’à ce mo-
ment. — Exposé succinct du système des facultés de l’âme. — Nouvelle preuve. — Réflexion sur la langue dont nous nous sommes servis. — Les mêmes mots prennent plusieurs acceptions. — Difficultés que présentait la découverte du système des facultés de Fâme. — Critique générale de la manière dont les philosophes ont traité la question des facultés de l’âme. — Critique particulière des divers philosopbes, Aristote, Bacon, Descartes, Hobbes , Locke, Bonnet, de Brosses, Vauvenargues, Diderot, etc. Objection relalive aux changemens que nous avons faits à la langue. Réponse.
losophie. . . .
Combien les philosophes sont peu d’accord entre eux sur ce
TABLE DES MATIRRES.
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qu’ils appellent la vérité. — Ils ne le sont pas davantage sur la manière de la chercher. -— Nous devons avoir appris jusqu’à un certain point à les lire et à les juger. — Examen d'un passage de Pascal , relatif aux définitions ; d'un passage de Buffon, relatif à la nature de la pensée; et d’un passage de Voltaire, relatif à l’origine des facultés de l'âme.
Discours sur l'identité dans le raisonnement. ‘Nore de l'éditeur. .
L'art, attribut de l’homme. — Le raisonnement ou l’art de | la raison, le premier des arts, celui dont tous les autres | ne sont que les instrumens. — Ce que c’est que raisonner.
— Le raisonnement dépend du langage. — Coup d’œil sur
l'origine, le caractère et la diversité des langues. — La
pensée, naturellement indivisible, se distribue en plusieurs
parties à l’aide des signes du langage d'action. — Ce lan-
gage se compose d’accens et de gestes, parce que nous
sommes un composé de sentimens et d'idées. — Les accens donnent naissance à la parole; les gestes à l'écriture. i — La parole montre d’une manière successive les pensées et les affections ; le langage d’action les présente à la fois. — ]l faut que l’action se décompose elle-même pour devenir analytique. — La parole, analytique par sa nature , ne présente de tableaux que lorsqu'elle est secourue par la mémoire. — L'écriture fixe les sons et les idées ; elle est la langue de la philosophie, parce qu’elle est celle des longues méditations et de la sagesse. — Le langage d’action est uniforme en lui-même, la parole et l’écriture offrent des variétés à l'infini. — Les langues considérées sous le point de vue logique, — Entre un mot et un mot d’une même langue, il ne peut pas au fond y avoir synonymie complète et totale, mais il peut y avoir synonymie partielle. — Entre un mot et un assemblage de mots la synonymie peut être totale comme elle peut être partielle.
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-— Ce que la grammaire appelle synonymie la logique
l'appelle identité, et de même qu'on distingue deux espèces de synonymie, on distingue aussi deux espèces d’identité, l’identité totale et l'identité partielle. — Sur cette double identité se fonde toute la logique. — Puisque l’identité est la base du raisonnement, il faut s’en faire une idée juste. — L'identité, qu'elle soit totale ou partielle, n’est que l’unité d'idée dans la variété des expressions. — Exemples d’identité empruntés à Buffon, Molière, Rousseau. — L'identité est pour nos raisonnemens la véritable marque de la certitude , parce qu’elle en est la véritable règle. — Condillac a le premier donné la théorie du raisonnement. — Avant lui on l’avait entrevue, mais seulement entrevue. — Ce que c’est que prouver. — L’analyse n’est qu’une suite de substitutions ; et les substitutions sont des traductions où l'on passe du connu à l’inconnu , parce que l'inconnu est la même chose que le connu. -— Ce que c’est que les idées moyennes el à quoi elles servent. — Aucun philosophe n’a indiqué où l’on peut les trouver. — On doit les chercher dans le sujet de la proposition. — Il s’agit donc de bien connaître le sujet de la proposition. — Et comme on ne peut le bien connaître qu'en l’analysant, c’est l'analyse qui nous donne les idées moyennes. — C’est donc à l’analyse que nous devons le pouvoir de raisonner, ou plutôt l'analyse et le raisonnement sont une seule et même chose. — Ce que la philosophie entend par le mot inspiration.