‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 10 sur 158 · ZO · texte numérisé non relu

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22. Le liquide qui contient en dissolution ou en suspension les substances nutritives qui résultent de la digestion traverse la couche extrêmement mince du tissu mou et perméable qui sépare la cavité du canal alimentaire des cavités des innombrables vaisseaux capillaires qui sont situés dans les parois de ce canal, et pénètrent dans le sang dont ces capillaires sont remplis. Entraîné par le courant de la circulation, le sang, chargé de substances nutritives, entre dans le cœur et est envoyé de là à tous les organes de l’économie. A ces organes, il fournit le nutriment dont il est chargé ; il leur enlève les résidus provenant de l’usure, et finalement retourne au cœur par les veines, chargé des excrétions inutiles et nuisibles qui, tôt ou tard, finissent par prendre la forme d’eau, d’acide carbonique et d’urée.

25. Ces matières excrétées ou excrémentitielles sont séparées du corps par les organes excréteurs, qui sont au nombre de trois : la peau, les poumons et les reins.

Si divers que puissent être ces organes en apparence, ils sont construits sur un seul et même principe. Chacun d’eux, en dernière analyse, consiste en une couche très-mince, semblable au papier brouillard, dont l'une des faces, qui. est libre, tapisse une cavité qui est en communication avec l’air extérieur, tandis que l’autre est en contact avec le sang qui doit être purifié.

Les matières à excréter sont extraites du sang à travers celte couche délicate de tissu filtrant, et conduites sur sa surface libre, d’où elles s’échappent.

Chacun de ces organes élimine les mêmes produits, savoir : de l’eau, de l’acide carbonique et de l’urée, ou quelque composé azoté de la même provenance. Mais cette élimination se fait en proportions variées; la peau élimine beaucoup d’eau, peu d’acide carbonique et encore moins d’urée ; les poumons, beaucoup d’eau et d’acide carboni-

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que, et une petite quantité d'urée (ou d’ammoniaque, qui est l’un des produits de la décomposition de l’urée); les reins, beaucoup d’eau, beaucoup d’urée et une fort petite quantité d’acide carbonique.

24. Mais les poumons jouent un double rôle, car ils sont non-seulement éliminateurs des résidus ou produits excrémenlitiels, mais importateurs dans l’économie d’une substance, qui n’est exactement ni aliment, ni boisson, mais qui est aussi important que l’un et l'autre, savoir, Y oxygène. C’est l’oxygène qui est le grand épurateur de l’économie. Introduit par le sang, dans lequel il est absorbé, jusqu’aux parties les plus reculées de l’organisme, il s’attache aux molécules organiques qui sont hors d’usage, s’empare de leurs éléments et se combine avec eux sous des formes nouvelles et plus simples, l’acide carbonique, l’eau et l’urée.

L’oxydation ou , en d’autres termes, la combustion de ces matériaux usés, produit une quantité de chaleur aussi efficace que le feu pour élever le sang à la température de 40° centigr.; et ce liquide chaud, incessamment renouvelé dans toutes les parties du corps par le courant de la circulation, réchauffe l'organisme de la même façon qu’une cuisine est chauffée à l’aide d’un calorifère à eau.

25. Mais les procédée d’alimentation, de distribution ou circulation, d’excrétion et de combustion seraient plus qu’inutiles s'ils ne s’effectuaient réciproquement dans des proportions régulières. L’état d’équilibre physiologique pour être maintenu exige que, non-seulement la quantité d’aliments ingérés soit au moins équivalente à la quantité de matière excrétée, mais que ces aliments soient distribués avec la rapidité convenable au siège de chaque déperdition locale. Le système circulatoire fait l'office de l'intendance générale dans l’armée physiologique.

En outre, si le corps doit être maintenu à une tempéra-

turc sensiblement égale alors que celle de l’almosphère est constamment variable, la marche de l’appareil de chauffage à l’eau doit être soigneusement réglée.

En d’autres termes, un organe régulateur doit être ajouté à la liste de ceux que nous avons mentionnés jusqu’ici ; et cet organe, c’est le système nerveux, qui possède non-seulement la faculté dont nous avons parlé de mouvoir nos membres et de sentir le monde extérieur, mais encore nous met au courant du besoin d’aliments et nous permet de distinguer les substances nutritives de celles qui ne le sont pas ; de développer les actions musculaires nécessaires pour prendre, tuer et cuire, guider nos mains vers nos bouches et gouverner les mouvements des mâchoires et du canal alimentaire. Par le système nerveux, le travail du cœur est régulièrement proportionné, le calibre des vaisseaux distributeurs est régularisé de façon à gouverner indirectement les procédés d’excrétion et de combustion. Mais ceux-ci sont plus directement influencés par d’autres actes du système nerveux.

26. Les diverses fonctions que nous avons jusqu’ici brièvement décrites constituent la plus grande partie de celles qui sont appelées actions vitales du corps humain, et aussi longtemps qu’elles s’exécutent on dit que le corps possède la vie. La cessation de ces fonctions eBt ce qui est ordinairement appelé la mort.

Mais il y a en réalité plusieurs genres de mort qui tout d’abord peuvent être distingués sous les deux titres de mort locale et de mort générale.

27. La mort locale ou partielle s’accomplit à tout moment dans la plupart; sinon dans toutes les parties du corps vivant. Ghacune des cellules de l’épiderme et de l’épithélium meurt incessamment, est détachée et remplacée par d’autres qui, à leur tour; abandonnent l’existence corn-

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