HALLUCINATIONS
venir. Elle crut qu’il l'appelait de la porte pour la prier d'ouvrir, ce qu'elle fit ; elle fut très-surprise de ne voir personne. En retournant devant le feu elle entendit la même voix l'appeler distinctement et fortement. Elle ouvrit ensuite deux autres portes de la même chambre et ne voyant personne elle retourna devant le feu ; quelques moments après elle entendit la même voix appelant encore «A moi, accourez! » d'un ton élevé plaintif et impatient; elle répondit sur le même ton * Où êtes-vous? » mais ne recevant pas de réponse, elle quitta la chambre. Au retour de monsieur A., une demie-heure après, environ, elle s’enquit de la raison pour laquelle il l’avait si souvent appelée, où il était et elle apprit qu’il avait été éloigné de la maison tout le temps. Une hallucination analogue qui n'excita pas d'attention à celle époque survint à madame A... pendant son séjour à Florence dix ans auparavant alors qu’elle jouissait d'une parfaite santé. Pendant qu’elle se déshabillait après avoir assisté à un bal elle avait entendu une voix l’appeler plusieurs fois et distinctement par son nom, et elle fut à cette époque incapable de se l’expliquer.
2. Une autre hallucination d’un caractère plus alarmant survint ensuite à madame A... dix jours après, à quatre heures de l’après-midi. Madame A... en rentrant dans son salon qu'elle venait de quitter vit une personne qu'elle prit pour son mari et qui se tenait debout le dos tourné au l'eu. Comme il était sorti pour faire une promenade environ une demi-heure auparavant, elle fut surprise de le voir et lui demanda pourquoi il était revenu aussi vite. Cette apparition la regarda fixement avec une expression sérieuse et triste ; supposant que son esprit était absorbé, elle s'assit dans un fauteuil près du feu, à deux pieds au plus de sa vision, qui se tenait toujours devant elle. Cependant comme ses yeux continuaient à la regarder, elle dit au bout de quelques instants : « Pourquoi ne parlez-vous pas? » L'apparition se dirigea immédiatement vers la fenêtre, à l'autre bout de la chambre avec ses yeux encore fixés sur elle, et, ce faisant, elle passa si prés de M.A. qu'elle fut saisie de n'entendre ni pas ni bruit, et de ne sentir aucuns agitation de l'air.
Quoiqn’t^P'fùl convaincue que celte image n'était pas celle de son mari, elle ne supposa pas un moment qu’il y eût rien là de surnaturel et fut bientôt convaincue qu’il s’agissait d'une
illusion spectrale. Aussitôt que cette conviction se fut établie dans son esprit, elle se souvint de l'expérience que je lui avais suggérée de tenter de toucher l’objet; mais avant qu’elle fût distinctement en état de le faire, l’image s’était retirée vers la fenêtre où elle disparut. Madame A... la suivit immédiatement secoua les rideaux et examina la fenêtre... mais reconnaissant que cette apparition n'avait eu aucun moyen naturel de s’échapper, elle resta convaincue qu’elle avait eu une hallucination et n'en éprouva ni alarme ni crainte. La vision avait été si distincte qu'elle cachait les objets réels situés par derrière...
5. Madame A... eut une nouvelle hallucination quelques jours plus tard en présence de son mari. Vers 10 heures du soir elle vit distinctement un chat sur le tapis du salon où cet animal n'entrait jamais. Aux questions de son mari, madame A. désigne exactement la place où elle voyait le chat ; sur les négations répétées de M. A... madame A... suivit cette vision et la vit disparaître sous une chaise. Mais la chaise fut soulevée et la chambre fouillée en tous sens sans qu’on y découvrit de chat. 11 fut établi que les deux animaux de cette espèce qui habitaient la maison se trouvaient à ce moment dans la chambre de la femme de charge.
4. Un mois après madame A... qui faisait sa toilette du soir vers onze heures, fatiguée mais parfaitement éveillée, vit dans son miroir l’image d’un parent qui se trouvait à ce moment en Écosse en parfaite santé. Cette image se présentait au-dessus de son épaule gauche enveloppée d'un linceul étroitement épinglé autour du corps et sous le menton. Madame A... décrit la sensation qu'elle éprouva en ce moment comme une sorte de fascination qui la forçait à considérer celte apparition mélancolique, distincte et vivace, pleinement éclairée par la lumière de sa table de toilette. Après quelques minutesmadame A... se retourna pour considérer la réalité de cette image, mais elle ne la vit point et l’image elle-même avait disparu, quand elle regarda de nouveau dans son miroir...
7. Le 17 mars suivant, madame A... prenait uwP^le pieds chaud, elle songeait à un passage saisissant qu'elle avait lu dans VEdinburgli lieview et s’en répétait les ternies, lorsqu’on levant