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ILLUSIONS D’OPTIQUE

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proviennent de i’odeur ou du goût, mais l’audition est une source ferlile en erreurs de ce genre.

Ce que l’on appelle ventriloquisnie (ou parler du ventre) et qui souvent est attribué à un soi-disant pouvoir mystérieux qui produit la voix ailleurs que dans le larynx dépend entièrement del'exactitudeaveclaquelle l’exécutant peut simuler des sons d’un caractère particulier et de l’habileté avec laquelle il peut suggérer des opinions, quant aux causesde ces sons. Ainsi, si le ventriloque désire faire naître l’idée qu’une voix sort des entrailles de la terre, il imite avec une grande exactitude le son de voix à moitié étouffées et suggère l’existence d’une personne qui les prononce en dirigeant ses réponses et ses gestes vers le sol. Ces gestes et ces sons ressemblent à ceux qui seraient réellement produits par une cause donnée, et l'esprit du spectateur, en l’absence de toute autre cause apparente, croit insensiblement à l’existence de la cause suggérée.

9. Les erreurs de jugement qui proviennent du sens de la vue, les illusions d'optique sont plus nombreuses que les autres, parce qu’un grand nombre des sensations que nous croyons être simplement visuelles sont en réalité des sensations composées et très-complexes de sensations visuelles et factices et d’appréciations et souvenirs de sensations et de jugements antérieurs.

Il sera instructif d’analyser quelques-uns de ces jugements dans leurs principes et d’expliquer les illusions par l’application de ces principes.

10. Quand par le toucher on sent un corps en un lieu donné, l'image de ce corps tombe sur un point de la rétine qui se trouveà une extrémité d’une ligne droite tracée entre ce corps et la rétine et qui traverse un point particulier du centre de l’œil. Cette ligne droite s’appelle l’axe optique.

Réciproquement, quand une partie quelconque de la

surface i le la rétine est excitée, la sensation lumineuse est rapportée par l'esprit à quelque point extérieur du corps dans la direction de l’axe optique.

C'est pour celle raison que, quanti un phosphène est provoqué par la pression sur le côté inférieur et externe du globe de l’œil, par exemple, l’image lumineuse parait se trouver au-dessus et sur le côté interne de l’œil, tout objet extérieur qui peut produire la sensation de lumière dans la partie de la rétine qui est pressée, doit en effet occuper ce lieu ; de là l’esprit rapporte la lumière vue à un objet situé en ce lieu.

11. I.e même genre d’explication est applicable à l’apparent paradoxe que, tandis que toutes les images des objets extérieur sont certainement renversées sur la rétine par l’action des milieux réfringents de l’œil, nous les voyons cependant droits. On comprend difficilement ce fait, si l’on ne réfléchit pas que la rétine n’a en soi aucun moyen d’indiquer à l’esprit quelle est celle de ses parties qui est en bas, quelle est celle qui est en haut ; l’esprit apprend à désigner une impression sur la rétine haute ou basse, droite ou gauche, simplement en raison de l’association de cette impression avec certaines impressions tactiles coïncidentes. En d’autres termes, quand une partie de la rétine est affectée, l’objet qui provoque cette affection se trouve être près de la main droite ; quand c’est une autre partie de la rétine, cet objet se trouve être près de la gauche ; quand c'est une autre partie, la main doit être soulevée pour atteindre l’objet, et quand c’est encore une autre partie, elle doit être abaissée. C’est ainsi que les diverses impressions faites sur la rétine s’appellent droites, gauches, supérieures , inférieures , tout à fait indépendamment de leurs positions réelles, dont l’esprit n’a et ne peut avoir aucune connaissance;

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