‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 120 sur 158 · VISIONS MULTIPLES · texte numérisé non relu

VISIONS MULTIPLES

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12. Quand un corps extérieur est reconnu au toucher comme simple, il ne forme qu'une image sur la rétine d'un œil simple; et quand deux ou plusieurs images tombent sur la rétine d'un œil simple , ils proviennent ordinairement d'un nombre correspondant de corps qui sont distincts au toucher.

Réciproquement, la sensation de deux ou plusieurs images. est jugée par l’esprit provenir de deux ou plusieurs objets.

Si deux trous d épingles sont pratiqués dans un morceau de carton à une distance moindre que le diamètre de la pupille et que l’on place ensuite très-près de l’œil un petit objet, tel que la tète d’une épingle, si l’on regarde celte tète d’épingle à travers les trous, on apercevra deux images. La raison en est de ce que les rayons lumineux qui proviennent de la tête de l’épingle sont divisés par la carte en deux petits pinceaux de lumière qui arrivent à l’œil de chaque côté du centre et ne peuvent être réunis on foyer en raison du rapprochement de l’épingle de l’œil. Il s’cn suit qu elles tombent sur différentes parties de la rétine et que chaque pinceau étant très-petit fait de soi-même une image parfaitement dislincte sur la rétine; chacune de ces images est rapportée extérieurement dans la direction de l’axe optique approprié (g 10) et l'on voit deux tètes d’épingle au lieu d’une. Une explication analogue peut s’appliquer aux verres multiplicateurs et aux cristaux à double réfraction qui, chacun à leur manière, divisent les pinceaux lumineux provenant d’un objet simple en deux ou plusieurs faisceaux. Ils donnent lieu à un même nombre d’images chacune desquelles est rapportée par l’esprit à un objet distinct.

13. Certains phénomènes visuels acccompagnent ordinairement ceux qui résultent des sensations tactiles aux-

quelles nous donnons le nom de volume de distance et de fo. me. Ainsi, toutes choses d'ailleurs égales, la portion de retine recouverte par l’image d’un gros objet est plus grande que celle qui est recouverte par l'image d'un petit objet; la portion recouverte par l’image d'un objet rapproché est plus gramle que celle qui est recouverte par l'image d’un objet éloigné et, toutes choses d ailleurs égales, un objet voisin est plus brillant qu'un objet distant. Déplus les images des objets diffèrent des formes de leurs surfaces telles que le détermine les toucher.

Réciproquement, si ces phénomènes visuels peuvent se produire, ils suggèrent inévitablement la croyance à l’existence d'objets suffisants pour produire les sensations tactiles correspondantes.

Ce que l’on appelle perspective solide ou aérienne en dessin ou en peinture repose sur l’application de ces principes. C’est une espèce de ventriloquisme visuel. Le peintre met sur sa toile tout ce qu’il faut pour produire sur la rétine des images qui ont la forme, le volume relatif et l’intensité lumineuse de celles qui seraient produites parles objets naturels eux-mêmes. Et pour autant que le succès d’un tableau dépend de l’imitation, il dépend de l’étroitesse de la ressemblance entre les images qu’il produit sur la rétine et celles qui seraient produites par les objets représentés.

14. Pour la plupart des gens, l’image d'une épingle à cinq ou six pouces de l’œil semble confuse et indistincte, l’œil n’étant pas capable de s’ajuster à un foyer aussi court. Si l’on fait un pelit trou dans un morceau de carton, les rayons de la circonférence qui déterminent la confusion sont coupés et l image devient plus distincte. Mais en même temps elle est agrandie, parce que l'image de l’épingle occupe sur la rétine un espace beaucoup plus

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