‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 127 sur 158 · RACINES DES NERFS · texte numérisé non relu

RACINES DES NERFS

dire qu’aucun des muscles auxquels le nerf se distribue ne se contractera, mais qu’une douleur intense est rapportée à l’aire de la peau à laquelle les fibres nerveuses se distribuent.

8. D’après ces expériences, il est évident que la faculté de provoqueras contractions musculaires que possède un nerf de la moelle est localisée tout entière dans les fibres qui composent ses racines antérieures et la faculté de donner naissance à des sensations dans les fibres des racines postérieures. C’est pourquoi les racines antérieures sont appelées d’ordinaire motrices, les postérieures, sensitives.

Cette théorie peut être démontrée autrement. Si l’on coupe sur un animal vivant les racines antérieures d’un nerf rachidien, cet animal perd toute influence sur les muscles auxquels ce nerf se distribue, quoique la sensibilité de la région de la peau auquel ce nerf se distribue soit intacte. Si l’on coupe les racines postérieures, la sensation s’abolit, mais les mouvements musculaires persistent. Mais, si les deux racines sont coupées, ni le mouvement volontaire ni la sensibilité ne persistent dans les régions auxquelles le nerf se distribue, les muscles sont dits paralysés, et l’on peut couper ou brûler la peau sans provoquer aucune sensation.

Si, quand les deux racines sont coupées, l’extrémité des racines motrices qui reste attachée aUx nerfs ( bout central) est irritée, les muscles se contractent; mais si c'est l’extrémité qui reste attachée à la moelle que l’on irrite, il ne se produit aucun effet appréciable. D’autre part, si l’extrémité de la racine sensitive qui fait partie du nerf coupé (bout périphérique) est irritée, on n’obtient aucun résultat, tandis que si c’est l’extrémité qui reste attachée à la moelle (bout central), une douleur intense s’en suivra immédiatement*

Quand même aucun effet apparent ne suit l’irritation d’un nerf, il n’est pas probable qu’aucun changement ne s’effectue dans les molécules de ce nerf. Il parait, au contraire, que les mêmes modifications se présentent dans tous les cas; mais un nerf moteur n’est en relation avec aucun organe qui puisse rendre ce changement manifeste, à l’exception du muscle, et un nerf sensible avec rien qui puisse rendre un effet quelconque, excepté avec le système nerveux central.

9. On remarquera que, dans toutes les expériences que nous mentionnons, il y a des preuves que quand un nerf est irrité, un quelque chose, probablement un changement dans le groupement de ses molécules se propage le long des fibres nerveuses. Si un nerf moteur ou sensitif est irrité sur un point quelconque, ou une contraction du muscle, ou une sensation de l’organe nerveux central s’en suivront immédiatement. Mais si le nerf est coupé, ou même étroitement serré sur un point quelconque entre la partie irritée et le muscle ou l’organe central, cet effet cessera tout d'un coup, de même que la section d’un fil télégraphique interrompra la transmission du courant ou de l’impulsion électrique. Quand un membre est ce que nous appelons endormi (fourmillements), c’est parce que les nerfs qui S’y distribuent ont été soumis à une pression suffisante pour détruire la continuité nerveuse des fibres 1 , nous perdons

* Nous disons leur continuité nerveuse, parce que leur continuité physique n’est pas interrompue dans l’ensemble, mais seulement dans la substance conductrice de l'influx nerveux; il se peut aussi que ce ne soit que le pouvoir conducteur d'yne partie de cette substance qui soit affecté. Imaginez un câble télégraphique composé de tubes en caoutchouc délicats remplis de mercure une pression sur les tubes interromprait la continuité électrique du câble sans interrompre, sans détruire sa continuité physique. Cette comparaison peut n’êlre point exacte, mais elle aide à comprendre les phénomènes nerveux.

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