NERFS AFFÉRENTS ET EFFÉRENTS
tout contrôle volontaire sur ce membre, et toute sensation locale et les pouvoirs ne sont graduellement restitués que quand la continuité nerveuse est rétablie.
Étant arrivé à la notion d'une impulsion qui voyage le long des nerfs, nous passons aisément à la conception d'un nerf sensitif qui, à l’état d’activité, transmet une impulsion à l’organe central; ce nerf est afferent ou centripète; nous concevons aussi un nerf moteur qui transmet une impulsion de cet organe central ans membres. Ce nerf est efférent ou centrifuge. Il est très-commode de se servir de ces termes pour qualifier les deux grands ordres de nerfs; car, ainsi que nous le verrons (g 12), il y a des nerfs afférents, ou centripètes, qui ne sont pas sensitifs, et il peut y avoir chez l’homme, — il y certainement chez les animaux, — des nerfs efférents, ou centrifuges, qui ne sont pas moteurs, au moins dans le sens qui impliquerait une contraction musculaire. Tels sont, par exemple, les nerfs à l’aide desquels les poissons électriques donnent des décharges électriques qui proviennent d’organes particuliers auxquels ces nerfs se distribuent.
10. 11 n’y aucune différence dans les caractères physiques et chimiques des nerfs efférents et afférents. L’impulsion qui voyage le long de leurs fibres demande un certain temps pour se propager et est beaucoup plus lente que plusieurs autres forces, plus lente même que le son.
On a trouvé que, pendant la vie, le tronc d’un nerf est dans un certain état d’activité électrique, car les extrémités d'un segment quelconque sont dans des conditions de polarisation différentes de sa surface. Si donc l’un des pôles d’un galvanomètre est mis en rapport avec l’extrémité d'un nerf coupé de la sorte et l'autre pôle avec sa surface, un courant se produit et l’aiguille du galvanomètre dévie d’une certaine quantité, disons 20". Si , dans ces circonstances,
le nerf est irrité (ce qui aura pour résultat la propagation d’une impulsion le long de ses molécules), la déviation de l'aiguille diminue subitement et tombe, par exemple, à \ 5".
Cela s’appelle la déviation négative, et l’importance de celle expérience consiste dans la démonstration quelle donne de l’existence d’une relation étroite entre la force propre à la substance nerveuse et l’une des forces ordinaires de la nature, l’électricité, quoique cette étroite relation ne puisse aucunement être confondue avec l’identité.
H. Jusqu’ici nos expériences ont été limitées aux nerfs. Nous pouvons, par les mêmes procédés, vérifier les propriétés de la moelle épinière. Si la molle est coupée en travers (au milieu du dos, par exemple), les jambes et toutes les parties du corps auxquelles se distribuent les nerfs qui sortent en dessous delà section seront rendues insensibles et aucun effort de la volonté ne pourra les mettre en mouvement, tandis que toutes les parties situées au-dessus de la section conserveront leurs facultés ordinaires.
Quand un homme reçoit une contusion sur le dos, la moelle est souvent endommagée, au point qu’elle est virtuellement coupée en deux, et alors la paralysie et l’insen. sibilité des régions inférieures survient.
Si, lorsque la moelle épinière est coupée en travers chez un animal, le bout coupé de la portion inférieure — celle qui est séparée du cerveau — est irrité, des mouvements violents se produisent dans tous les muscles auxquels des nerfs sont fournis par la portion inférieure de la moelle, mais on n’y détermine aucune sensation. D’autre part, si l’on irrite la racine postérieure d’un nerf quelconque attaché à la partie de la moelle qui conserve ses rapports avec le cerveau, on produit des douleurs très-vives, mais on n’observe aucun mouvement des muscles de la région situèé au-dessous de la section.