‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 16 sur 158 · VALVULES DES VEINES · texte numérisé non relu

VALVULES DES VEINES

Ccci constitue une grande différence entre les grosses veines et les grosses artères ; une autre différence est l’existence de valvules dans l'intérieur d'un grand nombre de veines, spécialement dans celles qui se distribuent aux régions musculaires du corps.

4. Ces valvules sont des replis en forme de poches de la tunique interne des veines. Le fond de celte poche est dirigé vers les capillaires dans lesquels les veines s’ouvrent ; le bord libre de la poche est tourné dans l'autre sens, c’est-à-dire vers le cœur. L’effet de ces poches est d’empêcher le passage d’un liquide dans la direction du cœur vers les capillaires, tandis qu’elles ne s'opposent point au cours de ce liquide vers le cœur (fig. 7). L’action de

C Il

Fig. 1.

Sections diagrammaliques des veines munies de valvules. Dans la première, on a supposé que le sang coulait dans la direction de la flèche, vers le cœur; dans la seconde, la direction est contraire. C, côté des capillaires; II, côté du cœur.

quelques-unes de ces valvules peut être aisément démontrée sur le vivant. Quand le bras est à nu, on peut voir sous la peau des veines bleues courir de la main vers le haut le coude. Le diamètre de ces veines est à peu prés égal et diminue régulièrement vers la main aussi longtemps que le sang qui coule dans les veines, de la main vers le bras, n’est point arrêté.

Mais si un doigt presse sur une partie élevée de l’une de ces veines et glisse de haut en bas sur celle veine, de fa-

ç<m à faire refluer vers la main le sang qu’elle contient, on apercevra tout d’un coup des grosseurs diverses sur plusieurs points de la longueur des veines, là où rien de pareil ne se voyait jusqu’à ce moment. Ces gonflements sont simplement des dilatations des parois de la veine causées par la pression du sang sur cette paroi, au niveau d’une valvule qui s'oppose au reflux du sang. Au moment même où l’impulsion rétrograde qui lui est imprimée a cessé, le sang coule de nouveau ; la valvule, se couchant le long de la paroi de la veine, n’apporte aucun obstacle à son cours, et la distension causée par la pression s'efface (fig. 7).

Les seules artères qui aient des valvules sont l’aorte et l’artère pulmonaire, troncs primitifs qui partent du cœur : nous en parlerons plus à propos au sujet de ce dernier organe.

5. Outre le réseau des capillaires et les troncs qui sont en rapport avec eux et qui constituent le système des vaisseaux du sang, toutes les parties du corps qui possèdent des capillaires remplis de sang contiennent aussi des vaisseaux que l’on appelle capillaires lymphatiques. Toutefois, ni le cerveau, ni la moelle épinière, ni le globe de l’œil, ni les cartilages, ni les tendons, ni peut-être les os, n’en renfermer,, encore est-il probable que les exceptions sont plus apparentes que réelles ; mais la question n’est pas encore résolue. Ces capillaires lymphatiques se mêlent aux vaisseaux sanguins, mais sans correspondre directement avec eux; et ils diffèrent en outre des capillaires à sang, en ce qu’ils communiquent avec des vaisseaux plus volumineux et d’un seul genre. En d’autres termes, les vaisseaux dans lesquels s’ouvrent les capillaires lymphatiques enlèvent le liquide qu’ils contiennent sans qu’aucun autre genre de vaisseaux, ainsi que cela est le cas pour les capillaires du sang, leur en apporte.

Page 1