VALVULES DU CŒUR
tés, orifice auriculo-ventriculaires sont renforcés par des anneaux fibreux. A ces anneaux sont attachées les cloisons mobiles ou valvules, situées entre les oreillettes et les ventricules. Considérons maintenant la disposition de ces valvules.
10. Ces cloisons mobiles sont au nombre de cinq : il y en a trois qui sont attachées à la circonférence de l’orifice auriculo-ventriculaire droit, et deux à l’orifice gauche. Chacune d’elles est un repli triangulaire de l’endocarde, large, mince, mais souple et fort ; il est attaché par sa base, qui rejoint la valvule voisine, à l’anneau fibreux auriculoventriculaire et pend, sa pointe dirigée inférieurement, dans la cavité ventriculaire. Du côté droit, on compte trois de ces larges replis, terminés en pointe; et cet appareil est, dans son ensemble, appelé la valvule tricuspide. Du côté gauche, il n’y en a que deux, qui forment ce que l’on a nommé valvules mitrales, à cause d’une certaine analogie de forme qu’elles offrent avec la mitre épiscopale, quand on les a séparées de toutes leurs attaches, excepté de l’anneau fibreux auriculo-ventriculaire.
Les bords et les pointes de ces valvules ne sont pas complètement libres et flottants : un grand nombre de tendons minces, mais forts, appelés cordes tendineuses, les mettent en rapport avec certaines saillies charnues du cœur qui naissent de la paroi dit ventricule, et qui ressemblent à des colonnes. On les appelle, en effet, les colonnes charnues du cœur.
La conséquence de cette organisation est que les valvules n’opposent aucun obstacle au passage d’un liquide des oreillettes dans les ventricules ; mais si l’on voulait en introduire de force dans le sens contraire, ce liquide passerait entre les parois du ventricule du cœur et les valvules, qui par suite seraient poussées en arrière et en haut. Ces
valvules , ainsi pressées , se renconlreront au' centre de l’orifice par leurs bords libres, s’opposeront mutuellement à leur retrait; d’ailleurs les cordes tendineuses, insérées sur leurs bords empêchent les valvules d’aller trop loin, il en résultera la formation d’une cloison parfaite entre les oreillettes et les ventricules, en sorte que tout cours de liquide sera interrompu.
Au point où l’aorte s’ouvre dans le ventricule gauche et où l’artère pulmonaire s’ouvre dans le ventricule droit, il existe un autre appareil valvulaire qui se compose, dans chaque cas, de trois valvules semblables à des poches, et qui s’appellent valvules sigmoïdes ou semi-lunaires. Ces valvules ressemblent à celles des veines; mais comme elles sont situées au même niveau et se rencontrent au milieu par leurs bords libres, elles interceptent complètement tout passage de liquide que l’on voudrait pousser avec force des artères vers le cœur. Au contraire , ces valvules reviennent sur eiles-mômes et permettent à un liquide quelconque dépasser du cœur dans les arlèresavec la plus grande facilité.
L’action des valvules auriculo-ventriculaires peut être démontrée aisément sur un cœur de mouton dont l’aorte et l’artère pulmonaire auraient été liées et la plus grande partie des oreillettes coupées, en lançant de l’eau dans les ventricules à travers l’orifice auriculo-ventriculaire. Les valvules tricuspide et mitrale se ferment d’ordinaire hermétiquement par la pression de l’eau, qui agit sur elles en arrière. Ou, si l’on remplit les ventricules d’eau, et qu’on les presse doucement, leurs valvules se rapprocheront rapidement. De la même façon, si la base de l’aorte ou l’artère pulmonaire est séparée du cœur de façon à ne pas blesser les valvules semi-lunaires, l’eau projetée dans la partie supérieure de ces vaisseaux déterminera la ferme-