VALVULES DU CŒUR
tnre hermétique des valvules et s’opposera après le premier moment à toute sortie de liquide.
Ainsi l’organisation des valvules auriculo-ventriculaires est telle que tout liquide contenu dans les cavités du cœur ne peut passer à travers les orifices auriculo-ventriculaires que dans une seule direction, à savoir des oreillettes vers
y -Ovules du cœur mises en évidence par la section des deux Fig. 14. - Uos vatv (le l’artère pulmonaire (A
C vŒtrTcuspide; D. valvule mitrale; •». stylet passé et laoite {B). C, nettement les valvules senu-lunaircs a
r“Ûjin C V a , e n îCle; celles de l'aorte pulmonaire sont moins nettement découveites.
les ventricules. D’un autre côté, l’organisation des valvules semi-lunaires est telle que le liquide contenu dans les ventricules passe aisément dans l’aorte et dans 1 artère pulmonaire, tandis que rien ne peut prendre la direction traire, c’est-à-dire des troncs artériels aux ventricules.
H. La substance du cœur est contractile, de même que tous les autres tissus musculaires ; mais, à l’oppose de bien des muscles, le cœur possède en soi un quelque chose qui
fait que ses différentes parties se contractent en succession définie, à des intervalles réguliers.
Si le cœur d’un animal vivant est enlevé, il continuera à battre pendant un espace de temps plus ou moins long, à peu près de la même façon qu’il battait dans le corps. Une observation attentive de ces battements montrera qu’ils consistent : 1° en une contraction simultanée des parois des deux oreillettes; 2° cette contraction est immédiatement suivie d’une contraction simultanée des parois des deux ventricules; 3° vient ensuite une pause ou état de repos; après cette pause, les oreillettes et les ventricules se contractent de nouveau dans le môme ordre, et leurs contractions sont suivies du môme repos.
Si la contraction auriculaire est représentée par À, la contraction ventriculaire parV, et le repos par —, la série des contractions pourra se figurer comme suit : A, V, — ; A, V, — ; etc. De sorte que la contraction du cœur suit un rhythme, composé de deux courtes contractions de ses parties supérieures et inférieures suivies du repos de l’ensemble ; le repos dure à peu près autant que les deux contractions réunies.
L’étal de contraction du ventricule ou de l’oreillette s’appelle la systole, l’état de relâchement pendant lequel le cœur se dilate prend le nom de diastole.
12. Maintenant que nous avons une idée de l’organisation des différents conduits et des réservoirs du système circulatoire, de la situation des valvules et des contractions rhythmiques du cœur, nous comprendrons facilement ce qui doit se passer quand l’ensemble de l’appareil étant plein de sang le premier battement survient et les oreillettes se contractent.
Par ce mouvement, chaque oreillette tend à pousser le liquide qu’elle contient selon deux directions, l’une vers
MOUVEMENTS DU CŒUU. 19
les grosses veines, l’autre vers les ventricules, et la direction que le sang prendra dépendra de la résistance relative qui lui sera opposée dans les deux directions. Du côté des grosses veines, la résistance sera produite par la masse du sang contenu dans les veines. Au contraire, du côté des ventricules, il n’y aura aucune résistance digne d’attention, d'autant plus que les valvules étant ouvertes, les parois des ventricules dans l’état de relâchement sont flasques, et l’entière pression du sang artériel est détruite par les valvules semi-lunaires qui sont nécessairement closes.
C’est pourquoi, quand les oreillettes se contractent, il ne reviendra vers les veines qu’une très-petite portion de liquide qu elles ont chassé, la plus grande partie passera dans les ventricules qu'elle distendra. Mais, comme les ventricules sont pleins et commencent à s’opposer à toute distension plus forte, le sang agissant derrière les valvules auriculoventriculaires les poussera l'une vers l’autre et fermera presque l’orifice. Pendant ce temps, les oreillettes cessent d’être contractées, et, aussitôt que leurs parois se relâchent, il survient des grosses veines un nouvel afflux de sang qui lentement les distend de nouveau.
Mais, au moment même où cesse la systole auriculaire, la systole ventriculaire commence. Les parois de chacun des ventricules se contractent énergiquement, et le premier résultat de chaque contraction est de fermer hermétiquement les valvules auriculo-ventriculaires et d’empêcher toute issue du sang vers les ventricules. La pression exercée de la sorte sur les valvules devient très-considérable, et elles pourraient même être retournées si les cordes tendineuses n’étaient point là pour maintenir horizontales les bords de la valvule.
La contraction continuant et la capacité des ventricules
diminuant, les points des parois du cœur auxquels s’insèrent les cordes tendineuses rapprochent les bords des valvules, et de la sorte il y a tendance à un certain degré de relâchement de ces cordes, relâchement qui, s’il se réalise, pourrait laisser les bords valvulaires revenir sur euxmêmes et de la sorte annihiler leur utilité. Cette tendance toutefois est contre-balancée, parce que les cordes tendineuses sont en rapport, non avec les parois du conir, mais avec les piliers musculaires, dites colonnes charnues, qui font saillie à sa surface. Ces piliers musculaires se raccourcissent en même temps que la substance du cœur se contracte, et de la sorte, dans la mesure même où la contraction des parois ventriculaires rapproche les colonnes charnues des valvules, ils tendent, par leur propre iontraction les cordes tendineuses aussi fortement qu'elles l’étaient auparavant.
Grâce aux actes que nous venons de décrire, le liquide des ventricules ne peut passer dans l’oreillette; toute la force de contraction des parois ventriculaires est en conséquence dépensée à surmonter la résistance offerte par les valvules semi-lunaires. Celte résistance a plusieurs sources; elle résulte en partie du poids de la colonne verticale du sang que supportent les valvules; en partie de la réaction des parois élastiques distendues des grosses artères, et en partie du frottement et de l’inertie du sang contenu dans les vaisseaux.
On voit donc clairement pourquoi les ventricules ont beaucoup plus à faire que les oreillettes, et pourquoi des valvules sont nécessaires entre les oreillettes et les ventricules, tandis qu’il n’en est pas besoin entre les oreillettes et les veines.
Tout ce que les oreillettes ont à faire est de remplir les ventricules qui n’offrent aucune résistance à celte action.