SYSTÈME VASCULAIRE
De là le peu d’épaisseur des parois des oreillettes, et de là aussi l’inutilité d’aucune valvule auriculo-veineuse, la résistance du cêtô ventriculaire étant si faible qu’elle cède tout d’un coup sous la pression du sang dans les veines.
D’un autre côté, les ventricules ont à surmonter une forte résistance pour chasser un liquide dans des tubes élastiques qui sont déjà pleins, et, s’il n’y avait pas là des valvules auriculo-ventriculaires, le liquide des ventricules trouverait moins de résistance à revenir dans l’oreillette et de là dans les veines qu’à vaincre les valvules semi- Junaires. De là la nécessité : t° des valvules auriculo-ventriculaires, et 2° de l’épaisseur et de la force des parois des ventricules. Et puisque l’aorte, les grosses artères, les capillaires et les veines forment un système de conduits contenant plus de liquide et offrant plus de résistance que les artères pulmonaires, les capillaires et les veines, il s’ensuit que le ventricule gauche a besoin d’une paroi musculaire plus épaisse que le droit.
13. Ainsi, à chaque systole des oreillettes, les ventricules se remplissent et les oreillettes se vident, mais ces dernières se remplissent de nouveau lentement par la pression du liquide dans les grosses veines, pression qui suffit amplement pour surmonler la résistance passive de leurs parois relâchées ; et, à chaque systole des ventricules, le système artériel du corps et des poumons reçoit le contenu de ces ventricules qui, à peine vidés, sont prêts à être de nouveau remplis par les oreillettes.
Examinons maintenant ce qui se passe dans les artères. Quand le contenu des ventricules est soudain lancé dans des tubes qui, on se le rappelle, sont déjà pleins, une secousse est imprimée à fa masse entière du liquide qu'ils contiennent. Cette secousse se propage presque instantanément dans toute la masse du liquide; mais elle s’affaiblit
en raison de l'augmentation de la masse du sang qu’elle rencontre dans les capillaires, jusqu'à ce que, finalement, elle cesse d’êlre perceptible.
Si les vaisseaux étaient des tubes rigides, comme les conduits de gaz, le liquide que les artères contiennent serait envoyé aussi loin que la force de l’impulsion primitive l’eût permis, à l’instant même de l’impulsion, à travers tout le système. Et comme les artères s’ouvrent dans les capillaires, les capillaires dans les veines et les veines dans le coeur, une quantité de liquide exactement égale à celle qui eût été chassée des ventricules serait revenue aux oreillettes' presque au moment même où les ventricules se seraient contractés.
Mais les vaisseaux ne sont pas rigides; ce sont, au contraire, des tubes flexibles et, ainsi que nous l’avons vu (g 5) , les grosses artères ont des parois élastiques spéciales; voici alors, ce qui se passe, quand vient la systole ventriculaire : 1° production de cette secousse légère et soudaine dont nous avons déjà parlé, et, 2° dilatation des grosses artères par suite de la pression de l’excès du sang qui est poussé dans les vaisseaux.
Mais quand la systole est terminée, la force qui est en réserve dans les parois des artères dilatées sous la forme d’une tension élastique, cette force entre enjeu et déploie une pression sur le liquide, pression dont le premier effet est de clore les valvules semi-lunaires, et le second de chasser le sang des grosses artères dans les petites. Celles-ci se dilatent de la même façon. Le liquide passant ensuite dans les capillaires, l’injection d’une quantité égale de liquide de ces capillaires dans les veines et des veines dans le cœur, tel est le résultat ultime de la systole ventriculaire.
!4. Plusieurs des résultats pratiques du travail du cœur et des artères deviennent maintenant intelligibles. Par