OBSTACLES A LA CIRCULATION
veines; cela tient à plusieurs causes. L’une de ces causes est que la capacité des branches d’une artère est plus grande que la capacité de son tronc, et que la capacité des capillaires dans leur ensemble est plus grande que celle de toutes les petites artères réunies. Or, si nous supposons la capacité du tronc égale à 10, celle de ses branches à 50, et celle des capillaires avec lesquels ces branches s’abouchent à 100, il est évident que la quantité de liquide projetée dans le tronc, suffisante pour dilater une artère réduite au 10 e de ce tronc, et de produire ainsi un effet perceptible et même évident, ne pourra distendre chaque petite branche de plus de 1 /50 e et chaque capillaire plus de 1/100'' de sou volume, effet qui peut être tout à fait imperceptible.
19. I)e plus, le courant du liquide est retardé par la subdivision des tubes qui le contiennent; et la multitude des petites impulsions dans lesquelles se subdivise le choc primitif de la systole au sein des petits vaisseaux fait que ces impulsions se perdent au milieu de tous ces obstacles et se fondent en une pression générale et uniforme. Cette perte des effets isolées de l’action du cœur peut être comparée au résultat que l’on obtient en pompant de l’eau dans une auge. Quand l’eau coule dans l’auge, les éclaboussures et les vagues que détermine la chute intermittente de l’eau de la pompe sont très-évidents; mais l’eau s’écoulera tranquillement, uniformément, d’une ouverture pratiquée à l’autre extrémité de l’auge.
20. Enfin, en conséquence de la résistance apportée à la circulation, résistance due au volume extrêmement petit et à la subdivision des capillaires, le liquide s’accumule dans les artères jusqu’à un certain point et tient leurs parois dans un état constant de distension, état qui est maintenu par chaque battement successif du cœur. En
d’autres termes, un battement suit un autre battement avant que les effets du premier aient cessé.
Comme l’effet de chaque systole diminue dans les petits vaisseaux, en vertu des causes ci-dessus mentionnées, l’effet de cette pression permanente en est plus évident et donne lieu à un cours régulier du liquide des artères vers les veines; de cette façon, en effet, les artères accomplissent les mêmes fonctions que le réservoir d’air d’une pompe à incendie, lequel convertit l'impulsion saccadée imprimée à l’eau par le corps de la pompe en un jet continu du tuyau distributeur.
Tel est le résultat général des conditions mécaniques des organes de la circulation combinées avec l’activité rhylhmique du cœur. Celte activité, en définitive, chasse le liquide contenu dans l’ensemble de l’appareil, du cœur dans les artères, de là dans les capillaires, et des capillaires au cœur par l’intermédiaire des veines; dans le cours de cette série d'opérations se produisent incidemment le battement du cœur, ses bruits et le pouls.
21. 11 est maintenant nécessaire de déterminer exactement le cours de la circulation dans son ensemble; à cet effet, nous pouvons prendre une quantité quelconque du sang contenu à un moment donné dans l’oreillette droite; la contraction de cette oreillette chasse le sarg dans le ventricule droit, ce ventricule se contracte et pousse le sang dans l’artère pulmonaire; de là il passe dans les capillaires du poumon, puis il retourne à l'oreillette gauche par les quatre veines pulmonaires, et la contraction de l’oreillette gauche le chasse dans le ventricule gauche.
La contraction du ventricule gauche pousse le sang dans l’aorte. Les branches de l’aorte le conduisent dans toutes les parties du corps, excepté dans les poumons, et des capillaires de toutes les parties (excepté de ceux de