‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 43 sur 158 · TRANSFUSION DU SANG · texte numérisé non relu

TRANSFUSION DU SANG

sensibilité, et la volonté n’aura plus aucune action sur lui: il sera paralysé et plus tard se mortifiera et se décomposera.

Mais alors même que la raideur de la mort se sera manifestée, si l’on enlève les ligatures de façon à permettre au sang d’affluer de nouveau dans le membre, la raideur disparaîtra rapidement, la température de la région s’élèvera, la sensibilité de la peau reviendra, la volonté retrouvera son action sur les muscles et, en un mot, ce membre rentrera dans ses conditions normales.

Si au lieu de laisser le sang couler de nouveau dans les vaisseaux de l’animal on introduit artificiellement un sang privé de sa fibrine par l’agitation, mais contenant encore ses globules, on le trouvera aussi efficace à rappeler la vie que le sang complet, tandis que le sérum seul (c’est-àdire le sang privé de sa fibrine et de ses globules) est impuissant à produire ce résultat.

Il n’est pas nécessaire que le sang artificiellement injecté soit celui du sujet en expérience. Les hommes ou les chiens saignés jusqu'à la mort apparente peuvent être subitement et définitivement rappelés à la vie si l’on introduit dans leurs veines du sang pris à un autre homme ou à un autre chien, opération connue sous le nom de transfusion.

11 n’est pas même absolument nécessaire pour réussir dans cette opération que le sang infusé appartienne à un animal de la même espèce. Le sang d’un cheval pourra revivifier un âne d’une manière stable et, en général, le sang d’un animal peut être remplacé, sans effets fâcheux, par celui d’une autre espèce, très-voisine; celui d’un animal très-différent serait plus ou moins nuisible et peut même déterminer une mort immédiate.

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