LA RESPIRATION
\ . Le sang, dont nous avons décrit la nature et les propriétés générales dans la leçon précédente, est le produit très-complexe non d’un organe ou d’une partie du corps, mais de tous. Plusieurs de ses qualités lui sont sans doute communiquées par ses éléments propres, d’une structure spéciale, les globules. Mais le caractère général de ce liquide est aussi profondément modifié par ce fait que chaque partie du corps emprunte et rend quelque chose au sang. Le sang peut être comparé à une rivière dont le contenu est déterminé en grande partie par la nature des eaux de la source et par celle des animaux qui nagent dans son sein, mais qui est aussi modifié par le sol sur lequel elle coule, par les plantes qui couvrentses rives, par les affluents des régions lointaines, par les détournements pratiqués pour l’irrigation ou par le liquide des tuyaux de drainage qui se verse dans son sein.
2. L’un des changements les plus remarquables et les plus importants effectués dans le sang est celui qui, dans
la plupart des régions du corps, résulte de son simple passage à travers les capillaires, ou, en d’autres termes, à travers les vaisseaux, dont les parois sont assez minces pour permettre un libre échange entre le sang et les liquides qui baignent les tissus adjacents. (Leçon II, g i.)
Si, par exemple, on prend du sang à une. artère qui le fournit à un membre, on lui trouvera une couleur d’un rouge brillant. Au même moment, le sang d’une veine du même membre sera d’une couleur violacée si foncée qu’on l’appelle ordinairement sang noir. Et comme cette différence se retrouve dans le contenu de toutes les artères et des veines (à l’exception des veines et des artères pulmonaires), le sang rouge s’appelle d’ordinaire artériel et le sang noir veinéux.
Cette conversion de sang artériel en sang veineux s’opère dans toutes les parties où la vie persiste. Ainsi si l’on détache un membre du corps et que l’on injecte du sang rouge à l’aide d’une seringue dans ses artères, ce sang rouge sortira par les veines, noir, aussi longtemps que le membre coupé montrera quelques signes de vitalité persistante. Et quand ces signes auront disparu, le sang ne subira plus de changements.
5. Quand on soumet à l’analyse chimique des spécimens de sang veineux et de sang artériel, on trouve dans leurs parties solides et liquides des différences fort petites et inconstantes. En général, on rencontre dans le sang artériel un peu plus d’eau et un peu plus de matière grasse. Mais le contenu gazeux des deux genres de sang offre des différences considérables quant à la proportion de l’acide carbonique par rapport à l’oxygène; il y a dans le sang veineux une plus petite quantité d'oxygène et une plus grande quantité d’acide carbonique que dans le sang artériel.