‹ Leçons de physiologie élémentaireChapitre 46 sur 158 · SANG VEINEUX ET ARTÉRIEL · texte numérisé non relu

SANG VEINEUX ET ARTÉRIEL

On peut démontrer expérimentalement que cette différence dans les contenus gazeux est la seule différence essenlielle entre le sang veineux et le sang artériel ; car si l’on secoue du sang artériel mêlé à de l’acide carbonique de façon à le saturer complètement de ce gaz, ce sang perd son oxygène, reçoit de l’acide carbonique et acquiert la couleur et les propriétés du sang veineux; d’un autre côté, si l’on traite le sang veineux en l’agitant dans une bouteille qui contiendrait de l’oxygène, ce sang absorbe l’oxygène, perd son acide carbonique et prend la couleur et les propriétés du sang artériel.

On parvient d’ailleurs aux mômes résultats, quoique plus lentement, si l’on introduit le sang dans une mince vessie et que l’on place cette vessie dans l’oxygène ou dans l’acide carbonique ; la membrane animale mince et humide laisse le changement se produire très-aisément sans offrir aucun empêchement sérieux au passage de l'un ou de l’autre gaz.

4. Les actions physico-chimiques, qui se passent dans l’échange de l’acide carbonique pour l’oxvgène, lorsque le sang veineux est converti en sang artériel ou, réciproquement, — dans les cas mentionnés ci-dessus, — ne sont pas nettement comprises et sont sans doute quelque peu complexes. Mais on sait : 1° que les gaz contenus mécaniquement dans un liquide tendent à se répandre dans l’atmosphère auquel ils sont exposés jusqu’à ce qu’ils occupent dans cet atmosphère un espace égal, et 2°, que les gaz séparés par une membrane poreuse ou directement en contact se mélangent avec une rapidité qui est en raison inverse des racines carrées de leurs densités.

La connaissance de ces principes de physique doit nous aidera reconnaître comment les gaz contenus dans le sang peuvent effectuer un échange avec ceux de l’air, que le

sang soit librement exposé à l’air ou qu’il soit contenu dans une membrane.

Mais l’application de ces principes ne nous donne rien de plus que cette première vue d’ensemble, car premièrement les gaz du sang ne sont pas contenus dans le sang par simple mélange; l’oxygène semble être combiné librement avec les globules rouges et il y a des raisons pour croire qu’une grande partie au moins de l’acide carbonique est chimiquement combinée, quoique d’une façon également instable, avec les sels inorganiques du sérum. Secondement, quand la transformation artérielle s’accomplit à travers les parois d’une vessie ou d’une membrane animale quelconque, les choses se compliquent par suite de cetle circonstance que la vapeur d’eau dissout l’acide carbonique beaucoup plus abondamment que l’oxygène; il suit de là qu’une vessie humide a une action différente sur l acide carbonique et sur l’oxygène. Une vessie humide, en partie remplie d’oxygène et suspendue dans le gaz acide carbonique, se gonfle rapidement, parce que le gaz acide carbonique y pénètre avec beaucoup plus de rapidité que l’oxygène n’en met à sortir.

5. On ne connaît pas bien les causes du changement qui s’opère dans la couleur du sang, qui devient noirâtre quand il est soumis à l’action de l’acide carbonique et rouge vif quand c’est l’oxygène qui agit sur lui. Cependant on a quelques raisons pour croire que les globules rouges s’aplatissent sous l’influence de l’oxygène et se gonflent sous l’influence de l’acide carbonique. (Leçon 111, g 4.) Dans le premier cas, ils peuvent vraisemblablement réfléchir plus fortement la lumière de façon à donner au sang une couleur plus nette; dans le second cas, ils peuvent réfléchir moins la lumière et ainsi donner au sang un aspect plus sombre et plus épais.

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