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CONVERSION DU SANG NOIR

Néanmoins la question n’est point toute là; cardes solutions d’hémoglobuline ou de cristaux sanguins (leçon III, g 9), même parfaitement dépourvues de globules libres, changent de couleur, du rouge écarlate au rouge pourpre, selon qu’elles gagnent ou perdent de l’oxygène. On a déjà dit (leçon III, §16) que très-probablement l’oxygène existe dans le sang à l’état de faible combinaison avec l’hémoglobuline. Mais en outre on peut prouver qu’une solution d’hémoglobuline faiblement combinée avec l’oxvgène offre une couleur écarlate, tandis qu’une solution d’hémoglobuline privée d'oxygène offre une teinte violacée. Il suit de là que le sang artériel, dont l'hémoglobuline est richement pourvue d’oxygène, doit naturellement être rouge, tandis que le sang veineux, qui, non-seulement contient un excès d’acide carbonique, mais dont l’hémoglobuline a aussi perdu beaucoup de son oxygène, doit être violacé.

6. D’ailleurs, quelle ç^ue soit l’explication qu’on leur donne, les faits suivants s9nt positifs : 1° le sang artériel, qui n’est séparé que par une membrane mince de l’acide carbonique ou d’un liquide plus chargé de ce gaz qu’il ne l’est lui-même, devient veineux ; 2° le sang veineux, qui n’est séparé que par une membrane mince de l’oxygène ou d’un liquide qui renferme une plus grande proportion libre de ce gaz que lui-même, devient artériel.

C’est sur ces faits que repose l’explication de la conversion du sang rouge en sang noir, lorsqu’il traverse les capillaires, car ces cap llaires sont baignés par les humeurs de l’organisme, qui renferment de l’acide carbonique produit en excès par l’usure et la combustion. Si, d’un autre côté, nous cherchons à nous expliquer la conversion du sang, qui est noir dans les veines, en sang qui est rouge lans les artères, nous trouvons : 1° que ce sang reste noir dans l’oreillette droite, le ventricule droit et l’artère pul-

monoire, et 2° qu’il est rouge non-seulement dans l’aorte, mais encore dans le ventricule gauche, l’oreillette gauche et les veines pulmonaires.

Donc la transformation du sang veineux en sang artériel s’opère évidemment dans les vaisseaux capillaires du poumon, seules voies de communication entre les artères et les veines pulmonaires. ,

7. Quelles sont maintenant les conditions physiques, au sein desquelles va se trouver le sang dans les vaisseaux capillaires pulmonaires?

Ces vaisseaux sont spacieux, à parois délicates et trèsrapprochées, de façon qu’ils constituent un réseau à trèspetites mailles contenu dans une membrane très-mince. Cette membrane est en contact avec l’air, de sorte que, dans chacun des capillaires du poumon le sang, n’est séparé de l’air que par une pellicule délicate 'composée de la paroi des capillaires et de la membrane du poumon ; un échange très-rapide aura donc lieu entre le sang et l’air; l'air s’emparera de la vapeur d’eau et de l’acide carbonique et abandonnera son oxygène (leçon I, g 23 et 24). ‘

Tel est l’acte essentiel de la respiration. On peut aisément démontrer qu’il s’accomplit réellement ainsi, d’une part, à l’aide de l’expérience décrite dans la première leçon (g 3), qui prouve que l’air chassé par la respiration diffère de l’air inspiré en ce qu’il renferme plus de chaleur, plus d’eau, plus d’acide carbonique et moins d’oxygène;

* On doit se mettre en garde contre l’idée que le sang artériel ne contient pas d’acide carbonique et le sang veineux pas d’oxygène. En traversant les poumons, le sang veineux ne perd qu’une partie de son acide carbonique et le sang artériel en traversant les tissus ne perd qu’une partie de son oxygène. Dans le sang quelque veineux qu'il soit il y a toujours, à l’état de santé, un peu d’oxygène et même dans le sang artériel le plus rouge il y a toujours plus d’acide carbonique que d’oxygènè.

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