CONDUITS DE L'AIR
d’autre part, en posant une ligature sur le conduit de l’air chez un animal vivant, de façon à empêcher l’entrée et la sortie de l’air, et en examinant ensuite le contenu du cœur et des gros vaisseaux. Dans les deux côtés du cœur, dans l’artère pulmonaire et dans l’aorte on trouvera un sang aussi complètement veineux que dans la veine cave et dans l’artère pulmonaire.
Mais quoique la sortie du gaz acide carbonique et de la vapeur d’eau chaude d’une part, et l’entrée de l’oxygène dans le sang d’autre part, soient les actes fondamentaux de la respiration, et qu’en conséquence une membrane recouverte de sang d’un côté, et d’air de l’autre côté, suffit pour effectuer la purification du sang, l’accumulation de l’acide carbonique est cependant si rapide et le besoin d’oxygène si incessant dans toutes les parties du corps humain que l’acide carbonique ne peut être enlevé ni l’oxygène fourni avec une rapidité proportionnelle sans l’aide d’un appareil accessoire, dont l’organisation et le travail seront étudiés soigneusement dans les pages qui suivent.
8. L’arrière-bouche ou pharynx communique par deux conduits avec l’air extérieur (voir fig. 34). L’un de ces conduits est constitué par l’ouverture nasale, qui ne peut être close par aucun appareil musculaire spécial ; l’autre est représenté par la bouche, qui peut être à volonté ouverte ou fermée.
Immédiatement derrière la langue à la partie inférieure et antérieure du pharynx se trouve une ouverture, la ç/lolte, qui peut se fermer à l’aide d’une sorte de couvercle — Yépiglotte — ou bien encore par le rapprochement de ses parois latérales qui forment les cordes vocales (voy. fig. 34, 48 et 49). La glotte s’ouvre dans une cavité à parois cartilagineuses, le larynx; du larynx tout le long
de la région antérieur de la gorge (où l’on sent aisément le larynx) s’étend le conduit de l’air appelé la trachée (fïg. 19).
Si la trachée est palpée à travers la peau, on la trouvera ferme et résistante. Ses parois sont en effet fortifiées
Fig. 19. — Vue postérieure du cou et du thorax d’un homme à qui on aurait enlevé la colonne vertébrale et la paroi postérieure du thorax M, bouche; G/, glolte; Tr, trachée; LL, poumon gauche; RL, poumon druit; Rr, hrnnchcs; PA. arlère pulmonaire; PV, veines pnlmonaires- A o, aorlc; D, diaphragme; H, cceur; VCI, veine cave inférieure.
par une série de cercles cartilagineux , incomplets en arrière et dont les bouts sont réunis seulement par des muscles et des membranes, au point où la trachée se trouve en contact avec l ’ œsophage ou conduit des aliments. La trachée passe dans le thorax et se divise en deux branches, l’une à droite, l’autre à gauche; ces branches portent le nom de bronches (fig. 19, Br). Chaque bronche entre
CELLUI.ES DU l'OUMOS.
dans le poumon de son propre cûlé et là se divise en un grand nombre de pelites bl anches que l’on appelle tubes bronchiques. A mesure que ces tubes diminuent de volume, les cartilages, qui s’étaient prolongés jusqu’aux bronches et à leurs ramifications les plus grosses, deviennent plus petits, de sorte que les parois des plus petits tubes bronchiques sont entièrement musculeux ou membraneux. Ainsi, alors que la trachée et les bronches, grâce à leurs cartilages, sont ouverts en permanence et pénétrables à l’air, — les plus petits des tubes bronchiques peuvent être presque fermés par la contraction de leurs parois musculaires.
Les plus petites divisions bronchiques se terminent à la longue en dilatations allongées d’environ (» centièmes de millimètre en moyenne appelées cellules aériennes ou pulmonaires, qui ont des parois en culs-de-sac (fig. 20, A). Les parois minces (fig. 20, B) qui séparent ces cellules aériennes sont suppor tées par un tissu très-délicat et trèsélastique et renferment de larges capillaires aux mailles très-resserrées, dans lesquelles les ramifications ultimes de l’artère pulmonaire lancent le sang (fig. 20, C). Ainsi le sang contenu dans les capillaires est des deux côtés exposé à l’air, car il n’est séparé des cellules de l’air que par la pellicule délicate qui constitue la paroi du capillaire et par celle qui limite la cellule aérienne.
9. Il suit de là que milles conditions ne peuvent être plus favorables à un échange rapide entre les éléments gazeux du sang et ceux de l’air dans les cellules pulmonaires que celles qui sont réalisées dans les vaisseaux * capillaires du poumon; et, de la sorte, la slructure de cet organe nous permet de comprendre nettement comment il se fait que la grande quantité de sang lancée dans la circulation pulmonaire est exposée à l’air en couches très-
Kiÿ. "20.
A, deux cellules aériennes (A) munies du tube bronchique (a) qui s'ouvre
leur intérieur. Grossissement de 20 diamètres.
B, section au milieu des parois («) de plusieurs cellules aériennes munies de leur épithélium (A).
C, capillaires d’une partie des parois d’une cellule aérienne. Grossissement de 300 diamètres, a, extrémités coupées des petites veines et artères; b, parois des cellules aériennes.
cette organisation serait que l’air introduit dans le poumon perdrait rapidement tout son oxygène et serait rapide*
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A1U EXl'IUÊ ET INSI'lUÉ. 95
ment saturé d’acide carbonique, s’d n’existait un mécanisme particulier pour renouveler incessamment la masse d’air.
10. Si l’on observe un homme adulte respirant avec calme dans la position assise, on verra que l’acte respiratoire se répétera de 13 à 15 fois par minute. Chaque inspiration se compose de certains actes qui se succèdent dans un ordre rhythmique régulier. D'abord l'air pénètre à l’intérieur, il est inspiré; immédiatement après il en est chassé, il est expiré , et celte succession des actes d’inspiration et d’expiration est suivie d’un court repos. Ainsi de même que pour le rhythme du cœur, la systole auriculaire, la systole ventriculaire et le repos se suivent dans un ordre régulier; de même pour la respiration se succèdent l’inspiration, l’expiration et un repos. A chaque inspiration d’un homme adulte et bien développé environ 480 centimètres cubes d’air sont inspirés et à chaque expiration un volume égal ou un peu moindre (déduction faite de l’augmentation de température de l’air expiré) est expulsé du corps.
11. L’air expiré diffère de l’air inspiré par les caractères suivants :
à) Quelle que soit la température de l’air extérieur, l’air expiré est presque aussi chaud que le sang, c'est-àdire qu’il a de 56 à 40° centigrades.
b) Quelque sec que soit l’air extérieur, l’air expiré est saturé ou presque saturé de vapeur d'eau.
c) L’air ordinaire contient environ 21 parties d’oxvgène et 79 parties d’azote, plus 5 centièmes d’acide carbonique pour un total de 100, tandis que l’air expiré contient environ 4,7 parties d’acide carbonique, et de 15 à 16 parties d’oxygène seulement ; la proportion d’azote ne subit que peu ou point de changement. En chiffres ronds,
l’air qui a élé respire a gagné 5 pour 100 d’acide carbonique et a perdu 5 pour 100 d’oxygène.
L’air expiré contient en outre une plus ou moins grande quantité de matière animale qui est voisine de l’état de décomposition.
d) Des analyses minutieuses de l’air inspiré montrent d’abord que la quantité d’oxygène qui disparaît est toujours légèrement en excès sur la quantité d’acide carbonique fournie, et secondement que l'azote est variable, la quantité expirée étant quelquefois plus forte, quelquefois moins forte que la quantité inspirée et lui étant parfois égale.
12. De 100 à 110 mètres cubes d’air passent ainsi en vingt-quatre heures à travers les poumons d’un homme adulte, prenant peu ou point d’exercice; à cetté masse d’air on ajoute donc, en respirant, 5 pour 100 d’acide carbonique et on lui enlève 5 pour 100 d’oxygène. Celle proportion élève donc à environ 5 mètres cubes la quantité de gaz absorbée dans l'organisme ou rejetée. Aiitsi si un homme est enfermé dans une chambre close, ayant la forme d’un cube de 2 mètres de côté environ, chaque particule d’air de cette chambre aura passé par ses poumons dans l’espace de vingt-quatre heures, et le quart de l'oxygène qu’elle contenait aura été remplacé par l’acide carbonique.
La quantité de carbone éliminée dans les vingt-quatre heures est assez nettement représentée par un morceau de charbon pur pesant 250 grammes.
La quantité d’eau qui sort des poumons dans les vingtquatre heures varie beaucoup, mais peut être considérée en moyenne comme d’un peu plus d’un quart de litre, soit 280 grammes; mais cette quantité peut tomber au-dessous de ce chiffre ou aller jusqu’au double et même au triple.