LES POUMONS
culent les mouvements respiratoires nécessaires à l’enlèvement d'une masse considérable de matériaux usés et à l’introduction de la quantité d’oxygène indiquée sont : a) l’élasticité des poumons ; b) la mobilité des parois et de la base de la cavité thoracique qui contient les poumons.
Le thorax peut être considéré comme une boite conique complètement fermée, dont la petite extrémité est tournée en haut et dont la partie postérieure est fermée par la colonne vertébrale, les côtés par les côtes, la face antérieure par le sternum (ou os de la poitrine), le fond par le diaphragme et le sommet par la base du cou (fig. 19).
Les deuxpoumons remplissent presquetoute la paitie de celte cavité, qui n’est point occupée par le cœur. Chacun d’eux est enveloppé d’une membrane séreuse, la plèvre. Aussi longtemps que les parois du thorax sont intactes, }a cavité de la plèvre est complètement dose, la portion de la plèvre qui recouvre les poumons se trouvant en contact étroit avec celle qui limite les parois de la poitrine; mais si l’on pratique à la plèvre une petite ouverture, les poumons se réduisent tout d’un coup à un volume comparativement petit et laissent ainsi une grande cavité entre les deux couches de la plèvre. Si l’on introduit un tuyau dans les bronches et que l’on y insulfle de l’air, le poumon est très-facilement gonflé à son volume entier; mais si on cesse d’insuffler, il revient sur lui-même et l’air en est chassé avec une certaine force. Le tissu élastique abondant qui tapisse les cellules de l’air est en effet disposé de telle sorte qu'il peut être énormément dilaté quand les poumons sont remplis, et, quand on enlève l’agent de celle dilatation, l’élasticité intervient et expulse de nouveau la plus grande partie de l’air.
Sur le cadavre, les poumons restent dilatés aussi longtemps que les parois de la poitrine sont intacts, et cela
par l'effet de la pression atmosphérique. Car bien que le tissu élastique presse sur la portion de plèvre qui couvre le poumon et tende à la séparer de celle qui tapisse la poitrine, il ne peut produire une telle séparation sans former un espace vide entre les deux couches. Pour produire ce résultat, le tissu élastique doit agir avec une force plus intense que celle de l’air extérieur (laquelle est égale à un poids de 99 grammes par centimètre carré), effort qui est de beaucoup au-dessus de ses forces, qui 11 e dépassent pas 20 grammes par centimètre. Mais au moment môme où une ouverture est faite à la plèvre, la pression atmosphérique à l’intérieur du poumon est équilibrée par celle de l'extérieur et le tissu élastique livré à ses propres forces les applique entièrement à resserrer le poumon.
14. Pendant la vie comme après la mort les poumons sont élastiques. Pendant la vie, la quantité d’air qu’ils contiennent peut être en outre influencée par la contractilité des parois musculaires des tubes bronchiques. Si de l’eau est introduite dans les poumons d’un animal récemment lué, et qu'on dirige à travers les bronches une série de décharges électriques, les bronches se contractent cl l’eau est projelée au dehors. Enfin, pendant la vie, une autre source de mouvement se trouve dans les cils vibratiles, fdamenls très-minces attachés à l’épithélium des tubes bronchiques et qui vibrent incessamment en avant et en arrière, cl fonctionnent de façon à chasser les matières liquides et solides à l’extérieur, c’est-à-dire vers la trachée.
15. Les côtes sont rattachées à la colonne des vertèbres de façon à s’y mouvoir librement; quand on les laisse à elles-mêmes, elles se placent obliquement de haut en bas et d’arrière en avant 1 . Deux couches de muscles appelés
* L’auteur a négligé à dessein les cartilages des eûtes pour ne pas compliquer le sujet sans nécessité.